Un chef-d'oeuvre et trois purges

On va passer très rapidement sur l’écrasante victoire de la Russie contre une équipe de CFA - enfin, de National 2, pardon. Quand on pense que L’Arabie Saoudite a fini devant l’Australie dans son groupe éliminatoire, ça donne une idée de l’immensité de la tâche qui attend les Bleus demain. On va passer tout aussi vite sur la victoire à la dernière minute de l’Uruguay qui s’est appuyé sur un excellent Cavani et un Suarez lamentable. C’est quand même dommage d’avoir deux attaquants comme ça et de si peu les servir. La Celeste est faite pour défendre contre des grosses équipes et est bien incapable de faire le jeu, même contre une équipe d’Égypte qui a pourtant un peu attendu que ça se passe.

Il y a ensuite eu l’énorme déception du Maroc, qui devait absolument l’emporter face à l’Iran pour espérer jouer la deuxième place de ce groupe. Malheureusement, après une première mi-temps assez correcte, les hommes d’Hervé Renard ont complètement déjoué après le repos et se sont fait surprendre dans les arrêts de jeu avec un CSC de Bouhaddouz. Les voilà dans une situation déjà inextricable.

Et puis en soirée, on espérait que l’Espagne et le Portugal allaient nous offrir un beau spectacle. On ne pouvait pas imaginer qu’on allait avoir droit à un chef-d’oeuvre. Qui a d’abord commencé avec 20 premières minutes portugaises magnifiques et un penalty accordé à Ronaldo. Est-ce qu’il y a faute ? Est-ce que ce n’est pas Ronaldo qui vient percuter la jambe de Nacho ? Typiquement le genre d’action où la vidéo ne donne pas d’information supplémentaire. Toujours est-il que CR7 ne s’est pas gêné pour transformer le péno.

Tout ce que j’aime dans le foot

Derrière, l’Espagne a pris la direction du jeu autour d’un Isco flamboyant et a égalisé sur un très joli but de Diego Costa, malheureusement entaché d’une claque à Pepe. Maintenant, on le connaît le Pepe. Il en a tellement rajouté que l’arbitre a pris ça pour une simulation, sans qu’il soit déjugé par l’assistance vidéo. Mais juste avant le repos, Ronaldo a redonné l’avantage à la Seleçao sur une énorme bourde d’un De Gea qui m’a semblé très nerveux pendant toute la partie. Je ne sais pas si c’est sa prise de bec avec le chef de l’État espagnol qui lui cause des soucis mais il a été l’ombre du gardien talentueux de Manchester.

La deuxième période a donné lieu à une démonstration de l’Espagne, avec un jeu d’une incroyable fluidité et une conservation de balle à haute vitesse stupéfiante - bref, tout ce que j’aime dans le football - ponctuée de deux buts magnifiques. Le premier de Diego Costa à bout portant sur une remise de la tête de Busquets, le second signé Nacho d’une frappe magistrale qui tape l’intérieur poteau avant de rentrer. On imaginait le Portugal assommé il y a eu ce coup de génie de Ronaldo sur coup-franc qui offre finalement le match nul à son pays.

Ronaldo qui, vous pourrez vérifier, n’a pas un bilan extraordinaire avec le Portugal face aux grandes nations. Il marque beaucoup contre les petits, très peu contre les grands. Cette fois, il est évident que ce triplé contre la Roja va compter dans l’histoire. Un CR7 qui a encore montré sur ses trois buts qu’il disposait des trois qualités d’un buteur exceptionnel : le sang-froid, la chance et le génie. Voilà, maintenant on va se pencher sur les Bleus qui jouent dans quelques heures. J’espère être aussi enthousiaste dans l’après-midi…

Pierrot