Le Barça, ça ne va pas

Contre toute attente, le grand Barça est tombé à Milan et devra cravacher au retour. Mais pas autant qu'Arsenal, balayé par le Bayern et qui paie sa politique de recrutement trop frileuse.

C'est marrant, je ne le sentais pas plus que ça ce match du Barça à Milan. J'avais même pronostiqué un match nul, en partant du principe que la Liga est devenu assez faible. A ce propos, je me suis souvent fait tailler sur le mode "maintenant que Canal n'a plus les droits de la Liga, tu dis que ce championnat est nul". Sauf que je le disais déjà la saison dernière alors que, à ma connaissance, on avait les droits.

Le problème du Barça c'est qu'à force de jouer 4 matchs sur 5 contre des équipes qui ont déjà perdu avant de jouer, ça devient difficile lorsque les Catalans se retrouvent face à une formation qui leur impose un vrai duel physique et une rigueur défensive de tous les instants. La dernière fois que j'ai vu jouer Barcelone, c'était contre Getafe. Ca avait fait 6-1 et on avait l'impression que les hommes de Vilanova jouaient face à des plots.

Or à San Siro, ce n'était pas des plots mais plutôt des barbelés. La tactique du Milan était simplissime : deux lignes de quatre et une ligne de deux et on coulisse gentiment pour bloquer les lignes de passes sans trop s'user. Et quand tu tombes sur un soir où le Barça ne gagne pas un duel balle au pied - excepté Iniesta - c'est suffisant. Pour les Milanais, ce 2-0 est inespéré. Déjà le premier but n'est pas valable, parce que je ne vois pas bien comment on peut ne pas siffler la main de Zapata.

Le défenseur colombien a carrément les bras en l'air et dévie sensiblement la trajectoire du ballon. Mais bon, ce n'est pas une excuse et le deuxième but, lui, ne doit rien à personne. L'inspiration d'El Shaarawy pour Muntari est magnifique. Mais au-delà de ces deux buts, le plus terrible c'est qu'Abbiati n'a eu aucun arrêt de la partie à faire. Ca, ce n'est pas normal. Mais c'était à l'image d'un Messi que j'ai rarement vu aussi catastrophique, ce qui prouve que ça peut arriver à tout le monde.

Dernier papier pour L'Equipe

Alors le match retour risque de ressembler à celui d'hier soir : deux lignes de quatre, une ligne de deux, et on défend bien. Alors je pense que le Barça sera vexé, que le terrain sera en bien meilleur état et que la pression des 100 000 Catalans qui garniront le Camp Nou sera très forte. Mais enfin, la qualification est loin, très loin d'être acquise.

En même temps, si ça peut rassurer les Blaugrana, elle est encore plus utopique pour Arsenal, qui a comme prévu été balayé par le Bayern à l'Emirates. Le match a comporté deux phases assez distinctes. Une première mi-temps où les Gunners ont été inexistants, dominés qu'ils étaient dans tous les compartiments du jeu par une équipe bavaroise euphorique, à la fois dans son expression collective et dans sa puissance.

L'avantage de deux buts au repos était parfaitement justifié, d'autant que l'arbitre a été bien clément avec Sagna et surtout Arteta, qui aurait dû être expulsé pour des actions autrement plus dangereuse que celle qui a valu un rouge à Ibra la semaine dernière à Valence. Et puis après, sur une énorme erreur de communication et de Neuer, Podolski a réduit la marque et les Gunners ont alors tout donné pendant 20 minutes, avec beaucoup d'agressivité et d'envie.

Et c'est un peu contre le cours du jeu qu'ils ont encaissé ce troisième but qui les tue, marqué à mon avis autant par Sagna que par Mandzukic. Avec une vraie particularité : Mandzukic est rentré dans le but bien avant le ballon ! Evidemment, tout ça arrive dans un contexte où on reproche à Wenger de ne pas avoir gagné un titre depuis 2005. Je peux même vous dire que c'était le 31 mai 2005, en finale de la Cup. Arsenal avait gagné aux tirs-au-but - un beau hold up au passage - face à MU et si je m'en souviens aussi bien, c'est parce que c'est ce jour-là que j'ai rédigé mon dernier papier pour L'Equipe.

40 M€ de bénef

Alors, c'est vrai : Arsenal n'a plus rien gagné depuis 2005. Maintenant, ce qui me frappe c'est que certains critiquent l'argent facile des Qatariens, les mêmes qui reprochent à Arsenal de ne jamais rien gagner. Mais les gars, il faut bien voir que si le fair-play financier tel qu'il est prôné par Platini dans son expression la plus sévère était déjà en vigueur, Arsenal et le Bayern seraient les deux clubs les plus riches du Monde.

Le truc, c'est qu'on demande tous les ans à Wenger de faire des bénéfices, alors qu'il a déjà un stade très cher à rembourser. Tous les ans, il sort donc entre 35 et 40 M€ de bénef. C'est une autre politique, une autre façon de devoir gérer un club et une équipe de foot. Dans le même temps, Chelsea et United sont richissimes depuis des années, City et ses pétrodollars sont arrivés, Tottenham a aujourd'hui largement autant de moyens qu'Arsenal…

Après évidemment, il y a des choix sportifs qui sont discutables, notamment au poste de gardien. Quand on peut avoir Lloris pour 10 M€, comment peut-on croire une seconde que Szczesny est meilleur que le Français ? Encore mardi soir, deux des trois buts du Bayern étaient évitables.

Et puis dans les deux derniers matchs, Porto a remporté une courte victoire 1-0 sur Malaga, ce qui promet un match retour très ouvert. Et enfin, Galatasaray et Schalke se sont quittés sur un nul 1-1, là aussi très intéressant. A part à Munich, il y aura donc du suspense sur les 7 autres terrains de ces huitièmes de finale retours de la Ligue des Champions. C'est déjà pas mal…

A ce soir pour l'Europa League…

Pierrot