Un carton et une leçon

On a vécu deux demi-finales de Ligue des Champions très agréables et… très différentes. La première et la plus spectaculaire a eu lieu à Anfield, avec la large victoire de Liverpool sur la Roma. Il y a beaucoup de choses à dire sur le plan tactique. D’abord, je n’ai pas compris pourquoi l’entraîneur romain avait choisi de jouer à trois derrière face à un Salah intenable à droite, un Mané qui percute souvent sur le côté gauche et un Firmino aussi efficace que fuyant. Les deux joueurs de côté dans ce système, à savoir Kolarov et Florenzi, étaient beaucoup trop hauts et un attaquant du niveau et dans la forme de Salah s’est régalé face à une opposition aussi déséquilibrée.

Son premier but en pleine lunette est absolument formidable, le second est magnifique de sang-froid et que dire de ses deux passes décisives à Mané et Firmino ? À 20 minutes de la fin, les Reds menaient 5-0 et c’est à ce moment-là que Di Francesco a décidé de passer à une défense à quatre. Et la Roma a marqué deux fois. Alors évidemment, la Louve le doit autant à ce changement tactique qu’à la sortie de Salah ou au fait que Liverpool a moins cherché à attaquer. Toujours est-il que les Italiens ont su saisir leur chance et que ces deux buts les laissent en vie avant le match retour. Il leur faudra une victoire 3-0 pour se qualifier. Comme au tour précédent face au Barça…

Et puis, j’ai envie de dire « comme d’habitude », le Real est allé gagner à Munich. Un match que les Allemands ont commencé de la meilleure manière qui soit en exerçant un pressing très haut et en ouvrant le score peu avant la demi-heure de jeu. Sauf que les Bavarois, déjà privés de Neuer, Alaba, Vidal et Coman avant la rencontre, ont vu sortir Robben quasiment dès le début du match puis Boateng quelques minutes après l’ouverture du score, tous deux blessés. Malgré cela, les Allemands ont souvent étouffé le Real et obtenu une ribambelle d’occasions franches. Mais ils se sont montrés beaucoup trop inefficaces pour espérer l’emporter. À ce niveau, c’est rédhibitoire.

En revanche, l’efficacité, le Real connaît. Les Madrilènes ont marqué deux buts sur quatre frappes cadrées et démontré une fois de plus pourquoi cette équipe, parfois chahutée et pas toujours à bloc en Liga, était la double tenante du trophée. Dans cette rencontre, j’ai trouvé que Lewandowski avait montré ses limites. L’attaquant polonais a été en-dessous de tout, contrairement à un Ribéry étincelant sur son côté gauche et qui a souvent mis la feu dans la défense du Real. Le Bayern avait donc trouvé l’ouverture sur une frappe en angle fermé de Kimmich qui avait profité du mauvais positionnement de Marcelo. Le latéral brésilien qui s’est repris un quart d’heure plus tard en égalisant d’une très jolie demi-volée du gauche à 20 mètres.

Après le repos, sur une passe décisive de Vazquez, Asensio a donné l’avantage à la Maison Blanche. Le Bayern s’est ensuite rué devant pour tenter d’égaliser, sans succès. Ce résultat place bien évidemment les hommes de Zidane en position très favorable avant le match retour. Il accrédite aussi le fait que le Real se retrouve désormais dans la peau de l’archi-favori à sa double succession dans cette Ligue des Champions 2018 qui, il faut bien le reconnaître, est franchement passionnante. D’autant plus passionnante que même avec ce score défavorable, le Bayern garde une chance non négligeable. Comme le laisse penser la jurisprudence Real-Bayern 2017 et Real-Juve 2018.

Pierrot