Le génie, c'est au-dessus

Hier soir, le génie a parlé. Alors que le Barça et le Bayern se neutralisaient au Camp Nou, Lionel Messi est sorti de l'ombre pour guider son équipe vers un succès retentissant. Auteur d'un doublé et d'une passe décisive, l'Argentin a crucifié Pep Guardiola et les siens, désormais condamnés à un exploit inimaginable.

Longtemps, ce match entre le Barça et le Bayern a été indécis. Il n'est pas question de parler d'opposition tactique parce qu'au fond, les Catalans ont joué dans leur configuration classique et Luis Enrique avait aligné son équipe type. Il faut par contre souligner tout ce qu'a tenté Pep Guardiola pour essayer de contrer son ancien club. Le coach bavarois, qui ne pouvait pas compter sur Ribéry et Robben, avait mis de côté l'idée de se montrer réellement offensif. Ça s'est d'ailleurs vu pendant toute la partie. Mis à part un centre de Müller pour Lewandowski, trop court, et la frappe contrée de Rafinha, les visiteurs n'ont pas existé offensivement dans ce match.

Par contre sur le plan défensif, l'ancien technicien de la maison catalane a proposé beaucoup de choses. Il a tenté de mettre en place une vraie défense avec trois arrières centraux capables de bloquer les offensives. Rafinha avait lui une position un peu hybride pour gêner l'adversaire. Quant à Xabi Alonso, il jouait beaucoup plus haut par rapport à sa période madrilène. L'Espagnol avait pour objectif d'aller contrarier Busquets dans l'organisation du jeu.

Cette mise en place a d'ailleurs fonctionné très longtemps, même si c'est avant tout la classe de Manuel Neuer qui a empêché le Barça d'ouvrir rapidement le score. Sa parade du pied face à Suarez est tout simplement un arrêt de classe mondiale. Du côté des Catalans, on a longtemps eu l'impression que l'équipe boitait un peu et abusait du jeu long. Iniesta était quelque peu décevant au milieu et le côté gauche était bien moins équilibré que le droit où le triangle Daniel Alves - Rakitic - Messi fonctionnait à merveille.

 

Boateng cherche encore ses vertèbres

Bref, on se disait que Guardiola avait réussi à contrer son ancienne équipe avec une sorte de pot de glue. Les Bavarois pouvaient espérer en rester sur ce match nul. Mieux, on se disait que l'euphorie habituelle au match retour dans l'Allianz Arena pourrait faire pencher la balance de leur côté. Seulement dans le football, il y a la tactique, les choix et tout ce qu'on veut et puis, il y a le génie. Au moment où on commençait à se dire que Messi avait un petit peu disparu, il est sorti de sa boîte pour inscrire deux buts exceptionnels en trois minutes.

Sur le premier, il se met en position de frappe en un dixième de seconde et son tir est sec, au ras du poteau. Derrière, que dire de ce dribble sur Boateng ? Si le défenseur n'avait pas vraiment le choix - il ne pouvait décemment pas laisser Messi armer du pied gauche -, il cherche encore ses vertèbres. Après son crochet, l'Argentin s'écarte légèrement, pique du droit et trompe Neuer. Réaliser et réussir cette action face à un gardien de cette trempe, ça en dit long sur la classe de Messi. Le lutin a en plus agrémenté tout ça d'une passe décisive pour Neymar, alors que l'arbitre avait laissé l'avantage suite à une faute sur Suarez. Avec son but, le Brésilien donne une proportion assez énorme au score final.

Alors certains esprits chafouins diront peut-être que la simulation de penalty de Neymar a déconcentré les Allemands sur le premier but. Mais pour le coup, Neuer a relancé le jeu à toute berzingue donc c'est un argument compliqué à défendre. Trois buts d'avance pour aller à Munich, ça semble suffisant, d'autant qu'on ne voit pas le Barça ne pas marquer, surtout avec de grosses opportunités en contre. Hier soir, le tableau aurait pu rester noir. Mais il y a quelqu'un avec une craie magique qui a tout changé.

 

Pierrot