Bordeaux – Paris : un match de gala et un mince espoir girondin

Le PSG revient à Bordeaux quelques semaines après sa victoire face à Monaco en finale de la Coupe de la Ligue dans la peau du Champion de France. Malgré la morosité ambiante depuis l’élimination en 8e de finale de la Ligue des champions les hommes d’Unai Emery ont réussi à obtenir le titre de manière brillante face à Monaco la semaine dernière. Il reste certes encore quelques enjeux sportifs pour le PSG (le nombre de points, le nombre de buts marqués etc etc) mais en réalité il s’agit surtout de bien terminer la saison en faisant le travail contre les Herbiers en Coupe de France puis de préparer la Coupe du Monde pour les joueurs et la saison prochaine pour la direction. Si l’actualité concernant le Paris Saint-Germain se trouve autant au Brésil avec la rééducation de Neymar et ses parties de poker que sur les matches restants cela démontre bien le peu d’intérêt sportif que représente ces rencontres. Pourtant on le sait, avec ce PSG rien n’est pardonné et une performance identique à celle produite lors du déplacement à Saint-Etienne pourrait entrainer une nouvelle vague de critiques sur le club.

Il faut dire que les leviers de motivation sont minces pour Unai Emery et son staff, condamnés depuis l’élimination en Coupe d’Europe et aujourd’hui incapables de se projeter sur un quelconque avenir parisien. C’est bien dommage et si Emery est également responsable des échecs parisiens lors des deux dernières saisons, il est loin d’en être le seul. Avec l’arrivée annoncée de Tuchel, je ne vois pas bien ce qui pourrait changer au PSG. Il a un palmarès inférieur à Unai Emery, moins d’expérience, et n’a jamais eu à gérer un vestiaire de stars. Certes, il y a une idée du jeu reconnue, des résultats probants à Mayence et Dortmund, en somme un cv flatteur pour un jeune entraineur mais la question de son pouvoir au club se pose. S’il peut imposer ses principes, avoir un certain pouvoir, et que les joueurs ne passent pas par la direction (omniprésente) à la moindre difficulté, alors Tuchel pourrait être une bonne idée. Comme l’avait été Unai Emery avant de le broyer dans la machine du PSG.

L’enjeu est pour Bordeaux

Pour les Girondins, cette fin de saison peut s’annoncer passionnante. Grâce à deux victoires face à Lille puis à Montpellier lors des deux dernières rencontres, les hommes de Gustavo Poyet peuvent s’offrir des espoirs européens en cas de bon résultat face au PSG. Et si exploit il y a ce soir, au Matmut Atlantique, Bordeaux reviendrait à deux points de Rennes, actuel 5e du championnat. Tout n’est pas rose à Bordeaux, mais depuis l’arrivée de Gustavo Poyet le club s’est stabilisé après une inquiétante chute qui le menait tout droit vers la zone de relégation. Poyet a réussi à concerner son groupe sans parvenir à le sublimer mais il a le mérite de réussir à s’adapter et à changer lorsque cela ne va pas. Après l’immuable 4-3-3 infructueux de Gourvernnec, Bordeaux peut désormais évoluer dans différents systèmes et obtenir des résultats comme la semaine dernière à Montpellier, autre candidat à l’Europe.

Le seul bémol concernant le début de mandat de Gustavo Poyet pourrait être le cas Malcom. Invisible depuis le début de l’année 2018, parfois même agaçant au vu de ses premiers mois de la saison, le Brésilien a même débuté sur le banc le week-end dernier. Son éventuel transfert lui a complétement pollué l’esprit et il n’est que l’ombre du joueur qu’il était il y a quelques temps. Il faut dire que les Girondins préparent également l’avenir avec les discussions de revente du club, et une victoire face au Paris Saint-Germain, puis une qualification européenne en fin de saison seraient des arguments non négligeables.

Emmanuel Trumer