France-Belgique : l'analyse

Cette équipe de France, c’est Didier Deschamps. Voilà. Elle est totalement à l’image de ce qu’était Didier joueur et de ce qu’il est aujourd’hui en tant qu’entraîneur : rigoureuse, organisée, sans fantaisie, sans faille et avec un haut niveau physique. Les Bleus ont encore une fois eu le ballon pendant moins de 40% du temps dans ce match. Ils ont non seulement accepté la domination belge mais à mon avis, ils l’ont même créée. Je pense que DD avait parfaitement analysé le jeu des Diables Rouges et qu’il avait bien vu que cette équipe était beaucoup plus à l’aise en contre que lorsqu’elle doit faire le jeu.

Effectivement, les Belges sont venus s’échouer régulièrement sur l’arrière-garde française. Avec des décisions assez bizarres de la part de Martinez, notamment le fait de placer De Bruyne côté droit, mais aussi ce choix d’aligner quatre milieux polyvalents alors que tout le monde savait que l’EdF allait évoluer avec sept joueurs à vocation défensive. Peut-être aurait-il dû prendre plus de risques et débuter avec Mertens à droite et De Bruyne dans l’axe en soutien de Lukaku.

En tout cas, à part Hazard, l’escouade offensive belge a totalement échoué. Mais c’est aussi grâce à Varane, qui s’est enfin imposé comme le leader défensif de cette équipe, à Kanté qui est sans doute le meilleur milieu défensif de la compète, à Matuidi indispensable et fidèle à lui-même et à Pogba, qui a accepté de faire évoluer son jeu vers plus d’impact défensif et de duels aériens. Ajoutez à cela une incroyable efficacité sur les coups de pied arrêtés et vous obtenez cette équipe de France pas follement agréable à voir jouer mais qui gagne.

Merci à Deschamps pour ça

Alors je sais que certains d’entre vous vont me dire : « Dis donc Pierrot, tu ne croyais pas en cette équipe de France avant le Mondial. » Je répondrai ce que j’ai déjà dit avant ce Mondial : je pensais que les Bleus se feraient sortir par le Brésil. Sauf que le Brésil a sauté avant. Et puis encore une fois, je livre mes réactions à l’instant T, c’est mon ressenti immédiat. Pendant le premier tour, cette équipe de France m’a emmerdé. J’étais du coup très pessimiste avant l’Argentine, j’avais peur que Messi nous la fasse à l’envers. À l’inverse, j’étais super confiant avant l’Uruguay.

Et puis hier matin, je me suis levé avec la boule au ventre, ce qui est un signe d’affection et d’intérêt. J’ai été profondément marqué, choqué et déçu par ce qui s’est passé à Knysna il y a huit ans, puis en Ukraine deux ans plus tard avec Ben Arfa, Benzema, Nasri et Ménez. Après ça, j’avais perdu le goût de l’équipe de France. Le grand mérite de ces Bleus version Deschamps, c’est de me l’avoir redonné. Même si ce n’est pas forcément le foot que j’aime, même si ce n’est pas flamboyant et que je pense toujours au fond de moi qu’on pourrait faire plus de jeu avec les joueurs qu’on a, je dois dire merci à Deschamps pour ça.

Et puis, si on pourrait faire beaucoup mieux sur le plan du jeu, il est difficile de faire mieux sur celui des résultats. Et entre le jeu et les résultats, ça fait longtemps que Deschamps a choisi. Et à l’arrivée c’est lui qui a raison, puisqu’il est en finale de la Coupe du Monde. Une finale dont les Bleus seront favoris, quel que soit le résultat de l’autre demi-finale. Désormais, tout ce qu’on leur demande, c’est de finir le travail en beauté et de revenir avec une deuxième étoile sur le maillot.

Pierrot