Allemagne-France : l'analyse

Après ce premier match post-Coupe du Monde disputé par les Bleus hier soir à Munich, j’ai envie de dire : rien de nouveau sous le soleil. L’équipe de France est toujours aussi solide et propose toujours aussi peu de jeu. Alors quand elle affronte une équipe qui a peur d’elle - et ce sera souvent le cas avec son nouveau statut - comme c’était le cas de cette nouvelle équipe d’Allemagne, cela donne cette première période évidemment bien maîtrisée mais globalement insipide. 

C’est sûr, les sept de derrière travaillent bien, mais ils n’ont absolument pas réussi à toucher les trois joueurs offensifs et il a fallu attendre le dernier quart d’heure du premier acte pour voir nos attaquants exister un tant soit peu. C’est évidemment trop peu et je reste persuadé qu’avec le « matériel » dont ils disposent et la confiance qui les habite désormais, les Bleus pourraient avoir plus d’ambition dans le jeu et prendre un peu plus de risques. Une philosophie plus offensive qui, j’en suis persuadé, aurait permis à l’équipe de faire la différence dans cette première heure de jeu qu’elle a nettement dominée. 

Or, comme on est en phase de reprise et que les joueurs ne sont pas dans un état de préparation équivalent, la dernière demi-heure a été nettement plus pénible pour l’équipe de France, qui s’est reposée sur le travail infernal de Kanté au milieu et surtout les arrêts prodigieux d’Areola, qui fêtait sa première sélection dans un contexte pourtant difficile. Une première sélection en Allemagne dans une équipe championne du monde - il l’est aussi mais n’a jamais joué - n’était pas le baptême du feu idéal. De fait, la prestation du gardien parisien va certainement donner quelques mots de tête à Tuchel car désormais, Buffon se retrouve face à un sacré client, nanti de surcroît d’un nouveau statut. 

On verra, compte tenu de l’opposition certainement inférieure dimanche au Stade de France face aux Pays-Bas ce que cette équipe va produire. Y aura-t-il des changements ? Ce n’est pas évident dans la mesure où ce sera « le match de la fête » et des retrouvailles entre les Bleus et leur public. Mais il ne faudra pas oublier que la plus belle des fêtes sera de battre les Néerlandais. Parce que dans un groupe à quatre matchs, il faut prendre des points tout de suite.

Pierrot