Des erreurs et une terreur

Encore marqué par d’innombrables erreurs d’arbitrage, ce week-end de Ligue 1 a démontré une nouvelle fois la toute-puissance du PSG, mais aussi la renaissance de Lille et l’absence de jeu collectif de l’OM. Tour d’horizon à la sauce Pierrot.

Ayant passé la semaine en Afrique du Sud, je n’ai évidemment pas pu faire de post hier soir, ce qui fait qu’il y a beaucoup de choses à raconter et à commenter à l’issue de cette 18e journée de notre chère Ligue 1. Je vais donc attaquer par un fait commun à la quasi-totalité des matchs de ce week-end et pousser un nouveau coup de gueule contre l’arbitrage français. Comme je le disais au CFC, on est désormais au-delà des vannes, au-delà de la rigolade. Là, le problème est abyssal et angoissant. 

Entre les buts hors-jeu, les mains sifflées ou non sifflées, les cartons rouges trop sévères, les cartons rouges oubliés, les pénos cadeaux et j’en passe, on a tout eu. Cette généralisation de l’erreur devient la norme et il faut être lucide : parti comme on est et sauf protection éhontée de la part de l’UEFA, je pense qu’il n’y aura pas d’arbitre français à l’Euro. Chez nous. Il faut que Garibian, qui est aujourd’hui retranché dans sa tour d’ivoire et ne communique qu’à coups d’auto-satisfecit, ait bien conscience de la situation. 

Comme on n’a pas le droit au classement des arbitres, c’est d’une opacité totale. Si on se fie à celui de L’Equipe, on s’aperçoit que Varela est dernier. Mais qu’on le voit quand même tous les week-ends. Pourquoi ? Franchement, je suis inquiet quand je vois des joueurs comme Armand ou Perrin, réputés pour être des pros respectueux et d’une grande droiture, commencer eux aussi à s’énerver. Que nos hommes en noir réclament d’être augmentés, soit (ils sont nettement moins payés qu’à l’étranger), mais alors qu’ils deviennent professionnels et qu’ils soient soumis à la même loi que les joueurs : t’es mauvais, tu sors. 

Donc, pêle-mêle, qu’a-t-on noté ? Eh bien la troisième victoire du LOSC d’Antonetti, pour commencer. Ce même Antonetti que beaucoup de supporters marseillais craignaient de voir arriver sur le banc de touche après Bielsa comme si c’était le dernier des derniers et qui, en trois matchs, a déjà rétabli la situation lilloise, avec une qualité de jeu intéressante et un trio d’attaque Boufal-Bauthéac-Benzia qui fonctionne très bien. 

Batshuayi ne joue que pour lui

Les matchs les plus importants, avec tous nos Européens (ou ex-Européens), avaient lieu dimanche. Bordeaux a obtenu un nul mérité face à des Angevins qui ont encore marqué sur coup de pied arrêté. On m’explique que c’est formidable, que c’est la « dalle angevine »… Alors effectivement, comparé aux moyens du club, c’est formidable. Mais désolé, je suis peut-être le seul à le dire mais je m’en fous : moi ça ne me passionne pas. 

De son côté, Monaco s’est imposé sur un penalty stupidement concédé par Polomat, au terme d’un match disputé sur une pelouse innommable, avec un état d’esprit relativement médiocre de part et d’autre et des Verts d’une pauvreté consternante dans le jeu. Il n’empêche que Carvalho aurait évidemment dû recevoir un second carton jaune pour sa faute sur Perrin et que Sainté aurait dû bénéficier d’un péno évident. En tout cas, footballistiquement ce match n’avait strictement aucun intérêt. 

Et puis Marseille ne sait toujours pas gagner au Vélodrome. La faute à un jeu collectif inexistant. L’équipe prend des risques, mais devant les mecs ne jouent pas les uns pour les autres, avec pour parfait symbole Batshuayi. Le Belge, meilleur buteur de cette équipe, a beaucoup de qualités : sa façon de s’enrouler autour du défenseur et de trouver très rapidement des positions de tir est impressionnante. Mais il ne joue que pour lui. Il doit vraiment progresser à ce niveau.

Pénible quotidien pour Trapp

En face, le Gaz a fait un match conforme à ses dernières prestations, en jouant de façon intelligente par rapport à ses moyens. Quand on a dans son effectif des types comme Ducourtioux, Le Moigne, Bréchet ou Pujol - qui ne jouait pas samedi -, c’est-à-dire de bons professionnels de Ligue 1, très expérimentés, ça suffit à faire la différence. Et c’est à contre-courant de ce jeunisme à tout crin qui est souvent l’excuse des faibles. 

Et puis on n’espérait pas grand chose de l’Olympique Lyonnais, hier soir au Parc. D’abord parce que l’OL est dans le dur, en plus d’une liste de blessés presque risible. Et puis, à voir leur extrême motivation dès le début du match, je pense que les Parisiens avaient assez peu goûté les déclarations de Jean-Michel Aulas suite à la polémique des déclarations d’Ibra en fin de saison dernière. Et quand le PSG joue vite, met de l’impact et se projette rapidement vers l’avant, il devient clairement injouable en Ligue 1. 

Le champion s’est d’ailleurs très vite mis à l’abri, avant que Trapp ne commette une nouvelle et spectaculaire erreur, redonnant un semblant de suspense à la rencontre. Trapp qui devrait se sentir nettement plus à l’aise et plus serein quand Sirigu aura fait ses valises. Parce que d’après les infos que j’ai, c’est assez pénible à vivre au quotidien pour le portier allemand et cela joue forcément sur ses prestations, même s’il est, ne l’oublions pas, le gardien de la meilleure défense de L1 et de la LDC. 

Et puis après le repos, alors que les Lyonnais espéraient peut-être revenir, Paris a remis un coup d’accélérateur et plié définitivement l’affaire. Avec au passage, la petite erreur d’arbitrage qui va bien et ce péno cadeau donné à Ibra. Alors on va sans doute lire et entendre partout dans les jours qui viennent que ce championnat est trop facile pour le PSG. Pourtant, alors qu’il éclate tout le monde en Allemagne,  personne ne dit que c’est trop facile pour le Bayern. Or, je ne crois pas que ce soit plus compliqué pour la bande à Guardiola en Bundesliga que pour celle de Blanc en Ligue 1. 

Restent les chiffres : 17 points d’avance sur le deuxième, alors qu’il reste encore un match à jouer. Ce sera à Caen, ce qui s’annonce d’ailleurs très intéressant. 

Pierrot