Explosions en tout genre

Les journées de Ligue 1 se suivent et se ressemblent pour l'OM. Les Phocéens ont enchaîné une quatrième défaite consécutive en Ligue 1 face à Lorient au Vélodrome (3-5). De son côté, malgré l'élimination en Ligue des Champions, le PSG a fait exploser Lille (6-1) et met la pression sur Lyon. En bas, Caen et Toulouse vont continuer de regarder dans le rétroviseur.

Avant les rencontres de Monaco et Lyon dimanche, Marseille et Paris jouaient en ouverture de cette 34ème journée. Deux matchs fertiles en buts mais des résultats complètement différents. Vendredi soir, l'OM a livré une prestation invraisemblable contre Lorient. Invraisemblable parce que j'étais convaincu que les Marseillais, qui n'avaient pas gagné depuis fin janvier au Vélodrome, allaient réagir contre des Merlus très mal en point. Seulement, au bout d'un petit quart d'heure de jeu, ils étaient déjà menés 2-0. Ils ont livré une première période absolument horrible. Incapables d'effectuer deux bonnes passes de suite, les Olympiens - excepté Payet - ne voulaient pas du ballon. 

En deuxième période, ils ont enfin réussi à faire mal à Lorient en insistant sur les points faibles récurrents des Bretons : les coups de pied arrêtés et les ballons par-dessus la défense. Cette tactique a permis aux Olympiens de revenir à 2-2 puis 3-3. Mais Bielsa avait décidé de tenter le tout pour le tout en sortant Lemina pour faire jouer Batshuayi. L'Argentin nous a fait une équipe digne de FIFA 15. Sauf que dans FIFA, lorsqu'on joue avec cinq attaquants, on se prend une rouste. Bielsa et l'OM n'y ont pas échappé.

Alors évidemment, tout n'est pas de la faute de l'entraîneur. Il y a trop de joueurs qui ont été en dessous de tout contre Lorient. Que ce soit Nkoulou, Gignac, Thauvin ou Ocampos, ils ont tous été faibles. Mais quand on est autant friable sur le plan défensif, je ne comprends pas qu'on appauvrisse davantage ce secteur. C'est louable de vouloir gagner par l'attaque mais on voit bien que, même face à une équipe qui joue sa survie en Ligue 1, ça ne passe pas. L'OM en a quand même pris cinq à la maison.

 

Des champions d'automne devenus chèvres ?

Au fil des semaines, le bilan de Bielsa s'alourdit. Les Phocéens sont seizièmes de Ligue 1 en 2015. Alors je veux bien qu'on dise que c'est uniquement à cause des acteurs. Mais personne ne trouve bizarre que ces joueurs, aujourd'hui considérés comme des chèvres, aient réussi à être champions d'automne ? Si, à un moment donné, ils n'ont pas pu se soumettre aux exigences de l'entraîneur, il fallait peut-être que l'Argentin mette de l'eau dans son vin et qu'il s'adapte à son groupe. C'est aussi ça la force d'un entraîneur. De manière générale, je trouve qu'on fait preuve d'une clémence absolument incroyable avec lui. C'est vrai qu'on voit du spectacle avec Marseille mais j'aimerais bien savoir quel supporter de l'OM est content du spectacle auquel il assiste au Vélodrome depuis trois mois...

De son côté, le club entraîné par Sylvain Ripoll a fait preuve de ressources insoupçonnées. J'ai particulièrement apprécié l'attitude des Merlus, qui ont continué à jouer au football alors même que les Marseillais étaient revenus au score. Ils ont été bien aidés par un Jordan Ayew qui fait une saison magnifique dans un contexte difficile, puisqu'il est dans une équipe qui joue le maintien. À lui tout seul ou presque, il a tué la défense marseillaise. C'est un joueur qui n'a pas fait grand bruit sur le marché des transferts alors que certaines écuries aux ambitions plus élevées auraient dû se pencher sur son cas. Etant personnellement très attaché à la famille Ayew, je suis content de sa prestation. Comme je suis aussi toujours satisfait du don de soi absolu dont fait preuve son frère André sous le maillot olympien. 

