Football, capitale Madrid

Comme il y a deux ans à Lisbonne, on aura droit à une finale 100% madrilène après des demi-finales retours qui n’auront fait que confirmer ce qu’on a vu à l’aller : un affrontement de haut niveau entre le Bayern et l’Atlético et une purge innommable entre le Real et City.

Mardi, l’Atlético a donc réussi l’exploit de se qualifier à Munich. De justesse. Avant de parler tactique et jeu, il ne faudra quand même pas oublier que si Thomas Müller transforme son péno à 1-0, le match est presque fini. Parce qu’à ce moment-là, l’Atlético qui a complètement raté sa première mi-temps ne parvenait pas à aligner trois passes et à sortir le ballon, subissant les assauts ininterrompus - et pas toujours bien inspirés d’ailleurs - de Bavarois qui avaient trouvé l’ouverture sur un coup-franc dévié de Xabi Alonso. 

Mais voilà, le Bayern est revenu aux vestiaires avec un seul but d’avance et Simeone a fait le bon changement tactique en faisant entrer Carrasco et en passant en 4-3-3 avec Griezmann, son « robot multifonctions offensif » positionné côté droit. Sur un bon ballon de Torres dans la profondeur, le Français est allé battre Neuer avec un sang-froid digne des plus grands. Le but de Lewandowski a redonné espoir aux hommes de Guardiola, mais ils ne sont pas parvenus à marquer ce troisième but synonyme de qualification. 

Pourquoi Douglas Costa n’a pas dribblé une seule fois du match en revenant systématiquement vers l’intérieur ? Pourquoi Lahm n’a-t-il jamais centré alors qu’il a été 15 fois en position de le faire ? Mystère. Mais c’est un fait : pour la troisième année consécutive, Guardiola échoue au stade des demi-finales en LdC. Après, je lis, j’écoute, j’entends les louanges sur la grinta et tout ce qu’apporte Simeone à l’Atlético. Je veux bien le reconnaître. Mais on ne m’obligera pas à aimer ça. On ne m’obligera pas à apprécier les claques de Juanfran ou les simulations d’Oblak. 

Ce qui est assez drôle, c’est que tous ceux qui se pâmaient devant Bielsa et son foot hyper offensif en disant « putain, y’a pas que le résultat qui compte », sont les mêmes qui mettent aujourd’hui en avant le style de jeu de l’Atlético. Bref, c’est comme ça les arrange, quoi… Moi je préférerai toujours le style du Bayern à celui de l’Atléti. Après, quand tu élimines le Barça puis le Bayern, c’est que tu es un candidat sérieux à la victoire finale. Et même très sérieux en voyant le niveau de la deuxième demi-finale.

Griezmann, le grand bonhomme

Parce que franchement, le Real a été extrêmement décevant, à l’aller et sans doute encore plus au retour. Les hommes de Zidane se sont imposés de la plus petite des façons, grâce un but contre son camp de Fernando. Si la domination technique du Real était évidente, les Madrilènes ont aussi bénéficié d’une certaine réussite, tous les événements ayant tourné en leur faveur : la blessure de Kompany au bout de 10 minutes de jeu, ce CSC hallucinant qui rentre avec l’aide du poteau, la frappe de Fernandinho sur le poteau d’un Navas battu…

Maintenant, on ne va pas non plus pleurer sur le sort de City, qui n’a rien montré sur ces deux matchs et a joué à deux à l’heure, au rythme d’un Yaya Touré beaucoup trop court physiquement pour tenir le rythme d’une demie de LdC. Quand tu ne tentes rien et que tu es éliminé, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même. On remarquera que sur les quarts et les demies, on a assisté à la faillite de la MSN, de Müller, d’Ibra, d’Agüero… Finalement, avec Ronaldo auteur d’un triplé face à Wolfsburg, le grand bonhomme de ces quarts et de ces demies, c’est Antoine Griezmann.

Un doublé face au Barça, un but capital à Munich… La question n’est pas de savoir s’il joue dans la cour des grands. Il y est désormais, ça ne fait aucun doute. Non, la question est de savoir s’il pourra tenir ce niveau de jeu pendant l’Euro. Parce que si c’est le cas, ce sera une sacrée bonne nouvelle pour les Bleus. Voilà, pour le reste, je suis désolé mais ce match au Bernabeu ressemblait plus à un match de Ligue 1 que de Ligue des Champions. 

Pierrot