OL – PSG : choc présidentiel

L’affiche de la 22e journée de Ligue 1 oppose ce dimanche (21h, Canal +) l’OL et le PSG au Groupama Stadium de Lyon. Un choc, puisque cette rencontre oppose le leader incontesté au 3e du championnat de France. Deux équipes aux ambitions européennes, l’Europa Ligue et sa finale à domicile pour l’OL, la Ligue des champions pour le PSG. Mais avant de penser à l’Europe, il y a beaucoup à gagner ce soir pour les deux clubs.

En atteignant la barre symbolique des 100 buts dès la mi-janvier, et ce après seulement 31 rencontres, ce PSG a rappelé que c’était bel et bien un mastodonte européen qui allait se déplacer dans le Rhône ce dimanche. Même privé de Neymar, son meilleur joueur, même touché par l’affaire du penalty, même obnubilé par le déplacement du 14 février prochain à Madrid, ce PSG est une machine qui impressionne, tout en laissant l’impression d’un rouleau compresseur insatiable. Après les six buts passés à Rennes pour le premier match de l’année 2018, dus en grande partie à la faiblesse des Bretons, le PSG a connu deux autres rencontres plus délicates à l’extérieure, à Amiens puis à Nantes. Puis Dijon est venu au Parc des Princes, et la PSG version 2017, qui écrase quasiment tout sur son passage est réapparu. Un score record (8-0), et un résumé lucide du portier dijonnais Baptiste Reynet : « On avait l’impression d’être une équipe de poussins contre des séniors (…) on aurait pu jouer trois jours on n’aurait pas marqué ».

Si le PSG qui se déplace à Lyon ressemble à celui face à Dijon, en réalité il semble que les chances de victoire pour les hommes de Jean-Michel Aulas soient minimes. Ce PSG là, taillé depuis de nombreuses années maintenant pour remporter la plus prestigieuse des compétitions européennes, et renforcé cet été par Neymar et Mbappé, semble trop fort pour une quelconque résistance nationale. Reste alors les souvenirs de Strasbourg et de Munich. Le déplacement au Vélodrome également, et nul doute que les joueurs lyonnais auront en tête les quelques faiblesses de ce PSG. Kurzuwa continue d’être une interrogation dans son couloir gauche, tandis que la question de la sentinelle n’a toujours pas été réglée, en attendant l’arrivée de Lassana Diarra.

Lyon, des coups à jouer

Il faudra de toute façon de l’imagination à Bruno Génésio et ses hommes pour bousculer Paris. Mais les raisons d’y croire existent comme en témoignent les défaites du PSG à Strasbourg ou à Munich, mais également le déplacement au Vélodrome (2-2). D’autant plus que l’OL sait se montrer fort avec les forts. La victoire face à Monaco (3-2) ou Marseille (2-0), et le match aller au Parc, malgré la défaite, ont montré que lorsqu’il fallait sortir les muscles, les Lyonnais étaient souvent à la hauteur. Face à un adversaire qui s’est attiré les foudres du président Aulas l’été dernier, dans un stade qui pourrait être chaud, le rêve de faire tomber le PSG n’apparaît pas comme utopique.

Pour ce faire, le 4-3-3 lyonnais installé récemment par Génésio devra se montrer sous son plus beau jour. Fékir, dont les performances actuelles sont éblouissantes, sera un facteur déterminant et la capacité à se montrer imperméable défensivement sera scrutée. Pour l’OL, il y a surtout la question de sa situation immédiate au classement. Tandis que Marseille est désormais lancée dans une spirale positive et victorieuse, Lyon espère récupérer une place de dauphin perdue au profit des phocéens. Ça, c’est pour la version positive de la soirée, en cas de victoire lyonnaise face au PSG, parce qu’en cas de défaite, et de victoire monégasque à domicile face à Metz, l’OL se retrouverait à la 3e place du podium lundi matin. Il restera alors seize matches et la lutte pour la Ligue des champions continuera certainement encore un moment. Pour le titre c’est une autre histoire. En cas de victoire, Paris aura douze points d’avance sur son premier poursuivant et la quiétude de définitivement se tourner vers Madrid.

Emmanuel Trumer