 

Quand Motta va, tout va...

Samedi après-midi, on attendait le PSG au tournant contre Lille. Depuis plusieurs semaines, le LOSC était en très net regain de forme. Seulement, là aussi, nous avons eu le droit à un match absolument ahurissant. Après cinq minutes de jeu, Paris menait déjà 2-0. Lille, qui jouait plutôt bien au football ces derniers temps, a oublié tous ses principes défensifs sur un match. C'est quand même extraordinaire de laisser Thiago Motta complètement libre de ses déplacements. L'Italien s'est littéralement baladé et a parfaitement pu assurer ses transmissions pendant 70 minutes, avant de laisser sa place à Rabiot.

Pour la première fois de la saison ou presque - et c'est particulièrement intéressant - les Parisiens ont joué en fonction du duo Cavani-Lavezzi. Ils ont développé un jeu basé sur des transmissions longues et rapides. C'est une configuration qui convient parfaitement à l'Argentin et à l'Uruguayen, respectivement auteurs d'un triplé et d'un doublé. Maintenant, est-ce que c'était un choix tactique ou une opportunité liée à la faillite nordiste ? C'est difficile à dire.

Quoi qu'il en soit, on s'aperçoit que la présence de Motta modifie tout dans cette équipe du PSG. Son influence est capitale et surtout, il permet à Verratti, Matuidi et Pastore devant lui, d'avoir un rendement complètement différent. Alors dire que la seule présence de Motta aurait changé la face des deux matchs contre Barcelone serait évidemment malhonnête. En tout cas au moins autant que de balayer d'un revers de la main les très nombreuses absences qu'a eu à déplorer le PSG face au Barça au match aller, et même au match retour.

 

Toulouse et Caen regardent derrière

Dans la soirée, Bordeaux pouvait profiter du faux pas de l'OM pour revenir à hauteur au classement. Mais les Girondins ne se sont pas imposés face à Metz. Ils ont raté leur première mi-temps et sont logiquement rentrés au vestiaire avec un but de retard, inscrit par Sassi. Les hommes de Willy Sagnol ont beaucoup poussé en seconde période et ont été récompensés par un coup-franc de Khazri. Par ailleurs, il faudra un jour m'expliquer comment le retourné acrobatique de Saivet a pu être refusé. Ce match nul n'arrange bien sûr personne. Pour les Messins, un point ne suffit pas car même s'ils ont un match en moins à jouer contre le PSG, ils sont toujours à huit points du premier non-reléguable.

Contrairement à la semaine passée, les Bastiais ont fait une très bonne opération à Evian. Pourtant menés au score, les Corses ont su réagir grâce à un joli doublé de Kamano, jeune attaquant très intéressant. Les protégés de Ghislain Printant ont peut-être enfin digéré la finale de la Coupe de la Ligue, qui leur a coûté beaucoup de points avant et après le match. En tout cas, ils prennent un peu d'air grâce à cette victoire, même s'ils n'ont que trois points d'avance sur Evian.

Toulouse a aussi raté l'occasion de prendre vraiment ses distances avec cette lutte pour le maintien. Les Violets ont été rejoints en fin de match suite à un but de Bedoya sur une énième bourde de Ahamada. Si le Téfécé a la chance de se maintenir en Ligue 1, il faudra quand même songer d'urgence à changer de gardien.

Enfin, en l'emportant à Caen - toujours concerné par la lutte pour le maintien - les Guingampais se sont définitivement mis à l'abri grâce à un but heureux de Beauvue et une autre réalisation de Marveaux. C'est une belle récompense pour un club qui a joué beaucoup plus de matchs que ses concurrents directs pour la survie en Ligue 1.

 

Pierrot