Gourvennec plus ultra

D’abord dominé puis mené au score, Guingamp a profité du dégoupillage des Ukrainiens pour remporter ce match et conserver toutes ses chances avant le retour.

On a assisté à un match assez hallucinant hier soir, à Roudourou. Hallucinant parce que, déjà, l’En Avant de Guingamp , 8e de Ligue 1, qui bat le Dynamo Kiev, leader incontesté du championnat ukrainien, ce n’est pas ordinaire. Et puis il faut bien avouer que le scénario de ce match a été assez étonnant. Voire improbable. Car jusqu’à l’expulsion totalement débile de Yarmolenko, les Ukrainiens faisaient preuve d’une maturité nettement supérieure aux Bretons.

Un quadrillage du terrain absolument impeccable, un but d’école, tout semblait tellement facile pour les hommes de Rebrov que je ne m’explique pas ce pétage de plomb dans le dernier quart d’heure de la première mi-temps. L’expulsion de Yarmolenko pour ce tacle sur Sankharé est tout à fait justifiée. Celle de Balhanda, moins de trois minutes après l’entrée en jeu de l’ancien Montpelliérain, me paraît assez sévère car son geste n’est rien d’autre qu’un petit coup de pied, voire un grand croc-en-jambe. Un jaune aurait suffi.

En revanche, d’autres joueurs ukrainiens auraient pu ne pas finir le match. Bref, toujours est-il qu’à neuf contre onze, ça devient compliqué pour n’importe quelle équipe - on l’a vu avec le PSG le week-end dernier. Tu peux tenir vingt minutes en défendant à deux lignes de quatre, mais à un moment donné, l’adversaire passe sur les côtés et tu finis par céder. Le premier centre guingampais de qualité fait ficelle, le premier coup de pied arrêté en surnombre fait ficelle…

Gourvennec et l’or massif

Pendant le match, j’ai tweeté que Gourvennec était un génie. Alors ce n’est peut-être pas un génie parce qu’il a gagné ce match à onze contre neuf, mais ça l’est pour l’ensemble de la saison de l’EAG. Quand, en double supériorité numérique, il fait entrer Giresse, quatre minutes plus tard, le fils d’Alain délivre une passe décisive pour Beauvue. Même topo avec Diallo, buteur sur corner une minute après son entrée en jeu. 

Il y a deux solutions : soit c’est la saison de Gourvennec et tout ce que le manager guingampais touche, il le transforme en or massif sans vraiment savoir pourquoi. Soit il a un flair, une connaissance de son groupe et une lecture du jeu hors du commun. Il y a forcément un peu des deux, mais beaucoup de la seconde option à mon humble avis. 

Alors évidemment, avec un seul but d’avance et des Ukrainiens qui ne referont pas les mêmes erreurs deux fois de suite, ça s’annonce compliqué la semaine prochaine. Mais bon, Yarmolenko et Belhanda ne seront pas là et Mandanne comme Beauvue auront fatalement des situations de contre intéressantes à gérer. L’En-Avant n’a pas un gros matelas, mais il a une petite couette d’avance. C’est toujours ça…  

Pierrot