Lyon, Toulouse : chacun son miracle

Grâce à la déculottée administrée à l’AS Monaco, Lyon jouera donc la Ligue des Champions la saison prochaine. A l’autre bout du classement, Toulouse est également en passe de réussir son pari.

Cette 37e journée était évidemment dominée par cette finale pour la deuxième place, qu’on imaginait tous âpre et serrée, entre cette équipe de Monaco qui avait fait ses preuves à l’extérieur, que ce soit l’an passé en C1 à Arsenal ou encore cette saison au Parc, et un Lyon invincible dans son Parc OL. Mais de finale, il n’y a pas eu. Parce que les Lyonnais ont plié le match en marquant deux fois dans les dix premières minutes, la stupidité de Lacina Traoré, expulsé pour deux semelles consécutives, achevant définitivement les Azuréens. 

Il y avait déjà 4-1 à la mi-temps et il y existait un tel décalage d’envie, de qualité de jeu et d’organisation entre les deux équipes que le score a pris au final des proportions invraisemblables. Il y a deux symboles lyonnais dans ce match : Lacazette d’abord, auteur d’un début de saison difficile injustement - je l’avais dit à l’époque - attribué à son nouveau contrat alors que sa blessure au dos était une explication beaucoup plus pertinente. Il a eu du mal pendant quelques mois mais, à l’image de l’équipe depuis que Genesio a remplacé Fournier, on a retrouvé le grand Alex en deuxième partie de saison. 

Avec 14 buts sur ses 14 derniers matchs, soit un total de 21 unités après les 27 de la saison dernière, il a confirmé son excellente saison passée. Est-ce que cela suffira à faire changer d’avis un Didier Deschamps pas forcément fan ? Il faudra attendre jeudi prochain pour le savoir. L’autre symbole, c’est Yanga Mbiwa. Lui aussi à la rue en début de saison et critiqué à juste titre pour ses prestations très médiocres, il a remonté la pente et retrouvé son niveau. Et s’en est trouvé récompensé hier soir avec un improbable doublé. Aujourd’hui, Lyon est en LdC et très franchement, quand on aime le foot, on ne peut que préférer le jeu de l’OL à celui de l’ASM. 

Quand on aime le foot, on préfère aussi le jeu pratiqué par Nice à celui développé par Sainté cette saison. Avec les blessures et le fait qu’un nul lui suffisait, Galtier avait mis en place une équipe porc-épic, qui a parfaitement fonctionné pendant 70 minutes devant des Niçois qui étaient en train de rater leur match. Oui, mais les Stéphanois se sont suicidés en fin de rencontre avec l’expulsion justifiée de Malcuit pour deux jaunes rapprochés puis le geste totalement inconsidéré de Tabanou, auteur d’une agression caractérisée sur Pied. 

Valider le miracle

Les Verts se sont donc retrouvés à neuf, le Gym a enfin pris le match par le bon bout et Germain a montré une efficacité et une classe redoutables devant le but. Evidemment, Ben Arfa ne sera plus à Nice la saison prochaine et Germain fera sans doute le court trajet retour à Monaco, à moins que le club de la Principauté ne fasse encore n’importe quoi au niveau du recrutement. Mais bon, c’est quand même bien que le jeu soit récompensé parce que ça fait des semaines que Sainté ne joue pas et arrache ses victoires. 

Et puis dans le bas du classement, un peu comme prévu - ce qui est assez incroyable quand on parle d’une équipe qui avait dix points de retard sur le premier non-relégable il y a encore quelques semaines -, Toulouse est sorti de la zone rouge en l’emportant difficilement face à Troyes, en profitant notamment de la défaite à Marseille de Rémois qui ont pourtant eu les occasions pour l’emporter au Vélodrome. Oui, mais Agassa est passé par là et a offert à Batshuayi son 17e but de la saison. C’est la première victoire de l’OM depuis quinze matchs au Vélodrome.

Celle qui emmène sans doute le Stade de Reims en Ligue 2, avec Ajaccio qui a pris l’eau à domicile face à un PSG qui a joué à sa main sans brader ce match. Avec l’habitué des triplés de l’avant-dernière journée, à savoir Cavani qui en avait réussi un l’an passé face à Guingamp et a remis ça à Ajaccio. Avec deux jolis buts de la tête devant un Maury inexistant sur les deux sorties. Maintenant, Toulouse doit finir le boulot et valider le miracle. Ce qui serait là aussi mérité tant l’arrivée de Dupraz a métamorphosé cette équipe…

Pierrot