France-Géorgie : l'analyse

Victoire convaincante face à la Géorgie, match nul de l'Espagne... Hormis le récurrent problème Benzema, tout va pour le mieux pour les Bleus avant le choc de mardi.

Je vais finir par croire que Didier Deschamps est quand même né sous une sacrée bonne étoile. Parce que battre la Géorgie par deux buts d'écart au Stade de France, c'est la moindre des choses. Mais que dans le même temps l'Espagne soit tenue en échec à domicile par la Finlande, c'est le signe que tous les voyants sont au vert. C'est vrai qu'au vu du match, le nul obtenu par les Finlandais relève vraiment du miracle.

Mais c'est aussi une façon de rappeler qu'après ce que tout le monde considère comme la finale du groupe mardi, il restera trois rencontres à jouer et qu'elles ne sont gagnées d'avance. On peut toujours perdre des points en dominant un match de bout en bout et en se faisant surprendre par un but un peu zarbi en ne concédant qu'une seule occasion en 90 minutes. Ce n'est pas toujours amusant de disputer ce genre de rencontre et l'essentiel reste de les gagner.

Et ce constat vaut aussi pour les Bleus. Jusqu'à l'ouverture du score de Giroud, le jeu de l'équipe de France a manqué à la fois de pressing, de rythme et, comme Deschamps l'a dit, de déplacements entre les lignes. Ribéry et Valbuena étaient un peu trop excentrés sur leur côté respectif, tout ça manquait de liant et la transmission du ballon était vraiment trop tranquille pour mettre la défense géorgienne hors de position.

Varane et Pogba vont compter

C'est finalement arrivé sur un coup de pied arrêté. Et puis le très joli but de Valbuena en début de seconde période a donné de l'air aux Bleus, qui ont maintenu le pied sur l'accélérateur jusqu'au but de Ribéry. Après, il y a eu un peu de relâchement et Deschamps a décidé de faire du coaching - en sortant notamment Matuidi à 25 minutes de la fin, ce qui ne lui arrive jamais avec le PSG - pour commencer à préparer le match de mardi.

Individuellement, il y a pas mal de satisfactions. Dans un match assez facile pour eux, Varane et Pogba ont été très prometteurs. D'ici à ce qu'on les revoit tous les deux dans trois jours face à l'Espagne, il y a peut-être de la marge, mais en tout état de cause ces deux-là vont désormais compter dans la rotation de Didier. Après, il y a des constantes : match après match en EdF, Valbuena est décisif et réalise sans conteste la meilleure saison de sa carrière en sélection.

Et puis il y a Giroud qui, sans être transcendant, marque des buts importants. Celui en Espagne, le premier hier soir devant la Géorgie… Ce sont des buts qui comptent et qui contrastent avec ceux que ne marque pas Benzema. Ca fait longtemps que j'actionne la sonnette d'alarme quant aux prestations du Madrilène, et que tout le monde me tombe dessus en mode "Ferme-là Pierrot, tu ne vois donc pas que c'est le meilleur ?"

La Roja, bête blessée

Là, on est à plus de dix matchs sans marquer en sélection. Mais au-delà de ça, il y a son attitude. Autant parfois il m'a exaspéré par sa nonchalance, autant hier soir sur quelques gros plans, j'ai senti un peu de détresse dans son regard. Je pense qu'il prenait conscience que rien ne va pour lui en ce moment. Avant, il pouvait se réfugier derrière le fait qu'il était bon avec le Real. Aujourd'hui, il n'est plus titulaire à Madrid et demeure aux abonnés absents en sélection. Il a clairement besoin d'un gros travail physique, car on voit bien qu'il manque de jus et n'a plus cette accélération qui lui permettait de faire la différence auparavant. Il aurait peut-être besoin aussi de changer de club…

Voilà, maintenant tout le monde attend le choc de mardi, avec ces deux points d'avance qui étaient loin d'être prévus au départ. Il est évident que l'Espagne ne pourra pas se contenter d'un nul, qui laisserait la France prendre une vraie option sur la qualification. On risque donc d'avoir droit à une Roja en configuration "bête blessée" comme l'était le Barça il y a dix jours face au Milan.

Maintenant, n'oublions pas que beaucoup de joueurs espagnols sont encore concernés par la Ligue des Champions. Peut-être que cette soif de victoires qui les anime depuis 5 ans sera un peu amoindrie - de façon assez momentanée -, ce qui doit permettre aux Bleus de saisir leur chance mardi. Un succès serait synonyme d'un confort aussi inestimable qu'imprévu. Et d'un ticket pour le Brésil quasiment dans la poche…


Pierrot