Des promus à la fête

Marseille a très bien ouvert cette 22e journée de Ligue 1 vendredi en s’imposant facilement à Caen. La première période a été un peu compliquée - la pelouse de d’Ornant est tellement minable que cela gêne toutes les équipes qui essaient de développer du jeu, ce qui n’est pas le cas de Caen, je vous rassure - mais dès que les Normands ont baissé de pied physiquement, leur organisation défensive s'en est ressentie et l’OM a su faire la différence. D’abord sur un penalty ridicule pour une faute stupide de Bessat sur Sarr qui sortait de la surface puis grâce à la frappe enroulée dans la lunette gauche hebdomadaire de Thauvin.

Marseille n’a jamais tremblé dans ce match, signe sa quatrième victoire consécutive et produit un jeu de plus en plus séduisant. Avec des joueurs qui confirment, comme Sakaï pourtant utilisé à gauche depuis la blessure d’Amavi mais qui est impeccable à chaque sortie, Zambo Anguissa qui continue à progresser et Payet qui revient bien. Quant aux deux meilleurs olympiens depuis le début de la saison, à savoir Gustavo et Thauvin, ils ne semblent pas faiblir. De bon augure pour la suite.

C’est avec beaucoup de conscience professionnelle que je me suis tapé Nantes-Bordeaux samedi après-midi. Dire que j’en ai été récompensé serait mentir. Ce match a été horrible, surtout en première période, pendant laquelle les Bordelais bien organisés et combatifs ont ouvert le score par De Préville, de la tête. Quant à Nantes, l’équipe a joué comme d’habitude, sauf que cette fois ils n’ont pas marqué leur petit but vainqueur. Et quand ils en encaissent un, ils n’ont pas les capacités offensives de réagir. Je ne sais pas si Kita a prévu de recruter devant lors de cette fin de mercato, mais ce ne serait pas une mauvaise idée.

Celui qui serait bien inspiré d’en faire de même, c’est Létang. Parce que cette équipe de Rennes, même s’il obtient finalement de bons résultats et pointe à la 7e place, ne pèse absolument pas offensivement. Les Bretons ont réussi à s’imposer face à une équipe d’Angers qui a connu bien des malheurs dans ce match, entre la blessure de Butelle, le carton rouge d’Oniangué et la transversale de Tait (même si Léa-Siliki a trouvé la barre lui aussi). Sans parler de ce penalty un peu généreux car j’ai l’impression que Pavlovic touche la balle de l’aisselle. Rennes est donc 7e, mais un recrutement intelligent au poste d’avant-centre ne pourrait que faire progresser cette équipe.

Spectacle aquatique à la Meinau

Et puis c’était la soirée des promus puisque les trois ont gagné. Troyes a battu Lille sur un très joli but de Niane. Finalement, quelle que soit la personne assise sur le banc, le LOSC n’y arrive pas et ne joue pas bien. Cela veut dire que le recrutement, qu’on pouvait espérer prometteur, s’avère très mauvais. Individuellement, ces joueurs ont des qualités mais ils ne sont pas conçus collectivement pour lutter pour le maintien.

Amiens, qui restait sur un point en cinq matchs, a magnifiquement réagi en s’imposant assez facilement contre Guingamp. Les Picards ont marqué trois jolis buts et pratiqué un football intéressant sur une pelouse pourtant lamentable. Mais moins lamentable qu’à Strasbourg, où l’aire de jeu déjà pas folichonne à la base s’est transformée en marécage après les pluies diluviennes de ces derniers jours. Et bizarrement - ce qui confirme que cela ne veut rien dire - c’est à la Meinau qu’on assisté au match le plus spectaculaire de la soirée. Les Alsaciens l’ont emporté 3-2, comme en Coupe de France face au même adversaire.

Ils ont mené très rapidement 2-0 grâce à un but d’Aholou et un penalty un peu sévère pour une faute sur Terrier. Mais la fébrilité légendaire de la défense du Racing associée à l’état du terrain ont permis à Dijon d’égaliser avant la pause. Les Bourguignons ont même eu la maîtrise globale du second acte mais Da Costa, qui venait de rentrer, a obtenu un penalty cette fois très mérité, Lala transformant les deux sentences. C’est un excellent résultat pour Strasbourg, qui grimpe à la 10e place et met fin à une série de trois défaites consécutives. Mais bon, on sait que l’an prochain, avec le départ entériné de Terrier et celui d’autres bons joueurs de l’équipe, il faudra bien recruter. Et investir dans une pelouse hybride pour pouvoir pratiquer un football de qualité.

Enfin, Montpellier a enfoncé Toulouse, qui avait pourtant ouvert le score sur une frappe de 35 mètres aussi superbe qu’improbable d’Imbula. Les Montpelliérains ont égalisé sur un coup-franc de Sambia détourné par Sanogo, coup-franc provoqué par Gradel, auteur d’un incompréhensible tacle les deux pieds décollés du sol sur Roussillon et logiquement expulsé. Après le repos, le MHSC a essayé de prendre le jeu à son compte mais on sait que ce n’est pas forcément son point fort. Et dans les arrêts de jeu, Lafont a raté une sortie, le ballon a ricoché sur Sio et la victoire est allée à Montpellier, qui a décidément beaucoup de réussite cette année. Contrairement aux Toulousains, même si le mal qui touche le Téfécé est plus profond que cela.

Pierrot