France-Australie : l'analyse

Match amical, adversaire en bois et score de tennis. Oui OK... Mais si pour une fois, on se réjouissait d'une victoire des Bleus, sans chercher plus loin ?

C'est un fait entendu : on a joué contre des plots hier soir, au Stade de France. Ca faisait longtemps qu'on n'avait pas vu une sélection nationale aussi faible que cette équipe d'Australie. Je pense que la CFA du FC Nantes aurait pu rivaliser, tant au niveau des couleurs que sur le plan du jeu. Alors s'imposer largement face à une formation aussi limitée, c'est la moindre des choses. Après, on ne peut pas imputer aux Bleus la faiblesse de leur adversaire. 

C'est marrant, parce que dès l'entrée sur le terrain, les mecs étaient souriants, ils s'encourageaient, on avait l'impression que ce match avait été bien préparé, avec cette histoire de points et de tête de série. Il ne faut pas oublier que, si la France est aujourd'hui si loin au classement FIFA, c'est parce qu'elle n'a pas eu de bons résultats en phase finale de grande compétition, mais aussi parce que, depuis un an et demi, elle a joué trois fois l'Espagne, le Brésil, l'Uruguay, l'Italie et l'Allemagne.

Si on faisait deux matchs par an face à des équipes du niveau de l'Australie, on serait sans doute mieux classé. C'est une question de choix, qui peut d'ailleurs être mis aujourd'hui en corrélation avec la renégociation des droits TV de l'équipe de France. C'est bien de voir les Bleus planter six buts dans un match, mais c'est quand même plus intéressant pour le téléspectateur de les voir face à une véritable équipe que contre "ça". Mais revenons à ce match, que l'EdF a entamé avec beaucoup de disponibilité, de simplicité et surtout en jouant plus vite que d'habitude.

Pauvre but et maître à jouer

Pogba et Cabaye au milieu, Ribéry et Evra à gauche, ou encore Debuchy et Rémy à droite sont des joueurs qui donnent de la vitesse au ballon. C'est exactement ce qui manquait ces derniers mois à l'équipe de France. Et c'est cette vitesse qui a permis aux hommes de Deschamps de mettre très rapidement hors de position la défense en carton des Socceroos.

Au-delà du score et de la faiblesse de l'opposition, ce match aura au moins permis de confirmer certaines impressions. Celle qui fait de Ribéry le maître à jouer de cette équipe ou de Giroud un titulaire crédible devant. Ce match aura aussi permis à Benzema de marquer - on va peut-être enfin lui parler d'autre chose - même si, évidemment, ce n'est pas un pauvre but contre l'Australie qui va changer l'essence même du problème.

Maintenant, il va falloir sortir la même intensité mardi face à la Finlande et se concentrer ensuite sur le barrage, ce qui sera une autre paire de manches. Mais en attendant, voilà : ce soir face à un adversaire très limité, on lui demandait quoi à l'équipe de France ? De marquer un max de buts, de bien jouer au foot et de retrouver un peu de confiance. Mission accomplie.

Pierrot