Attention, ils reviennent !

Après Lyon samedi, Marseille et Monaco l’ont emporté dimanche sur la plus courte des marges en faisant chacun un joli bond au classement. Dans le jeu en revanche, le bond est assez relatif…

Avant même d’évoquer les résultats des matchs de ce dimanche, on va quand même constater au préalable que c’était une très triste journée pour le football. On a vu deux malheureux buts et surtout trois matchs d’une grande médiocrité. A ce propos, je félicite la lucidité d’Hervé Renard, qui a parfaitement synthétisé le menu du jour en avouant lui-même s’être emmerdé à Nice devant le 0-0 obtenu par son équipe. Sauf qu’en alignant un milieu Balmont-Mavuba-Obbadi, le double champion d’Afrique avait annoncé la couleur. 

En face, on a vu des Niçois qui ont confirmé qu’ils sont un peu dans le dur en ce moment. Ils ont été mis en lumière par leurs cartons contre Bordeaux, Sainté et Rennes et forcément, leur jeu a été étudié. Désormais, les adversaires savent qu’aller enquiquiner le milieu azuréen réduit grandement le champ d’action de cette équipe. Au final, on a donc eu droit à un match assommant d’ennui…

Et on ne peut pas dire que le Monaco-Angers qui a suivi nous ait réconciliés avec le football. L’ASM, à qui il manquait dix joueurs, l’a emporté sur un but de Pasalic et, l’air de rien, revient dans la course, à seulement deux points du dauphin lyonnais. Pourtant, ce premier succès de la saison à domicile a été aussi triste que laborieux. La chance des Monégasques, c’est que cela devient très compliqué pour le SCO dès lors qu’il est mené au score. 

Alors je me suis attiré les foudres des supporters angevins après mon commentaire pendant le CFC. Mais c’est vrai qu’en terme de jeu pratiqué, on ne peut dire que l’équipe du Maine-et-Loire fasse des merveilles. Elle fait très bien avec ses faibles moyens financiers. Moulin a su monter une équipe athlétique, qui quadrille extrêmement bien le terrain et permet à Ndoye d’exprimer toutes ses qualités. Mais je suis désolé, cette équipe n’a aucune velléité offensive.

Encore pas mal de boulot

Et encore une fois, ce n’est pas une critique parce qu’en attaquant plus, le SCO aurait sans doute gagné moins de matchs. Mais une fois qu’on a dit ça, le petit budget, le petit promu, le maintien etc., on ne peut pas nier qu’au niveau football, on ne voit pas grand chose et plutôt que de s’offusquer, ils devraient s’en moquer et dire que leur équipe est là pour prendre des points, se maintenir - ce qui est plutôt bien parti -, avoir plus de moyens l’an prochain, progresser et partir sur un projet plus ambitieux. 

Le problème de l’ambition, c’est que pour en avoir, il faut aussi en avoir les moyens. On en a eu le raisonnement par l’absurde avec la défaite de Nantes face à l’OM. La tactique de harcèlement et de verrouillage des côtés mise en place par Der Zakarian a parfaitement fonctionné en première mi-temps puisque ni Mendy ni Manquillo, les deux latéraux olympiens, n’ont réussi à centrer une seule fois avant la pause. 

Oui, sauf que pour ça, Audel et Thomasson, les deux attaquants de couloir, ont passé leur temps à défendre. A la première mauvaise inspiration défensive, les Canaris ont encaissé un joli but de leur ancien coéquipier Nkoudou. Ensuite, le manque de jus, le manque de qualité technique et le manque d’inspiration offensive du FCN font que ça devient compliqué de revenir. Et pourtant, Marseille n’a rien proposé de transcendant dans ce match. 

Mais dans la situation où se trouvait l’OM il y a deux journées, prendre six points en déplacement sans encaisser de buts, c’est déjà un progrès plus que notable. Il va désormais falloir confirmer ce regain de forme au Vélodrome, avec cette fois plus de responsabilités dans le jeu. Marseille est désormais dans la peau d’une équipe qui vient d’engranger un peu de confiance, mais il y a encore pas mal de boulot, surtout au niveau de l’expression offensive. 

Pierrot