Des dauphins fatigués

Si Paris et Marseille se sont accrochés au rythme du leader lyonnais, Saint-Etienne a perdu des points dans la course au podium en concédant le nul à Rennes. En ce moment, l’OL est au-dessus de ces trois-là…

Par ordre d’entrée en scène, on avait donc le quatrième, puis le troisième et enfin le second du classement. Le bilan est de deux victoires à domicile et un nul à l’extérieur pour les trois poursuivants immédiats de l’OL. Pas vilain, sur le papier. Mais l’impression laissée par Paris, Saint-Etienne et Marseille est moyenne, pour ne pas dire médiocre. 

Pour la première fois depuis longtemps, le PSG jouait à 14h et visiblement, les joueurs de la capitale ont eu du mal à digérer les nouilles à 10h du mat’ parce que leur première période a été insignifiante, jouée à un rythme de petit vieux et logiquement sanctionnée par une demi-volée instinctive de Barbosa, qui a profité de l’apathie de la défense parisienne et d’un Sirigu pas inoubliable pour ouvrir le score.

Après ce but, Paris a encore connu dix minutes d’errance avant de daigner jouer au foot pendant un quart d’heure. Résultat : cinq occasions très nettes, trois parades exceptionnelles de Leroy et deux pions signés David Luiz et Verratti, auteurs de leur premier but respectif en Ligue 1. A 2-1, le score était flatteur mais on se disait que Paris allait sûrement passer à la vitesse supérieure après le repos. 

Pensez-vous ! Les champions en titre ont attaqué le deuxième acte comme le premier, toujours sur ce même rythme de grabataire sous Lexomil. Et ils se sont logiquement fait rejoindre grâce à une magnifique tête de… Van der Wiel ! Semaine après semaine, le Néerlandais accumule les bourdes - quand il ne fait pas de main, il s’offre un petit CSC - mais demeure pourtant titulaire alors que Marquinhos a été très bon à Montpellier puis à Sainté.

 

C’est bien d’aligner des clean sheets mais…

Sur la fin, deux belles actions construites conclues l’une par Pastore, l’autre par Cavani, ont permis au PSG de prendre ses aises. Mais cela reste très insuffisant, surtout quand on sait que Paris va se déplacer à Sainté, à Marseille et à Lyon lors de cette phase retour. On a du mal à imaginer comment cette équipe pourrait conserver son titre. 

En coulisse, la rumeur du retour de Leonardo devient insistante, tout comme celle de l’arrivée l’été prochain de Simeone… Maintenant, les joueurs vont-ils avoir la conscience professionnelle de redresser la situation ou vont-ils continuer d’achever Laurent Blanc à petit feu ? C’est l’un des suspenses de cette deuxième partie de saison. 

A 17h, on a eu droit à un Rennes-Sainté assez infâme, notamment de la part des Verts qui ont attendu la fin du match et un une-deux Lemoine-Van Wolfswinkel pour se créer une occasion. Avant cela, ils se sont contentés d’être sur le terrain face à une équipe bretonne pourtant privée de son meilleur atout offensif (Ntep) et avec un Toivonen qui rate tout ce qu’il veut en ce moment.

Le manque d’ambition dans le jeu de Saint-Etienne se traduit trop souvent par des matchs nuls. Après le 0-0 à Nice, le 0-0 à Rennes. Alors c’est bien d’aligner des clean sheets, mais ça ne peut pas être un objectif et ce n’est pas ça qui fait avancer. En prenant des risques, l’ASSE perdrait peut-être un match de temps en temps, mais elle en gagnerait sûrement plus, aussi. C’est un peu ça, le principe de la victoire à trois points.

 

Lyon est au-dessus

Et puis en soirée, Marseille a énormément souffert devant une équipe de Guingamp bien organisée et très talentueuse en contre, à l’image d’un Beauvue qui a fait la misère à toute la défense olympienne en général et à Fanni en particulier. Dommage qu’il rate sa grosse occase en première période, parce que tout ce qu’il a fait d’autre était parfait. 

Sankharé a ensuite touché le poteau de la tête et longtemps, l’OM a semblé sans vie, sans accélération sur les côtés, avec en symbole un Thauvin qui n’en finit plus de se chercher. Et puis la délivrance est venue comme souvent du côté droit et d’un bon centre de Djedje repris par l’autre latéral, Mendy, au second poteau. La seule faute de main de Lössl a permis à Lemina d’ouvrir la marque de la tête. 

La jolie tête de Gignac a ensuite scellé la victoire phocéenne. Le Martégal est moins en réussite qu’avant la trêve, mais il ne lâche pas, y compris dans l’implication. Et son but est finalement décisif puisque Beauvue a transformé dans les arrêts de jeu le pénalty qu’il s’était lui-même créé en provoquant la faute de Fanni, expulsé sur l’action. Ce qui signifie au passage que Marseille ira vendredi à Nice sans Fanni ni Nkoulou. Donc avec une charnière Morel-Romao, sauf si Bielsa daigne enfin offrir un peu de temps de jeu à Doria. 

Sur la forme du moment, l’OL est nettement devant ces trois équipes. Avec un bémol tout de même. Avec l’inversion du match Montpellier-Lyon en raison des inondations, l’OL a joué plus de matchs à domicile que ses rivaux. Maintenant, la prochaine journée pourrait être sacrément favorable aux Rhodaniens, qui accueilleront Metz pendant que le PSG se déplacera à Saint-Etienne et l’OM à Nice.

Pierrot