Lyon perd le sourire

Si l’OM a montré quelques signes encourageants lors de son premier succès de la saison, Lyon a en revanche connu un après-midi cauchemardesque à Dijon. A part ça, ça va déjà très mal pour Lorient, Nancy et Angers…

Cette 3e journée de Ligue 1 a commencé vendredi soir avec une victoire assez probante de l’OM, surtout vu le contexte épouvantable qui règne en ce moment dans la cité phocéenne. Cette équipe a montré des progrès dans toutes les zones de jeu. Sakai et Hubocan, catastrophiques à Guingamp, ont fait un bon match, Machach a été excellent au milieu, Cabella, délesté de ce poste de meneur de jeu qui ne lui convient pas, a brillé, Thauvin a bien travaillé et Gomis a marqué. 

Vu le climat actuel et les incertitudes autour du club, ces deux jolis buts et cette première victoire en championnat vont calmer un peu tout le monde et apporter à cette équipe ce dont elle a le plus besoin : un peu de confiance et un peu plus de considération et d’amour de la part de ses supporters, qui affichent déjà des banderoles haineuses. Il faut aussi reconnaître que cette équipe olympienne a été bien aidée par le niveau pitoyable de Lorient, qui a donc subi sa 3e défaite en autant de matchs cette saison, en ne montrant rien de la 1ère à la 90e minute. Inquiétant pour les Merlus.

On a ensuite eu droit à un Dijon-Lyon qui, sur le papier, ne semblait pas être le choix du siècle mais qui s’est finalement avéré être un match fertile en buts, et en jolis buts. Avec au bout la victoire extrêmement surprenante du promu dijonnais devant un OL incapable de défendre correctement. Alors les Lyonnais ont raison de ne pas accabler les quatre de derrière et de parler d’un problème collectif. Mais moi, je peux le dire : individuellement, les quatre défenseurs rhodaniens ont été cataclysmiques. Et encore, les Lyonnais peuvent s’estimer heureux que N’Koulou ne se soit pas fait expulser sur le penalty qu’il provoque avec ce tacle extrêmement dangereux. Je sais bien que la double peine n’existe plus mais ça ne veut pas dire que les tacles par derrière sont autorisés. 

Pourtant, rien ne laissait présager un tel scénario en première période. Les Lyonnais ont mené deux fois au score, ont eu une foultitude d’occasions sur lesquelles Reynet a montré qu’il était un vrai bon gardien. Seulement, après le repos, sans Lacazette sorti sur blessure juste avant la mi-temps, ç’a été le néant total. Plus d’équipe, plus de jeu, plus de profondeur, plus de situations, plus rien. Une équipe qui s’apprête à jouer la Ligue des Champions dans un groupe compliqué doit quand même s’interroger sur le fait d’encaisser quatre buts chez un promu qui a eu 25% de possession de balle.

Recadrage présidentiel

En fait, on a vu les mêmes trous béants que contre le PSG lors du Trophée des Champions. Sauf que là, c’était Dijon en face. C’est d’autant plus problématique que l’interview de Jean-Michel Aulas à la fin de la rencontre était extrêmement cinglante puisque le boss a parlé à deux reprises de problèmes tactiques avant d’évoquer la situation de Mammana - acheté 8M€ - qui se « morfond sur le banc », selon ses propres propos… Bref, ce recadrage présidentiel immédiat en appelle sans doute d’autres lors de la trêve internationale, qui pourrait paraître longue à certains. 

Enfin samedi soir, on a assisté à un hold-up en règle de Metz face à Angers. Et ce qui est savoureux, c’est que les Lorrains ont inscrit deux buts sur coups de pied arrêtés face au SCO, qui était l’an passé le grand spécialiste de l’exercice, dans les deux surfaces. Les Angevins ont eu beaucoup de situations, mais quand tu n’as pas un attaquant potable, c’est compliqué. Cela fait donc trois défaites en trois matchs pour Angers, qui pourrait connaître une deuxième saison dans l’élite beaucoup plus compliquée que la première.

Même constat pour Nancy, qui a trouvé trois fois la transversale et raté un penalty dans les arrêts de jeu. Ça, c’est pour la colonne « crédits ». Parce que le reste n’était pas du niveau Ligue 1. La maîtrise du jeu était clairement guingampaise, avec deux jolis buts signés Diallo et Giresse et un excellent Salibur. Avec Angers et Lorient, Nancy est la troisième équipe à zéro point. A Montpellier, Rennes a été inexistant avant le repos avant de se reprendre un peu en seconde période avec l’égalisation du prometteur Diakhaby. Les Bretons auraient même dû bénéficier d’un penalty évident pour une faute de Sanson sur Lenjani. 

Bastia, qui avait livré un match très correct contre le PSG et un autre franchement bon à Lorient, s’est raté à Caen. Avec pourtant un super Leca qui a entre autres arrêté un penalty de Santini. Mais les Corses étaient beaucoup trop timorés et l’excellent Féret a ouvert le score sur un but caractéristique de son style avant que Bazile n’aggrave le score, le tout sur deux passes décisives signées Rodelin. Le dernier match de la soirée a été assez équilibré et s’est soldé par un nul entre Nice et Lille. Les Aiglons avaient ouvert la marque par le très prometteur Koziello avant de se faire rejoindre par un but de Béria sur lequel le défenseur nordiste est d’ailleurs hors-jeu.

La suite demain…

Pierrot