Lille digne du podium

Trois matchs, douze buts, du spectacle et des rebondissements : si la Ligue 1 pouvait nous offrir des dimanches comme celui-là toutes les semaines...

Après un samedi triste pour ne pas dire sordide, on a eu droit à un très beau dimanche de foot pour clore cette première partie de saison. Trois matchs joués dans des conditions assez différentes - pelouse défoncée à Marseille, synthétique à Lorient et billard à Paris - mais conclus par le même score de 2-2. Des matchs à rebondissements et de haute qualité.

Tôt dans l'après-midi, l'OM est revenu pour la deuxième fois consécutive sous l'ère Anigo, de 0-2 à 2-2. Alors autant le nul arraché à Gerland était miraculeux, autant celui d'hier face aux Girondins est largement mérité tant les Phocéens se sont heurtés à un super Carrasso. Le problème de Marseille, c'est qu'il y a une bien trop grande disparité de niveau entre ses joueurs.

Pour un Diawara et un Gignac en mode gladiateur ou un Thauvin qui change le match par ses prises de balle, combien d'Abdallah pas au niveau et de Payet qui s'éteint au bout d'un quart d'heure de jeu ? Après, il y a l'aspect mental : en moins de deux minutes, les Olympiens sont revenus au score et ils auraient même pu l'emporter en fin de rencontre. Alors au niveau comptable, ce n'est pas l'affaire du siècle. Mais avec cet état d'esprit et les retours programmés de Valbuena et Ayew, l'OM va attaquer la seconde partie de saison sur de meilleures bases.

Côté girondin, il y a quelque chose de rageant à laisser échapper 2 points comme ça, mais encore une fois leur efficacité offensive a été maximale. Et franchement, être 4e au classement à la trêve, c'est déjà une belle surprise pour les hommes de Gillot. Le foot joué par les Bordelais ne me transporte pas de bonheur, mais cette belle série - concomitante avec le retour de Jussiê - mérite d'être soulignée.

La talonnade enroulée de Gourcuff

Pour Lyon aussi, le scénario de ce match nul à Lorient ressemblait furieusement à celui d'il y a 8 jours à Gerland face à l'OM. Une maîtrise quasi-totale du jeu pendant une heure et deux buts d'avance, le premier absolument superbe avec cette talonnade enroulée de Gourcuff pour la frappe sans contrôle de Grenier dans le petit filet, le second sur un but de renard de Gomis.

Mais encore une fois, le laxisme défensif des Rhodaniens est à pointer du doigt. Avec un bémol, cependant : à l'heure de jeu, Bisevac, visiblement touché au genou, a demandé à sortir. Il n'est jamais sorti et n'était pas dans le coup sur la réduction du score d'Aboubacar. En revanche, c'est Umtiti qui est coupable sur l'égalisation de Traoré. Traoré, un joueur qui transformerait le jeu de Lorient s'il n'était pas si souvent blessé. Là aussi, c'est une mauvaise opération comptable pour l'OL, qui se retrouve loin, très loin du podium.

Le podium, c'est ce qui nous intéressait au Parc des Princes, avec un match de très haut niveau et surtout d'une très haute intensité. Avec deux mi-temps qui se sont soldées sur le même score (1-1), mais au visage très différent. La première dominée de la tête et des épaules par Paris, pendant laquelle le LOSC a juste eu le mérite d'égaliser par Mavuba et de résister aux assauts parisiens, tout en bénéficiant de la maladresse de Lavezzi ou Thiago Silva.

Paris gâche trop

Le PSG, dont 7 joueurs avaient participé aux 120 minutes de jeu contre Sainté mardi, a ensuite connu une baisse de niveau physique pendant 20 minutes, laissant Lille repasser devant à la faveur d'un pénalty naïvement concédé par Digne pour une faute sur Béria et transformé avec sang-froid par Kalou. Derrière, les Lillois ont commencé à mieux tenir le ballon au milieu et il a fallu un coaching audacieux de Blanc et une vraie pression pour que Pa    ris recolle grâce à un CSC de Basa.

Ca fait trois nuls concédés au Parc lors de cette première partie de saison et on peut à chaque fois faire la même remarque, qui tient aussi pour la défaite à Evian : Paris gâche beaucoup trop d'occasions. On pense bien sûr à l'incroyable raté de Thiago Silva à 3 mètres du but en première mi-temps, mais que dire également du plat du pied de pupille de Pastore en fin de match ? On s'aperçoit que, lorsque Cavani n'est pas là, le PSG se repose uniquement sur Ibra et que les autres joueurs offensifs ne pèsent pas assez.

Alors que retenir de cette 19e journée ? Eh bien que le podium semble parti pour être le même en fin de saison, si Lille tient la distance. Parce que pour le reste, il est fort probable que Monaco recrute lors du mercato hivernal, tout comme il est fort probable que Paris prenne un voire deux joueurs, à choisir parmi le trio Mata-Cabaye-Pogba. Ca promet. Et puis je retiens aussi qu'on a vu un très grand match de Ligue 1 au Parc des princes. Et c'est assez plaisant.

Pierrot

PS : Joyeux Noël à tous, évidemment. On va maintenant se retrouver le 29 décembre et le 1er janvier puisque je commenterai Chelsea-Liverpool et Arsenal-Cardiff sur Canal. Et puis sur le blog, comme chaque année je vous donnerai mon équipe-type de la première partie de saison de Ligue 1 ainsi que mon équipe-type Monde de l'année. A très vite, donc...