Doit-on se réjouir ou pleurer ?

Au vu de la triste soirée d’Europa League à laquelle nous venons (encore) d’assister, la question se pose. Si Saint-Etienne est officiellement qualifié et que l’OM n’en est plus très loin, il serait fou de se contenter du bilan des clubs français cette semaine sur la scène européenne.

Deux victoires, un nul, trois défaites. Ou si on préfère, deux qualifications, deux clubs en attente dont un à la recherche d’un petit exploit et deux éliminations. Difficile de considérer que le football français se porte bien en Europe. L’OL et Monaco se sont inclinés à domicile face à deux clubs belges que l’on peut sans mépris juger comme des seconds couteaux. 

Une nouvelle fois, les joueurs de la Principauté n’ont pas réussi à marquer le moindre but sur leur pelouse. S’ils ont tenté des choses et se sont montrés plus offensifs qu’à l’accoutumée, ils ont failli sur ce qui faisait leur force la saison passée : le réalisme. Il faut dire qu’avec Traoré et Carrillo, deux attaquants incapables de cadrer une frappe, c’est compliqué de marquer. Désormais, les Monégasques sont condamnés à un petit exploit sur la pelouse de Tottenham lors de la dernière journée pour se qualifier. Surtout, alors qu’on a beaucoup parlé des clubs portugais et russes ces dernières saisons, va-t-on bientôt devoir penser que nous sommes inférieurs à nos voisins belges ? Au vu de cette semaine, c’est une triste réalité.

La qualification, Bordeaux lui a déjà dit adieu. Les hommes de Willy Sagnol - qui prétendait en début de saison vouloir jouer toutes les compétitions - ont chuté sur la pelouse de Liverpool. Si ce n’est pas une honte en soi et si les Girondins ont livré un match plutôt honnête, ils payent leurs ratés précédents puisqu’ils n’ont pas gagné une seule de leurs cinq rencontres. Trop lents et trop tendres défensivement, ils ont chuté face à des clubs plus ou moins expérimentés. Des écuries qui ont surtout fait preuve de bien plus de niaque et d’envie. Même s’ils affirment le contraire, les Girondins n’ont pas réellement joué cette Ligue Europa et une nouvelle fois, c’est notre indice UEFA qui le paiera.

 

Marseille, seul vainqueur de la soirée

Heureusement, Sainté et l’OM nous ont quelque peu redonné le sourire. Si les Verts ont eu besoin d’un penalty pour obtenir un poussif nul sur la pelouse de Rosenborg, ils sont qualifiés et c’est peut-être là l’essentiel. Toutefois, si on passe outre le résultat, est-il normal qu’un club français comme l’ASSE souffre autant face à un adversaire sacré champion dans son pays il y a quelques jours et qui n’a plus aucun intérêt à jouer la C3 (puisque qualifié pour la prochaine Ligue des Champions) ? Sans un poteau ou une main – certes collée au corps d’Assou-Ekoto –, les coéquipiers d’Hamouma n’auraient pas ramené le moindre point de leur déplacement. Alors certes, Saint-Etienne a su se sortir d’un groupe très compliqué mais il y a évidemment encore des choses à corriger.

De leur côté, les Phocéens ont au moins réussi à glaner trois points. S’ils ont une nouvelle fois manqué cruellement d’efficacité, ils sont parvenus à s’imposer face à Groningue, qui avait pourtant répondu à l’ouverture du score de l’homme en forme du moment Georges-Kevin Nkoudou suite à une mauvaise relance de Mendy. Batshuayi, qui a énormément vendangé, s’est rattrapé en fin de match en donnant la victoire à son équipe. Le seul succès français de la soirée, donc. Il permet aux Olympiens de garder leur destin en main dans ce groupe F.

Si certains vont donc se réjouir un peu vite des qualifications ou billets potentiels pour le tour suivant de nos chers représentants, les autres pleureront la dégradation d’un football français qui nous déçoit un peu plus chaque année. Il ne vous reste plus qu’à choisir votre camp.

 

Pierrot