Le Barça est toujours là !

Dans un match d'une intensité incroyable, le Barça a totalement renversé la vapeur et conquis sa qualif' en atomisant le Milan. Dans l'autre rencontre de la soirée, Galatasaray a fait tomber Schalke.

Depuis le match aller et les deux défaites face au Real, que n'a-t-on pas entendu sur le Barça ? "Fin de cycle", "Le règne catalan s'achève"… C'est quand même extraordinaire de parler de "fin de cycle" pour une équipe qui compte encore 13 points d'avance sur le second en liga. On a prédit la fin du Barça ? On avait tort. Mais il était bien évident que ce 8e de finale retour était le tournant de la saison pour le Barça et qu'un échec aurait accrédité cette thèse.

Quelque part, ç'aurait même été compréhensible. Beaucoup de joueurs dans cette équipe barcelonaise sont quand même plus proches de la fin que du début. Mais hier soir, le Barça a retrouvé tout son allant et comme par hasard, son triangle fétiche au milieu était aligné. Car Barcelone n'est jamais aussi fort que lorsque Busquets, Xavi et Iniesta sont ensemble. Il y avait quand même une petite feinte tactique avec la présence de Villa dans l'axe. Du coup, Iniesta  a quasi-systématiquement occupé le couloir gauche et Messi est resté très libre.

On dit souvent - c'est un lieu commun du foot - qu'à l'extérieur, le premier quart d'heure est terrible au niveau du pressing. Là, le premier quart d'heure a été infernal pour le Milan, qui n'arrivait pas à sortir le moindre ballon et qui a été totalement bouffé par le pressing catalan, et ce dans des proportions extravagantes. Au bout de 5 minutes, Messi avait trouvé la lunette d'Abbiati et jusqu'à ce que le Barça ait sa qualification en poche, ce pressing ne s'est pas démenti.

Ca faisait un bail qu'on n'avait pas vu le Barça exercer un pressing aussi intense. Xavi et Iniesta, un peu en difficulté ces dernières semaines, ont retrouvé un bien meilleur niveau, surtout le second nommé qui a sorti une seconde mi-temps assez invraisemblable. Mais il y a un joueur dont on parle peu - ou alors de façon négative, ce qui n'est pas toujours usurpé - mais qui, techniquement, au niveau de la récupération et de la première relance, est énormissime : Busquets.

Drogba y est encore

Après, évidemment dans les grands matchs ce sont toujours les mêmes qui font la différence. C'est ce qui rend le foot actuel historique, exceptionnel, mais aussi sans grande surprise. Quel que soit le niveau de jeu, quel que soit l'adversaire, ce sont toujours Messi et Ronaldo qui sont décisifs. Les deux buts de Messi hier soir ont propulsé le Barça vers la qualification. Maintenant, malgré cette démonstration de force, j'ai du mal à croire que cette équipe ira au bout cette année.

Défensivement en effet, c'est beaucoup trop fébrile. Bon déjà, Alba et Alves sont quasiment des attaquants. Et puis visiblement, Piqué gaspille beaucoup d'énergie à s'occuper la nuit de "bébé Shakira", parce qu'il est l'ombre du stoppeur qu'il a été. Il fait beaucoup d'erreurs et Mascherano passe son temps à colmater. Cela a d'ailleurs entraîné une grosse faute de relance qui a abouti à ce face-à-face perdu par Niang, qui n'a trouvé que le poteau seul face à Valdes. Maintenant, comment en vouloir à l'ancien Caennais, tout juste 18 ans, dans un match pour grands garçons comme celui-là ?

Le Milan, qui a pourtant mis beaucoup de coups - à l'image d'Ambrosini - a été totalement dominé, mais s'est quand même procuré des situations dangereuses et a inquiété une défense du Barça pas au niveau de celle du Real ou du Bayern. A l'arrivée, ce Barça-Milan restera un grand match de Coupe d'Europe comme on les aime et comme les rencontres de poule ne nous en réserveront jamais.

Et puis dans l'autre match de la soirée, que je n'ai évidemment pas pu voir, Galatasaray s'est qualifié en l'emportant de belle manière à Gelsenkirchen. On peut imaginer que beaucoup espéreront tomber sur les Turcs en quarts. Ceux qui pensent ça n'ont jamais mis les pieds au stade Ali Sami Yen - Türk Telecom Arena aujourd'hui -, où règne l'une des plus incroyables ambiances d'Europe. Et puis l'air de rien, Drogba est encore en quart de finale de la Ligue des Champions. Didier est éternel…

Pierrot