L'OL déconne, l'OM recolle

Lyon perd deux points chez lui face à la lanterne rouge, Marseille gagne à Bastia dans un stade vide mais animé. Décidément, cette Ligue 1 est imprévisible...

La première impression que j'ai eue en voyant les matchs de 19h, c'est la faiblesse d'ensemble. Mais bon, on arrive à la fin des matchs allers, il fait froid, c'est une journée en milieu de semaine… Ce n'est simple pour personne. Et ça ne l'a pas été pour l'Olympique Lyonnais. Si depuis le début de la saison Grenier et Gourcuff n'ont joué que 11 minutes ensemble, l'un ou l'autre était presque tout le temps sur la pelouse.

Du coup, sans l'un ni l'autre, ça se complique pour l'OL. Car le jeu lyonnais se passe au milieu. C'est là que les Gones font la différence grâce à une organisation qui leur permet de récupérer le ballon, d'organiser le jeu offensif et donc de réduire les courses. Décapité de l'un de ses meneurs, le système lyonnais est plus éparpillé et donc moins efficient. Evidemment, le profil de Bastos et Lacazette, de purs joueurs de couloirs qui privilégient les longues courses, y est aussi pour beaucoup.

Tout cela change le style de jeu lyonnais et ça convient visiblement moins bien à l'équipe de Rémi Garde. D'autant moins face à une équipe comme Nancy qui joue maintenant tous ses matchs à fond en essayant de gratter un point ou d'en prendre trois sur un malentendu. Hier soir à Gerland, Jeannot Fernandez nous avait sorti un bon vieux château-fort des familles articulé en 5-4-1. Et ça a failli marcher.

Comme souvent, Nancy a ouvert le score, cette fois par Lotiès. Un but sur lequel Vercoutre n'est pas inoubliable. Mais L'OL a égalisé grâce à un tir de Bastos pour un résultat qui n'arrange finalement personne. Ce n'est pas suffisant pour Nancy qui n'avance pas assez, et encore moins pour Lyon qui se retrouve sous la menace directe du PSG. En cas de défaite dimanche soir au Parc, l'OL perdra de facto sa première place.

Highlander Barbosa

Alors cette contre-performance n'est sans doute qu'une péripétie dans la saison lyonnaise. Mais il est évident que d'avoir à jouer le grand choc de cette fin d'année sans ses deux meneurs de jeu va sérieusement compliquer la tâche des Rhodaniens.

Dans les autres matchs, j'ai vu Montpellier poursuivre son redressement avec une victoire sans trop de souffrance à Brest. Ensuite, ça concernait des équipes qui jouaient le maintien. Et dans ce domaine, Ajaccio a enfoncé une équipe de Reims qui avait du mal à marquer et qui maintenant a même du mal à se créer des occasions. Quant à l'ESTAC...  un doublé "d'Highlander Barbosa" a suffi à battre l'équipe de Furlan. Le chemin de Troyes est en train de devenir un chemin de croix...

Et puis il y a ce symbole de la faiblesse de notre bonne vieille Ligue 1. Souvenons-nous qu'il y a un mois à peine, Lorient venait d'encaisser 16 buts en 4 matchs et jouait un match-bascule face à Lille pour ne pas se retrouver à le maintien. Un mois plus tard, les Merlus viennent de battre Sochaux et se retrouvent (provisoirement) 4e. Tout peut arriver dans ce championnat mais ce suspense permanent et ces courbes de forme sinusoïdales sont tout sauf un signe de bonne santé.

Bombes agricoles en bandoulière

Et puis en soirée on a donc eu droit à un Bastia-Marseille disputé à huis-clos. Enfin, à huis-clos… Ceux qui ont vu le match à la télé avaient le son en stéréo comme si les tribunes étaient pleines puisqu'il y avait plusieurs milliers de supporters du SCB sur le parking de Furiani. Fumigènes et bombes agricoles en bandoulière, en continuant donc à prendre les gens pour des cons. Ah mais c'est vrai : c'est interdit dans le stade, pas sur le parking…

Quant au match, eh bien l'OM l'a attaqué tambour battant et n'a pas tardé à être récompensé avec l'ouverture du score signée Valbuena d'une jolie volée dans la lucarne de Bonnefoi. Nullement rassasiés, les Olympiens ont gardé le pied sur l'accélérateur jusqu'à la mi-temps, en se montrant intransigeants derrière et souvent dangereux devant. En seconde période, l'OM a ensuite géré sur un rythme moins élevé.

Et peu après l'heure de jeu a eu lieu le tournant du match. Monsieur Ennjimi a d'abord refusé de donner un pénalty aux Bastiais pour un tacle très limite de Morel sur Maoulida avant d'en siffler un pour l'OM deux minutes plus tard. Un péno d'ailleurs indiscutable, Bonnefoi fauchant bel et bien Jordan Ayew. A 2-0, on pensait les Olympiens tranquilles pour la fin de match mais le but de Modeste à dix minutes de la fin a relancé le Sporting.

Les Marseillais se sont alors fait quelques frayeurs mais ont tenu jusqu'au bout et quittent la Corse avec trois points. L'OM qui reste donc sur une série peu banale de deux défaites consécutives à domicile (Lyon et Lorient) et deux victoires également consécutives à l'extérieur (Brest et Bastia). Meilleure équipe de L1 loin de ses bases, l'OM colle aux basques du PSG mais demeure totalement imprévisible. Et donc illisible, à l'image de la Ligue 1 dans son ensemble…


Pierrot