France-Danemark : notes et analyse

Un seul papier suffira pour ce France-Danemark à deux visages. Pour résumer les choses, on dira que les Bleus ont assuré l’essentiel en première période avant de s’éteindre presque totalement en seconde.

RUFFIER (6) : Rien à faire avant le repos. Après, il y a eu un arrêt un peu compliqué sur la frappe d’Eriksen et un autre plus spectaculaire dans la foulée sur celle de Bendtner. Bref, rien d’insurmontable pour un gardien de ce niveau.

JALLET (5) : Je n’ai pas été convaincu par sa prestation, surtout au niveau défensif. Il a pas mal souffert sur son côté notamment lorsque Bendtner venait rôder dans sa zone, avant de se blesser à l’épaule en fin de match. Une mauvaise soirée pour le Lyonnais.

VARANE (6) : Un match tranquille pour le Madrilène. Il s’est évertué à jouer avec sérieux et proprement.

KOSCIELNY (5) : Il est fautif sur le ballon qui termine sur le poteau puisqu’il se fait lober. Le reste du temps, on ne l’a pas trop vu, même s’il a eu une petite occasion en fin de match. Un match moyen.

TREMOULINAS (6) : Une bonne première mi-temps, pendant laquelle il a bien animé son flanc et délivré quelques centres intéressants. Une seconde période plus compliquée, avec quelques fautes par excès d’engagement. Impossible de le comparer à Evra sur ces deux matchs très différents, mais une chose est sûre : il est aujourd’hui une alternative crédible au Turinois.

SCHNEIDERLIN (6) : J’ai ajouté un point sous la pression de Duga et Pedros. C’est mieux, mais je trouve ça encore un peu lisse, un peu gentillet. On n’a pas encore vu en équipe de France le Schneiderlin de Premier League. Il reste bien élevé avec la balle mais bon, il progresse et n’a pas commis de faute majeure.

KONDOGBIA (7) : Après une mise en route un peu délicate, il est vraiment monté en puissance, témoin cette belle action personnelle sur laquelle il offre le but à Giroud. Il a confirmé sa grande forme avec Monaco depuis plusieurs semaines.

PAYET (7) : L’équipe était construite sur mesure pour lui et il a répondu présent. Il a touché énormément de ballons et sa passe à une touche pour Griezmann sur le premier but est remarquable. Il est élégant, beau à voir jouer, il a l’air heureux et épanoui bref, une belle prestation pour son 28e anniversaire. 

GRIEZMANN (5) : Je l’ai trouvé un peu en retrait par rapport aux autres attaquants, même s’il est dans le coup du premier but. Il a fait beaucoup d’efforts pour les autres. Or, il faudrait justement qu’il soit parfois un peu plus égoïste sur certains ballons. 

LACAZETTE (7) : Très mal accueilli par quelques débiles qui m’avaient l’air plus nombreux que ce que tous ceux qui ont voulu minimiser cet accueil avaient prédit. Il a répondu de la meilleure des façons en marquant et en se montrant dangereux à plusieurs occasions, le tout sans jouer à son vrai poste. Ce premier but en sélection est une belle récompense pour la qualité de sa saison avec l’OL. 

GIROUD (7) : Son travail de déviation a été précieux et il inscrit un joli but. Alors c’est sûr, il y a plus « brillant » que lui. Mais à chaque fois qu’on fait appel à ses services, il répond présent, sans état d’âme. Et puis il fait jouer ses coéquipiers et pour ça aussi, il mérite d’être félicité. 

Chez les remplaçants, j’ai noté la nouvelle bonne rentrée de Fekir et c’est à peu près tout.

 

Analyse

Il y a eu deux mi-temps très distinctes dans ce match. La première, intéressante, avec beaucoup d’allant offensif et quatre joueurs devant qui cherchaient à combiner, deux jolis buts, des actions bien construites. La seconde, presque sans intérêt, sans occasion hormis le pénalty qu’aurait dû obtenir Lacazette et faiblard dans la construction. Au final, ça nous a donné un match amical assez moyen face à un adversaire de niveau modeste, dont on ne retiendra que les points positifs de la première période.

Le but du jeu n’est pas de comparer un match contre le Brésil et un autre contre le Danemark, bien trop différents ne serait-ce que du point de vue du niveau de ces deux adversaires. On était plus dans la revue d’effectif que dans des essais de joueurs à proprement parler. Ce qu’on sait après ces deux rencontres, c’est qu’il y a toujours des places à prendre sur les deux postes de latéraux - même si Debuchy me paraît au-dessus de la concurrence à droite - et que Kondogbia, s’il se maintient à ce niveau, peut être une alternative à Schneiderlin ou Matuidi.

Et puis devant, on a pu constater que les Bleus étaient capables de produire un jeu collectif séduisant et efficace sans le talent individuel d’un Benzema, qui ne s’exprime pas sous le maillot bleu au niveau qu’on le souhaiterait. Des matchs comme celui-ci où, comme le veut l’expression, il y a « à boire et à manger », on va s’en taper encore quelques-uns d’ici à l’Euro. Ça ne nous promet pas de soirée bien passionnante, il va falloir s’y faire.

Mais c’est le lot de tous les pays organisateurs d’une grande compétition. Il faut donc en passer par là. Et puis bon, d’un autre côté ce n’est pas le moment d’être en forme pour les Bleus. En revanche, le même match dans douze mois aura une autre intensité et prendra une toute autre importance…

Pierrot