Ciao Falcao, projet Monaco KO

Drôle d’après-midi à Louis-II, où l’ASM sans un Falcao sur le départ a péniblement obtenu le nul devant Lille. A part ça, Lens et Lorient ont fait dans le feu d’artifice, Nantes s’est reposé sur Gakpé et Rennes a braqué Caen à D’Ornano.

Evidemment, les matchs du jour ont été un peu occultés par ce qu’il est convenu d’appeler le « dossier Falcao », qui a monopolisé l’attention et les conversations. Le départ du Colombien est désormais plus que probable. Un départ un peu surprenant, même si j’ai toujours trouvé que Falcao avait l’air d’être de passage en Principauté. « Joueur de classe mondiale, joueur de classe mondiale… », moi je veux bien, mais on n’a quand même pas vu grand chose en un an. Quelques buts en début de saison dernière, mais rien de fracassant. Il s’est blessé au bout de six mois et après ça, on l’a plus souvent vu à Madrid qu’à Monaco.

Il a ensuite raté la Coupe du Monde et depuis la reprise, on le sentait un peu ailleurs. Jusqu’à ce Monaco-Lille pendant lequel on l’a vu en tribune, assis à côté de Vasilyev et de son agent Jorge Mendes, pendu à son téléphone. Ubuesque. Tout cela pose évidemment question. A commencer par celle-ci : qu’est devenu le grand projet monégasque ? Alors bon, la vente de James au Real, avec une plus-value énorme, passe encore. 

Même la vente de Falcao, à la limite pourquoi pas. Mais à 48 heures de la fin du mercato, ça veut dire que l’ASM n’aura pas le temps de recruter des joueurs de ce calibre pour les remplacer. Et que l’équipe va donc s’en trouver considérablement affaiblie. D’ailleurs, c’est déjà visible sur le terrain. Face au LOSC, j’ai trouvé la formation monégasque courte physiquement, à court d’idée, s’en remettant uniquement à l’efficacité de Berbatov, qui tient le coup et demeure un grand technicien, mais qui n’est pas, loin s’en faut, un perdreau de l’année.

Face à Lille, Monaco a peiné. Certes, les Nordistes ont ouvert le score sur un but non valable - Lopes est hors-jeu et fait clairement action de jeu juste devant Subasic - et ont ensuite « fait du Lille » en restant derrière au lieu de chercher à enfoncer le clou. Résultat, le Bulgare s’est trouvé à point nommé pour conclure une belle action impliquant Fabinho et Ocampos. Mais sur l’ensemble du match, on a l’impression que ce sont plus les Lillois que les monégasques qui ont perdu deux points.

 

Lens épate et s’éclate

Et puis en soirée, en regardant de façon globale les cinq matchs, j’en suis venu à me dire que les dix équipes que je venais de voir étaient suffisamment faibles pour descendre. Reims et Evian n’ont pris qu’un seul point depuis le début de la saison, et c’était face au PSG. Hier, autant l’ETG a bien tenu le choc à Toulouse avant de céder sur un joli coup-franc de Regattin, autant la défense rémoise s’est montrée d’une naïveté confondante à Lens, avec notamment l’expulsion très justifiée d’Oniangue.

A l’inverse, voir les Lensois, qui traversent une période d’énorme incertitude, jouer avec spontanéité et inscrire de jolis buts - les deux premiers en tout cas - avec des gamins qui ne devraient pas être là, cela a un côté touchant et rafraîchissant. Six points en quatre matchs pour une équipe comme le RCL, c’est quasiment 15 % du maintien. Alors on sait tous maintenant que les quatre millions de Mammadov n’arriveront jamais. Mais en attendant de savoir ce qu’ils vont devenir, les hommes de Kombouaré s’éclatent et épatent.

On constate d’ailleurs qu’une équipe avec un minimum d’homogénéité, qui cherche à marquer des buts et qui se lâche, est capable de faire des résultats. C’est un peu le cas de Nantes également, sauf que le FCN a un gros problème de finition. Ils se sont longtemps heurtés à un très bon Jourdren, mais ils ont fini par trouver la faille sur un but de Gakpé. Je le lui ai dit en face et je l’écris à nouveau ici : le Franco-Togolais doit être l’homme providentiel des Canaris. Il doit surtout s’en convaincre.

Le Stade Rennais lui, réalise un bon début de saison, avec 7 points glanés alors que les Bretons ont joué trois fois sur quatre à l’extérieur. Leur victoire à Caen, obtenue en toute fin de match sur un pénalty justifié, ressemble quand même à un hold-up, car les Normands n’ont pas été récompensés de leurs nombreux efforts offensifs. Enfin, on a eu droit à un généreux feu d’artifice offensif à Lorient, avec une addition finale un poil trop salée pour des Guingampais qui vont assez mal.

 

Pierrot