L'heure des comptes

Balayé 4-0 sur l'ensemble des deux matchs par la Real Sociedad, l'OL ne jouera pas la Ligue des Champions après un été très mal géré. Merci qui ? Merci Jean-Mi !

J'avoue : j'ai été un petit peu sidéré par les mots de Jean-Michel Aulas avant ce match retour à Saint-Sébastien. Toujours un peu provocateur, le président lyonnais a parlé d'exploit, a dit que ceux qui se réjouissaient de la défaite de Lyon à l'aller auraient l'air malin… Déjà, je ne pense pas que quelqu'un en France soit assez stupide pour se réjouir de n'avoir que deux équipes en Ligue des Champions au lieu de trois.

Et puis à mon avis, ce goût immodéré de la provocation cache en réalité un grand désarroi chez le big boss lyonnais. Ce désarroi qui était aussi celui de l'OL, dominé de la tête et des épaules sur la pelouse d'Anoeta plus encore qu'à l'aller à Gerland, par une équipe de la Real Sociedad au jeu infiniment plus abouti.

Les Lyonnais ont fait preuve d'une impuissance qu'on peut qualifier de préoccupante voire d'angoissante, face à une équipe qui était encore en D2 espagnole il y a trois ans, qui est quand même très, très loin du niveau des meilleurs clubs espagnols et qui est en proie à des difficultés financières bien supérieures à celles de l'OL. Ironie du sort, le meilleur Français sur l'ensemble des deux matchs était dans les rangs espagnols. Consternant.

Tout faux, JMA !

Je ne peux m'empêcher de penser que cette élimination sans la moindre contestation est un signe de très mauvaise santé pour le football français, qui va se voiler la face dans les années à venir en se gargarisant des résultats européens de Paris et de Monaco, ou critiquer l'argent coulant à flot chez les deux superpuissances de Ligue 1.

Le problème en l'espèce, c'est que l'heure du premier bilan pour Jean-Michel Aulas sonne dès cette fin de mois d'août. Et que dire, si ce n'est que JMA a eu tout faux. Lorsqu'on voit l'affligeante prestation offensive de son équipe sur les deux matches contre les Basques, on ne peut s'empêcher de penser que se passer de Gomis et de Briand - voire de Mvuemba au milieu -, c'était se tirer plusieurs balles dans le pied. Sachant que les pieds lyonnais ne sont plus aussi résistants qu'avant...

Alors ne vous inquiétez pas : dès demain, le président rhodanien va nous dire que c'est l'énième qualification européenne consécutive de son club et que de toute façon, la Ligue des Champions n'était pas intégrée au budget prévisionnel - les deux informations étant certainement exactes. Mais il n'en reste pas moins que cela fait deux années de suite que l'OL ne participe pas à la plus prestigieuse compétition européenne, où elle avait l'habitude, sinon de briller, tout du moins de toujours franchir avec beaucoup d'élégance le premier tour.

Onde de choc

Aujourd'hui, ceux qui sont intéressés par des joueurs lyonnais lors de cette fin de mercato vont se positionner avec des propositions à la baisse, qu'il sera difficile pour Lyon de refuser. Car l'ancien champion de France va désormais devoir alléger une masse salariale qui n'est plus en rapport avec les ambitions et le programme de l'équipe cette saison.

Encore une fois, je pense que tout ça a été mal négocié. Il fallait garder toutes ses forces vives pour passer ces deux tours préliminaires et essayer de vendre des joueurs après, lors des derniers jours du mercato. La victoire 4-0 contre une équipe de Nice amoindrie et le 3-1 face à des Sochaliens qui joueront sans doute le maintien cette saison, a certainement bercé d'illusions cet OL rajeuni de force.

Des illusions qui n'avaient pourtant pas lieu d'être. Aujourd'hui, Lyon est clairement rentré dans le rang au niveau européen. Maintenant, il va falloir voir si l'onde de choc de cette élimination assez violente ne va pas également être ressentie à l'intérieur de nos frontières…

Pierrot