Marseille, c'est l'Europe !

Une soirée de folie. Ce quart de finale retour au Stade Vélodrome a offert tous les ingrédients d’une grande soirée européenne. Un Vélodrome plein et en fusion, des buts à la pelle - et pas des vilains - et un ascenseur émotionnel comme seule la Coupe d’Europe sait en réserver. Pour remonter le petit but d’écart concédé à l’aller, Garcia avait reconduit le schéma en 3-5-2 modulable de l’aller, avec Sarr et Amavi dans les couloirs, le duo Sanson-Lopez à la récupération et un trident offensif composé de Payet, Thauvin et Mitroglou.

Le match ne pouvait pourtant pas plus mal démarrer avec l’ouverture du score des Allemands dès la 2e minute de jeu. Heureusement, les Olympiens ont eu la bonne idée de revenir tout de suite dans le match, avec d’abord un CSC pour l’égalisation puis le second but dans la foulée signé Bouna Sarr après une double tentative de Sanson. Après ce début de match totalement débridé, les débats se sont un peu calmés jusqu’à ce que Thauvin inscrive le troisième but sur un coup-franc frappé par Payet.

À 3-1 à la mi-temps, le contrat était rempli mais ce match n’allait évidemment pas en rester là. L’OM a eu l’occasion de prendre le large quasiment d’entrée de jeu au retour des vestiaires mais c’est au contraire Leipzig qui a glacé le Vélodrome avec un but de l’ancien Parisien Augustin consécutif à une astucieuse talonnade de l’excellent Keita. Mais là encore, les Phocéens n’ont pas eu le temps de gamberger, Payet redonnant deux buts d’écart aux siens après un une-deux avec Thauvin et un slalom spécial dans la surface allemande ponctué d’un délicieux exter’ pied droit parti nettoyer la lucarne.

Mitroglou, rien à faire dans cette équipe

Payet, parlons-en. Le Réunionnais a livré hier soir son meilleur match de la saison en enchaînant les gestes techniques de classe mondiale, entre sa passe lumineuse du gauche pour Sanson sur le second but, ses multiples dribbles de dégagement et autres roulettes, son jeu long, ou encore ce but - quelle frappe du gauche ! - refusé pour une faute de Mitroglou loin de l’action. Et en point d’orgues donc, ce but magnifique. J’espère que Deschamps a regardé ce match - le contraire m’étonnerait fort - et vu de ses yeux la prestation de classe mondiale du meneur marseillais.

Avec lui, Sanson et surtout le petit Lopez ont été excellents au milieu, notamment dans la conservation du ballon et Thauvin qui n’avait clairement pas un match entier dans les jambes, a fait le taf en marquant son but. Je n’en dirai pas autant concernant Mitroglou. Le Grec a prouvé sur cette rencontre qu’il n’avait rien à faire dans cette équipe et que parfois, comme sa faute sur Ilsanker qui prive Payet d’un but avant le repos, sa présence dérange plus qu’elle n’arrange. C’est le seul bémol d’une superbe soirée et la confirmation que les dirigeants olympiens vont devoir se remettre en recherche du « grand attaquant » cet été.

Evidemment, le tirage au sort vendredi sera déterminant pour savoir si l’OM va devoir se coltiner du lourd avec l’Atletico ou Arsenal ou bien du présumé moins lourd avec l’autre club estampillé Red Bull, de Salzbourg celui-là. Il sera alors temps de rêver à une éventuelle finale au Groupama Stadium. On n’en est pas là. Et ce soir, au coeur d’une saison européenne assez morne pour le foot français, l’important est d’abord de savourer.

Pierrot