Chutes olympiques

Drôle de week-end en Ligue 1. Face à Caen et contre Lille, Marseille et Lyon se sont inclinés de manière surprenante. Les deux Olympiques donnent une nouvelle occasion à Paris, qui se déplace à Louis II demain soir, de prendre la tête du championnat.

Avant le match Monaco - PSG qui s'annonce à la fois passionnant et capital, l'OM s'est donc incliné de façon assez inexplicable à domicile face à Caen. Inexplicable parce que les Phocéens menaient 2-0. Inexplicable également parce que je n'ai jamais vu, au cours de la partie, un seul joueur marseillais éprouver une forme de méfiance alors que Caen s'est créé des occasions très vite dans le match. Les contres normands ont été hyper efficaces pour renverser la vapeur en fin de partie mais tout au long de la rencontre, à chaque fois que les joueurs de Patrice Garande récupéraient le ballon, ils étaient en surnombre.

La faute à un milieu de terrain marseillais totalement indigent sur le plan défensif. Si Imbula était bien muselé, Romao, lui, a pris l'eau. En attaque, André Ayew a été obligé de compenser les carences évidentes de ses partenaires puisque Thauvin errait sur la pelouse alors que Batshuayi - préféré à Gignac au coup d'envoi - n'a quant à lui pas confirmé sa bonne entrée à Saint-Etienne.

 

Et Bielsa dans tout ça ? 

Encore une fois, pour l'avoir dit au moment où c'est intervenu, je ne comprends pas le recrutement d'Ocampos. La valeur du joueur n'est absolument pas à remettre en question mais clairement, cette équipe manque d'une sentinelle de haut niveau. Marseille n'a jamais réussi à endiguer cet effet tourniquet de Prisunic. À chaque fois que les Normands franchissaient la ligne médiane, ils mettaient le feu. 

C'est vrai que cette équipe de Caen est devenue euphorique. La résurrection 2015 de Julien Féret, la bonne forme de Bazile ou encore le prêt de Sala en provenance de Bordeaux contribuent largement à ce renouveau. Cette équipe a acquis, dans des matchs plus faciles à domicile, une confiance offensive qu'elle applique désormais contre des écuries beaucoup plus huppées. La qualité de transmission et l'utilisation des espaces sur les contres sont absolument magnifiques à Caen. 

On peut donc légitimement se demander quel est le rôle ou la responsabilité de Bielsa dans tout ça. L'Argentin protège son groupe en disant à tous les matchs qu'il s'est trompé. On ne peut cependant pas occulter que dans la semaine, il y a eu un incident avec Gignac qui était sûrement le joueur de l'effectif le plus fan du système Bielsa. Le départ de l'attaquant semble inéluctable. La fin de saison s'annonce un peu compliquée pour l'OM. 

 

Lyon a gâché une belle occasion

Evidemment, avec ce résultat, Lyon avait l'occasion de mettre Marseille à sept points au stade Pierre Mauroy de Lille. C'était d'ailleurs chose faite dès la troisième minute de jeu sur une reprise de Tolisso après un bon corner. En première période, les Lyonnais étaient très nettement au dessus de Lille, dont le visage était assez conforme à ce qu'elle nous offre depuis le début de ce championnat. Indigente, incapable d'aligner deux passes, cette équipe nordiste est rentrée au vestiaire sifflée par son public. 

Alors ensuite, je ne sais pas si les Lyonnais se sont vus vainqueurs trop tôt ou s'ils se sont endormis. Toujours est-il qu'ils n'ont pas réussi à endiguer le net retour de flamme nordiste en seconde période. Si Bedimo a sauvé son équipe face à Origi, les protégés d'Hubert Fournier n'ont rien pu faire sur la très jolie égalisation de Gueye. Lopez, qui apporte beaucoup dans le jeu lillois, a finalement inscrit le but vainqueur.

La deuxième mi-temps prouve aussi que quand les Nordistes essayent de jouer au foot, ils ne sont pas plus idiots que les autres. Après cette seconde période contre le leader du championnat, on se demande forcément pourquoi Lille, dans d'autres matchs, a pratiqué un football aussi terne, défensif et improductif. Les Dogues peuvent véritablement faire bien mieux, la preuve est là.

 

Metz et Lens dans la tourmente

De son côté, Lyon paye une deuxième mi-temps où encore une fois, je ne peux pas trancher entre une forme de fatuité et un endormissement. Du coup, si le PSG l'emporte à Monaco demain soir - ce qui est encore loin d'être gravé dans le marbre - il prendra le fauteuil de leader. S'ils ont jusqu'à présent toujours raté l'occasion de prendre la tête, à force de leur offrir le trône sur un plateau, ils vont bien finir par s'y installer. 

Dans les autres matchs de la soirée, on a eu la confirmation que le maintien allait être très difficile pour ne pas dire quasiment impossible pour Metz et Lens. Ils ont tous les deux perdu à domicile. C'est encore plus grave pour les Grenats, qui ont perdu contre Evian, un concurrent direct. Pour le reste, Lorient a récolté les fruits de son bon match contre Lyon il y a deux semaines en s'imposant tranquillement 2-0 contre une équipe de Bastia très en forme. Enfin, Toulouse a arraché le nul en fin de rencontre contre Saint-Etienne, qui n'arrive plus à gagner depuis un bon moment maintenant.

Petit à petit, que ce soit en haut ou en bas du classement, la hiérarchie commence vraiment à se dessiner. 

 

Pierrot