L'Espagne à la casa

Journée historique au Brésil : le tenant du titre a sombré face au Chili et se retrouve éliminé dès la fin de son deuxième match. Cette compète est dingue…

Elle est quand même vraiment sympa cette Coupe du Monde. Je me suis installé dans la loge du Grand Journal pour mater Australie - Pays-Bas sans une énorme motivation, je vous l’avoue. A l’arrivée, j’ai vu un match épatant grâce aux Australiens, qui ont joué avec intelligence et un engagement physique de bon aloi. Les Socceroos ont ainsi posé d’énormes problèmes à des Néerlandais qui se sont peut-être vus trop beaux après la magnifique ouverture du score de Robben. 

Car quelques secondes plus tard, Cahill a égalisé d’une splendide volée sous la barre. Derrière, les Bataves ont eu toutes les peines du monde à s’extirper du milieu australien et comme il n’y a pas qu’en France qu’on siffle des pénos bidons, les joueurs des antipodes ont repris l’avantage sur un cas typique comme on en voit tous les week-ends en Ligue 1. Avec la même réflexion : comment le défenseur, qui se trouve à deux mètres du centreur, peut-il retirer sa main en une fraction de seconde ? Ne cherchez pas, c’est impossible.

Il a fallu un mauvais alignement de la défense australienne pour que Van Persie permette aux Pays-Bas de revenir au score, avant que Depay ne profite d’une erreur de Ryan pour redonner l’avantage aux Oranje. Mais vraiment, la prestation australienne mérite toutes les éloges. Malheureusement, elle passera au second plan après le coup de tonnerre de la soirée.

Car oui, l’Espagne est sortie de cette Coupe du Monde dès la fin de son deuxième match de poule. Pour trouver trace d’une telle déconvenue, il faut évidemment remonter aux Bleus de 2002. Et encore, eux étaient toujours en vie avant le troisième match. Il faut dire que l’Espagne a quand même encaissé sept buts en deux rencontres. Et leur défaite d’hier soir contre le Chili ne souffre aucune contestation. 

La plus fun depuis longtemps

Jamais le jeu espagnol n'a permis de déstabiliser l'organisation chilienne et ni d’atténuer leur agressivité sur le porteur du ballon. Le rythme espagnol était tellement faible, il y avait tellement peu de courses, une utilisation inexistante des latéraux - je n'ai pas reconnu jordi Alba - que les Chiliens ne se sont jamais usés physiquement. C'était presque trop facile de contrôler cette équipe sans jus, sans force et sans inspiration. 

Finalement, là où le Chili a été le plus impressionnant, c’est sur ses buts. Après la passe en retrait de Xabi Alonso interceptée par Vidal, l'enchaînement est juste parfait. Et sur le second but, une nouvelle fois Casillas n’y est pas. L'Espagne est donc éliminée après deux matchs et Del Bosque est mort avec ses soldats, ceux qui lui ont fait remporter tant de victoires.

En remplaçant Piqué par Martinez et Xavi par Pedro, le sélectionneur espagnol n’a pas suffisamment modifié l’équipe humiliée par les Pays-Bas vendredi dernier. On n'a pas vu Mata, on n'a pas vu Fabregas, Isco est resté à Madrid et Negredo à Manchester. Quant à Diego Costa, c'est un bide complet !

Voilà, le Chili et les Pays-Bas déjà qualifiés, l'Espagne éliminée… A mon avis, cette Coupe du Monde n'est pas loin de devenir le cauchemar des pronostiqueurs, mais elle est aussi la plus fun qu'on ait vue depuis de nombreuses années…

 

 

Pierrot