France-Portugal : l'analyse

Un jeu en progression, des individualités fortes qui confirment, de l'enthousiasme : ces Bleus-là commencent vraiment à me plaire...

C’était donc samedi soir le troisième match des Bleus depuis la Coupe du Monde. Et autant je n’avais rien vu de bien nouveau sous le soleil du Brésil, autant ces trois premiers matchs amicaux sont assez prometteurs. Déjà, l’équipe bouge très peu - ce qui est clairement la volonté de Deschamps -, des automatismes commencent donc à se créer. Et puis, l’exploitation du jeu sur les côtés devient très intéressante. 

Le sélectionneur des Bleus avait pourtant opté pour un 4-4-2, avec Valbuena derrière le duo Benzema-Griezmann en pointe. Un système offensif plutôt axial à la base. Mais avec l’activité d’Evra et les plongées de Matuidi à gauche, et le bel apport de Sagna dans l’autre couloir, les Bleus ont parfaitement utilisé les côtés. D’ailleurs, le premier but est consécutif à une frappe repoussée de Sagna et le second vient d’un déboulé d’Evra.

J’entends très souvent parler de l’apport offensif des latéraux et la plupart du temps, je ne vois rien. Cette fois, il a été évident et même si le Mancunien et le Turinois n’ont pas toujours été précis dans la dernière passe, ils ont au moins profité des espaces et de l’apathie d’une équipe portugaise globalement décevante, pour ne pas dire affligeante en première période.

 

Le Benzema qu’on attend

Ce qu’on constate également de façon de plus en plus récurrente, c’est l’énorme impact de Varane dans l’articulation du jeu défensif mais aussi dans la première relance de l’EdF. C’est d’autant plus remarquable qu’il est peu utilisé au Real. Mais bon, il a une telle maîtrise, une telle vitesse et une telle facilité technique pour un joueur de son gabarit que, si les blessures le laissent tranquille, il est parti pour un très long bail avec les Bleus. 

Devant lui, Pogba possède lui aussi un potentiel assez monstrueux, sur lequel le sélectionneur est d’ailleurs revenu. Alors bien sûr, il doit au plus vite gommer ses excès de gourmandise au milieu, mais il est évident qu’il est également capable de faire de grandes choses. Et puis, on a eu droit au Benzema qu’on attend, à la fois buteur et passeur. Avec une attitude vraiment concernée.

On peut penser que, mardi en Arménie, on aura l’occasion de voir à l’oeuvre les autres joueurs de ce groupe France. On verra alors lesquels sont susceptibles d’intégrer de façon durable la hiérarchie qui est en train de s’établir de façon très nette dans cette équipe de France. 

Pierrot