En rouge et noir

Comme en 2009, la finale de la Coupe de France sera donc un hommage à Jeanne Mas, sur fond de biniou.

Il y aura donc deux clubs bretons en finale de la Coupe de France. Deux clubs bretons qui auront vécu des scénarios différents pour se qualifier lors de ces demi-finales. Mardi, Rennes s'est imposé face à Angers beaucoup plus facilement que le score ne l'indique. Les Angevins avaient ouvert la marque très rapidement mais derrière, Rennes a vraiment déroulé le jeu qu'on lui connaît depuis quelques semaines, sous l'impulsion notamment de Doucouré, en gros progrès, et du Polonais Grosicki qui semble être une bonne pioche.

Toivonen s'est montré moins adroit qu'à l'accoutumée, rendant le score de 3-2 très flatteur pour le SCO, même s'il représente la juste récompense d'une jolie saison, tant en Coupe qu'en Ligue 2. Du coup, tout le peuple breton rêvait d'une finale 100% biniou au Stade de France. La tâche s'annonçait compliquée pour une équipe de Guingamp grippée sur le plan offensif depuis plusieurs semaines, face à une équipe de Monaco qui avait fait de la Coupe un objectif majeur.

Mais le miracle a eu lieu. Enfin, on peut penser qu'un miracle a eu lieu si on n'a pas vu le match. Parce qu'après une première mi-temps assez équilibrée pendant laquelle l'En-Avant a vite pris l'avantage par Yatabaré avant que Berbatov n'égalise avant la pause, Guingamp a pris le contrôle des opérations après le repos. L'ASM a alors complètement disparu de la circulation et c'était déjà un petit miracle qu'elle obtienne le droit de jouer la prolongation.

Entre le tir sur la barre de Douniama, la tête de Beauvue repoussée par Germain sur sa ligne et les multiples tentatives de Yatabaré, Guingamp a clairement dominé les débats et on pouvait penser que les hommes de Gourvennec avaient laissé passer leur chance. Mais, même si l'En-Avant n'a pas beaucoup d'armes offensives, il possède des joueurs qui vont très vite sur les côtés, entre Langil, Beauvue, Douniama et Atik. Et ils ont fini par user une défense asémiste qui est quand même d'une lourdeur sans nom.

Ranieri bashing ?

Et c'est justement Atik qui a permis à son équipe de reprendre l'avantage à la 112e minute, avant que Yatabaré ne libère le Roudourou en inscrivant le but du 3-1 au terme d'un contre rondement mené. C'est une énorme performance pour cette si sympathique équipe de Guingamp. Quand je dis sympathique, ça n'a rien de péjoratif.

Quand tu es le petit dans une compétition, tu devient forcément sympathique. Mais là, ça n'a rien à voir. Quand on est allé là-bas avec Canal pour "Guingamp capitale", on a vraiment vécu un moment très agréable sur le plan humain. C'est une belle récompense pour l'équipe des Cotes d'Armor, même si leur place en Ligue 1 n'est pas encore totalement sécurisée.

En revanche, c'est une terrible désillusion pour Monaco, qui était devenu le favori objectif vu les équipes encore en lice. Je vais voir si, sur les réseaux sociaux ou dans la presse, on va avoir droit au "Ranieri bashing" comme on a eu droit au "Blanc bashing" depuis huit jours. Dans les deux cas, ça me paraît totalement inopportun.

Hier soir, Monaco alignait des joueurs de très haut niveau, achetés très chers. Et je trouve que c'est une curieuse mode en France de tout mettre sur le dos de l'entraîneur. Quand les stars ou les supposées stars se prennent en charge, elles font la différence elles-mêmes...


Pierrot