Marseille s'éclate, Bastia dégoupille

Une purge à Nantes, un craquage collectif à Bastia et une démonstration offensive à Marseille : ce dimanche de Ligue 1 a été assez particulier...

Ce beau dimanche de Pâques a commencé par une purge phénoménale entre Nantes et Bordeaux, avec une première période d’une faiblesse technique abyssale, comme Sankharé l’a lucidement reconnu à la mi-temps. Les deux équipes n’arrivaient pas à faire deux passes et compte tenu de leurs prestations depuis quelques semaines, c’était une vraie déception. Après le repos, Bordeaux a su forcer la victoire en exploitant une perte de balle de Touré, avec une frappe de Sankharé sur laquelle Dupé semble coupable, mais le ballon passe entre les jambes de Djidji, ce qui a dû le surprendre. On n’avait pas vu Nantes jouer aussi mal depuis Girard…

Et j’en viens au fait du jour et à ce match annulé à Bastia. Avant le coup d’envoi, des « supporters » de Bastia ont envahi la pelouse pour venir frapper les joueurs de l’OL, ce qui a retardé le début du match de 50 minutes. Et j’avoue qu’à ma grande stupéfaction, ce match a débuté. Mais évidemment, ça ressemblait à tout sauf à une rencontre de foot. Si, à la limite, un match d’avant-saison. Plutôt le premier. Aucun intérêt. Même le Sporting, qui joue sa survie en Ligue 1, semblait chloroformé par ce qui venait de se passer.

Rebelote à la mi-temps, avec Lopes pris à partie par un dirigeant bastiais et des stadiers - en tout cas des mecs en tenue orange - venus pour frapper des joueurs. Cette fois, le match a été définitivement interrompu. Alors, je connais l’argument habituel des supporters de Bastia, qui crient à la persécution et arguent du fait que ça se passe partout comme ça. Non, ça ne se passe partout comme ça. Rien que cette saison, on a eu le coup de bâton sur Lucas, les cris de singe sur Balotelli et donc ces incidents gravissimes - c’est un miracle qu’il n’y ait pas eu de blessé… Quand on voit que les Lyonnais ont été obligés d’attendre les CRS pour pouvoir quitter le stade et que le décollage de leur avion a été retardé…

Sans Perrin, cette équipe n’est rien

C’est inadmissible. Là, il va falloir prendre de vraies sanctions. Et je suis désolé, mais de vraies sanctions, pour Bastia qui était déjà sous le coup d’un sursis, ça va être un retrait de points. Et comme le SCB est déjà dernier… Ça veut dire que les quelques crétins qui ont envahi la pelouse ont tué le club qu’ils sont censés supporter. Parce que là, il est évident qu’il va être relégué en Ligue 2. Après l’explosion du bus de Dortmund, après les incidents de Lyon-Besiktas, cette semaine infernale s’est donc clôturée avec cet accablant spectacle. Je milite pour qu’on arrête les interdictions de déplacement pour les supporters. Ce genre de choses ne va pas inciter les pouvoirs publics à lâcher la bride. 

Et puis heureusement, on a eu droit en soirée à un vrai match avec une vraie ambiance. Les South Winners ont fait une belle tribune orange pour fêter leurs 30 ans et ont été récompensés par une superbe prestation de leurs joueurs sur le plan offensif, avec quatre très jolis buts, dont deux de Thauvin également passeur décisif pour un superbe but de Gomis. Je remarque aussi que Sanson est devenu meilleur passeur du championnat avec deux nouvelles offrandes et que Thauvin a marqué deux buts du droit et Payet, un du gauche. Ce qui en dit long sur les capacité offensives de cette équipe. 

Avec l’effectif qui la compose et le style impulsé par Garcia, cet OM-là n’a pas d’autre choix que de jouer l’attaque à outrance. Quand le trio de devant est à ce niveau-là, avec Sanson en plus, ça peut faire des étincelles. Évidemment, ils sont tombés sur une équipe de Sainté qui aurait dû obtenir un penalty pour une faute de Pelé sur Monnet-Paquet en début de match, mais c’est bien le seul regret de la partie. Parce que pour le reste, les Verts ont été en dessous de tout, notamment en seconde période, pendant laquelle ils n’ont pas tiré une seule fois au but. Sans Perrin, cette équipe n’est rien. L’ASSE est désormais 7e et je ne la vois pas finir plus haut. Il va sans doute falloir changer pas mal de choses dans le Forez cet été. Des joueurs mais peut-être aussi l’entraîneur, qui au bout de sept ans, semble avoir tout dit dans ce club. 

Pierrot