La voilà, la Decima !

Le Real a failli connaître l'une des pires désillusions de son histoire. Mais le Real a fini par l'emporter et continue de construire sa légende de "meilleur club du monde".

Dans dix ans, on regardera le résultat de la finale de la Ligue des Champions 2014 et on se dira  : "Oh la la, le Real avait mis une trempe à l'Atletico, dis donc !" Mais j'écris ce post quelques minutes après la fin du match. Et à cet instant, on ne peut pas simplement le résumer à son score final. Un score extrêmement flatteur pour un Real à cours d'idées pendant 95 minutes et sauvé des eaux par un coup de tête de Ramos dans les arrêts de jeu. Comme me l'a aussitôt fait remarquer Christophe Galtier par SMS, c'est ahurissant de ne pas placer un mec au second poteau sur un corner à deux minutes de la fin.

On a vu un Atletico fidèle à ses qualités, basées sur une forte agressivité. Les Colchoneros ont gagné un nombre incroyable de duels défensifs, étaient toujours très proches du porteur du ballon, ont isolé Carvajal et neutralisé Modric au milieu. En plus, ils ont ouvert le score par Godin grâce à une belle bourde de Casillas. En seconde période, les récents champions d'Espagne ont beaucoup défendu, mais sans concéder de très grosse occasion excepté le coup-franc de Ronaldo. Ils semblaient tenir le coup. Et ils ont craqué au plus mauvais moment.

Avec ou sans placenta de jument

Il y a deux choses importantes à signaler. Un, c'était une grosse erreur de vouloir aligner Diego Costa. Quand Juanfran n'avance plus à cause des crampes et que Simeone ne peut pas le sortir parce qu'il a déjà effectué ses trois changements, celui de son meilleur buteur - qui arrivait à peine courir - dès la 9e minute lui coûte cher. Car c'est Juanfran qui est pris par Di Maria sur le but de Bale. C'était un risque insensé de le faire jouer, avec ou sans placenta de jument.

Et deux, Ancelotti a fait, lui, le coaching gagnant en faisant rentrer Marcelo qui, par ses prises de risques, son abnégation et son talent, a fait basculer le match. C'est une grande victoire pour le Real. J'avais dit au moment des 8e de finale - je ne sais plus si c'était sur le blog ou sur Twitter - que pour moi le Real était le favori de cette Ligue des Champions. Les Merengue l'ont remportée dans la douleur. Mais sur l'ensemble de la saison, c'est un trophée mérité pour Ancelotti.

Et puis un petit mot pour nos deux Français qui rejoindront leurs coéquipiers à Clairefontaine jeudi. Pour l'un comme pour l'autre, il était risqué de les faire jouer. Varane reprenait et a été très bon. Quant à Benzema, il a fait ce qu'il pouvait compte tenu de ses moyens. Maintenant, il va falloir récupérer. Les forces perdues pendant ce match se régénéreront à travers des soins. Mais le meilleur remède à la fatigue reste la victoire. Et la confiance qu'elle apporte. Les deux n'en manqueront pas au Brésil.


Pierrot