Une purge avec le sourire

En livrant l’un de ses pires matchs de la saison, Monaco est allé gagner à Leverkusen et se retrouve en position de force pour la qualification. Au pire, l’ASM a déjà assuré l’Europa League.

Monaco serait une équipe italienne, on louerait ce soir la qualité de son organisation défensive, son parfait réalisme (un tir cadré dans le match, un but) et bla bla bla et bla bla bla. Mais l’ASM est une équipe française. Alors on va ergoter. Bon, en même temps, si on peut se réjouir d’une victoire française en Ligue des Champions, on ne peut pas en faire autant concernant la teneur de ce match, d’une invraisemblable faiblesse. 

Alors évidemment, la victoire en fin d’après-midi du Zénith devant Benfica avait un peu changé les données de la rencontre à la BayArena. Avant même le coup d’envoi, le Bayer était qualifié et les Monégasques savaient qu’ils joueraient leur peau sur le dernier match. L’enjeu, c’était que le résultat conditionnait directement celui à obtenir dans quinze jours face aux Russes, à Louis II. Pour pouvoir se contenter d’un nul sur sa pelouse, l’ASM devait l’emporter sur celle du Bayer.

Le paradoxe monégasque de cette Ligue des Champions, c’est que les hommes de Jardim ont livré leurs deux pires matchs en LdC face à Leverkusen, mais que ces deux matchs, ils les ont gagnés, alors qu’ils méritaient beaucoup plus de prendre des points à Saint-Pétersbourg voire à Lisbonne. Là, jusqu’au but, on a eu droit à une symphonie de médiocrité entre une équipe allemande qui se demandait ce qu’elle faisait là et des Monégasques sans envie, sans engagement et sans imagination. 

 

Elle est bonne à prendre

On pouvait même se demander si les joueurs de la Principauté n’étaient pas en train de disputer un match amical jusqu’à ce but d’Ocampos, consécutif à une belle inspiration de Berbatov relayée par un centre impeccable de Dirar. Leverkusen a bien tenté ensuite de sortir de sa torpeur, mais sans vraiment y parvenir. De toute façon, il faut être clair : pour pondre un aussi mauvais match, il faut s’y mettre à deux.

Encore une fois, le seul mérite monégasque de la soirée, c’est de sortir de cette purge d’une heure trente avec le sourire et l’assurance d’être au minimum reversé en Europa League, même en cas de défaite face au Zénith. Mais les joueurs du Rocher peuvent aussi, si le Bayer ne s’impose pas à Lisbonne et en battant les Russes, terminer premiers du groupe ! 

Avec la qualité du football pratiqué et l’ambition dans le jeu montrés par l’ASM, c’est déjà un petit miracle en soi. Mais on s’est trop souvent lamenté sur le fait que les clubs français manquaient de réussite et n’étaient pas capables de gagner en jouant mal pour ne pas apprécier lorsque cela arrive. C’est une victoire très heureuse, certes. Mais comme dirait l’autre, « elle est bonne à prendre ». 

Pierrot