Caen jubile, Marseille ronchonne

En allant désosser Bordeaux sur sa pelouse, le Stade Malherbe est repassé deuxième au classement. Vainqueur de Guingamp, Sainté suit à 3 points, alors que Marseille et Monaco, qui se sont neutralisés au terme d’un match débridé, font du surplace.

Le PSG a donc un nouveau dauphin après cette 15e journée de Ligue 1. Et ce dauphin, c’est le Stade Malherbe de Caen, qui s’est imposé avec une facilité déconcertante à Bordeaux, dans ce nouveau stade qui était comme d’habitude, vide et sinistre. A l’image de cette équipe girondine sans vie et sans enthousiasme. Les deux premiers buts normands sont assez similaires : deux frappes - une volée de Rodelin et un coup-franc de Delort - repoussées par Carrasso et reprises victorieusement par Ben Youssef puis Da Silva. 

Le troisième est pour Carrasso qui se le met tout seul, quant au quatrième, il y a deux façons de voir les choses. On peut louer l’incroyable combativité de Delort, qui fait un sprint de 80 mètres, résiste à une charge, puis tombe, se relève, constate que le ballon est toujours exploitable et lâche une frappe du désespoir détournée qui trompe Carrasso. Mais si on se place du côté girondin, ce but est tout simplement ridicule. Au moins autant que la prestation des Bordelais dans sa globalité. 

Lorsque, sur le plateau du CFC, Duga se lance dans une violente attaque contre le club de son coeur, De Tavernost a beau jeu de le renvoyer dans ses seize mètres. Moi ce que je constate c’est que le bilan de la semaine girondine est cataclysmique : éliminé avant le dernier match en Ligue Europa, largué en championnat et en plein divorce avec son public… Il faudrait peut-être faire quelque chose, mais quand on entend Triaud, c’est la faute des médias. Si cette explication lui suffit, grand bien lui fasse.

Tu finiras en milieu de tableau

Dans l’après-midi, Saint-Etienne s’est imposé moins facilement que ne le laisse penser le score. Un match incroyablement mal arbitré par monsieur Buquet, tour à tour laxiste puis trop sévère, avec comme meilleur exemple le premier but stéphanois qu’il valide malgré une position de hors-jeu manifeste de Maupay. Les Guingampais se sont créés pas mal d’occasions, mais ce n’était pas le jour de Jimmy Briand, qui a un peu bouffé la feuille. Et puis en fin de match, grâce à un penalty justifié et un joli but collectif conclu par Roux, les Verts ont signé une victoire que même leur entraîneur a trouvé flatteuse mais qui leur permet de se replacer. J’ai envie de dire, « un peu comme tout le monde ». 

Comme personne dans ce championnat n’arrive à enchaîner les bons résultats, dès qu’une équipe signe deux victoires consécutives, elle se replace. L’OM et Monaco auraient bien aimé se replacer. Aucun des deux n’y est finalement parvenu au terme d’un match certes spectaculaire et - on s’est bien marré au debrief avec ça - « agréable ». Et c’est vrai que c’est toujours sympa de voir six buts dans un match. Mais en y regardant de plus près, les deux tiers de ces buts relèvent du grand n’importe quoi, entre tir contré, contrôle du tibia, centre raté et tête aveugle… 

Mais bon, puisque c’était une journée de championnat à 35 buts, il faut bien qu’il y ait des matchs comme ça, où tout ce qui s’approche des ficelles les fait trembler. Les Marseillais ont fait preuve d’un vrai enthousiaste offensif dès l’entame et ont logiquement ouvert le score. Ce qui aurait dû leur permettre de voir venir vu la compo d’équipe ultra-défensive mise en place par Jardim. Eh bien pas du tout. Monaco a rapidement égalisé puis pris l’avantage juste avant la mi-temps sur un doublé de Touré.

Il faut dire que Diarra, moins étincelant que ces dernières semaines - il ne peut pas être au taquet tout le temps - et un Isla assez médiocre se sont un peu laissés aspirer par l’enthousiasme offensif de l’équipe. Du coup, à chaque perte de balle il y avait des trous béants, avec un Mendy pas franchement inoubliable et un Rekik carrément catastrophique. Le résultat, c’est que l’OM n’a gagné que deux matchs au Vélodrome depuis le début de la saison, soit le plus mauvais départ sur ses terres depuis 1963. C’est bien gentil de gagner à l’extérieur. Mais si tu ne capitalises pas à domicile, tu finiras la saison en milieu de tableau. 

 

Pierrot