Le règne de l'ennui

Après un hallucinogène Brésil-Allemagne, difficile de s’infuser une purge comme Pays-Bas - Argentine. Mais il a bien fallu pour vous en parler...

Je ne suis pas surpris. Franchement, je ne m’attendais pas à un bon match entre les Pays-Bas et l’Argentine, même si je pensais quand même que les Bataves prendraient un peu plus de risques qu’ils ne l’ont fait. Au final, entre le quart et la demi-finale, ils auront passé 240 minutes sur le terrain sans marquer. Alors autant face au Costa Rica ils avaient dominé tout en jouant de malchance, autant hier soir face à l’Albiceleste ils ont clairement attendu que ça se passe. 

Robben ne s’est réveillé qu’en fin de match avec cette action sur laquelle Mascherano délivre un tacle salvateur, Van Persie a été inexistant, tout comme, dans le camp d’en face, Higuain puis Agüero qui l’a remplacé. Lavezzi a fait une bonne demi-heure et Messi, pris à deux ou trois dans l’axe sur chaque ballon, n’a absolument pas pesé. Il y avait donc quelque chose d’inéluctable à ce que ce match s’achève par des tirs au but.  

Je trouve que les Pays-Bas ont été encore plus attentistes que l’Argentine, à qui le rythme du match convenait parfaitement. Et c’est typiquement le genre de match à regrets. Tu te retrouves comme une truffe à la fin parce que t’as rien fait pour le gagner. Mais c’est ça quand on joue à la roulette russe : parfois ça fait « click », parfois tu prends une balle dans la tête. C’est ce qui est arrivé à Vlaar, qui a très bien défendu pendant tout le match - en étant parfois au-delà de la limite - mais qui a très mal lancé la série néerlandaise avec un premier tir au but bien foiré.

 

Se palucher sur une purge…

Romero a ensuite réalisé un arrêt exceptionnel sur la tentative de Sneijder et l’Argentine s’est qualifiée comme ça. Avec une demi-heure de plus dans les jambes et un jour de récupération de moins que l’Allemagne, la bande à Messi va pourtant devoir sortir un autre match que celui-là pour espérer brandir le trophée pour la première depuis presque 30 ans. Après, une finale reste un truc à part. Ce qui est certain, c’est que les Argentins ne se découvriront pas comme l’ont fait les Brésiliens mardi.

Ce qui m’a fait marrer pendant ce match, c’est de voir tous ces pseudo-connaisseurs du foot faire semblant de se palucher sur une purge en t’expliquant que « c’est ça le foot de haut niveau, tu comprends, le replacement défensif est incroyable, tu vois… » Mais pour qu’il y ait replacement défensif, il faut nécessairement qu’il y ait une attaque avant. Quand t’as un match à deux tirs cadrés dans le temps réglementaire, faut arrêter de me raconter que les défenses prennent le pas sur les attaques. Il n’y avait ni volonté d’attaquer ni de prise de risque, d’un côté comme de l’autre. Match très décevant au final, pas grand chose d’autre à ajouter. Rideau.

 

 

Pierrot