Lyon, exploit majuscule

Finalement, le meilleur résultat de la semaine pour nos représentants en Ligue des Champions est venu de là où on l’attendait le moins. L’Olympique Lyonnais a réalisé l’un des plus grands exploits de son histoire européenne en allant l’emporter à l’Etihad Stadium devant le champion d’Angleterre en titre. Un exploit XXL pour les joueurs de Génésio, qui avec ce succès de prestige va peut-être s’offrir un peu de répit et retrouver du crédit auprès des supporters lyonnais (on peut rêver) après le début de saison décevant du club.

En fait, Lyon a fait tout ce que Paris n’a pas su faire la veille, à quelques kilomètres de là : jouer en équipe et se dépouiller les uns pour les autres. Un don de soi symbolisé par le super match de Cornet, surprise de dernière minute et titulaire pour la première fois depuis des lustres, qui a fait passer un sale moment à Delph sur son côté droit tout en abattant un travail défensif de premier choix. Une prestation de haut vol récompensée par ce but qui a placé l’OL sur les bons rails. 

Le plan lyonnais pour perturber la machine mancunienne était simple, mais il a été appliqué à la perfection. En bloquant les circuits de passes préférés des hommes de Guardiola et en sortant rapidement sur le porteur dès que le ballon arrivait dans leur camp, les Gones n’ont jamais laissé le temps aux Citizens de développer leur jeu habituel. Et alors que les vagues bleu ciel et blanc venaient se fracasser sur la charnière olympienne, juste avant la mi-temps Fekir a sorti un tour de passe-passe (un de plus) de son chapeau : récupération du ballon dans les pieds de Fernandinho, relais avec Memphis, déboulé plein axe et frappe sèche dans le petit filet à l’entrée de la surface. Splendide.

Fekir, meilleure recrue de l’OL

Menant 2-0 à la pause, les Lyonnais devaient s’attendre à subir mais si City a effectivement monopolisé le ballon dès le début du second acte, c’est bien l’OL qui a eu la balle de break à l’heure de jeu avec une ouverture lumineuse de Ndombélé pour Depay, dont la frappe enroulée était déviée par Ederson sur le poteau. Comme souvent quand on rate une telle opportunité, le retour de balancier est terrible et sept minutes plus tard, Bernardo Silva égalisait en reprenant sans contrôle un centre en retrait de Sané.

La fin de match a été logiquement plus compliquée pour des Lyonnais lessivés par leur pressing et les courses défensives à répétition mais City, malgré les entrées d’Agüero et de Mahrez et quelques situations chaudes, n’a jamais réussi à forcer le verrou lyonnais. L’OL signe donc un véritable exploit et lance sa campagne européenne de la meilleure des manières. Avec un tel résultat d’entrée combiné au match nul entre Donetsk et Hoffenheim, la qualification est désormais plus qu’envisageable. 

Côté lyonnais, toute l’équipe mérite les louanges, à commencer par Lopes qui a enchaîné les très bons arrêts sur sa ligne, la charnière centrale - le dénommé Denayer me paraît être une très bonne pioche - et surtout ce milieu de terrain inédit avec la deuxième surprise du chef, Diop, associé au Ndombélé « casseur de lignes » qu’on ne voyait plus depuis longtemps. Mais évidemment, avec un but et une passe décisive, l’homme du match est bel et bien Nabil Fekir, auteur d’une prestation royale. Le meilleur recrutement pour Lyon, c’est de l’avoir gardé… 

Pierrot