Mon équipe type de mi-saison

Cinq Parisiens, deux Angevins, deux Lillois, un Marseillais et un Niçois : voilà mon équipe type de Ligue 1 de la mi-saison.

Evidemment, quand une équipe compte 51 points à la trêve, est la meilleure défense, la meilleure attaque, possède le meilleur buteur et le meilleur passeur, la tentation est forte de se laisser aller à la logique pure, de ne pas se casser le trognon et de mettre neuf de ses éléments dans l’équipe type. Eh bien justement, pour ne pas se retrouver avec une équipe monochrome et récompenser d’autres joueurs, j’ai essayé de faire une sélection un peu plus panachée. Ce qui explique par exemple les absences de joueurs comme Motta, qui a été employé avec parcimonie, de Verratti qui a été blessé plusieurs semaines, tout comme David Luiz, ou encore de Maxwell qui partage de plus en plus souvent le poste avec Kurzawa.

Enyeama : J’ai longtemps hésité avec Butelle, mais encore une fois le Nigérian a été très, très bon, notamment quand le LOSC était à la rue pendant les deux tiers de la première partie de saison. Voilà bien un gardien qui mériterait d’évoluer dans un club de très haut niveau. 

Aurier : Une première partie de championnat exceptionnelle pour un joueur dont on se souvient qu’il était à la ramasse l’année passée à la même époque. Un an plus tard, il est de très loin le meilleur latéral droit de Ligue 1. Défensivement, offensivement, physiquement, l’Ivoirien est au-dessus. Il a mangé deux fois Ronaldo en LdC, il marque et fait marquer bref, c’est l’une des plus grosses surprises de ces cinq premiers mois.

Thiago Silva : On ne souhaite qu’un truc pour Paris, c’est que Dunga continue de ne pas le sélectionner. O Monstro a fait une première partie de saison tout simplement parfaite, même si j’ai parfois l’impression qu’il en garde un peu sous le pied et qu’il pourrait s’impliquer encore plus dans le jeu. Mais sa vitesse d’intervention, son placement et sa relance n’ont pas d’équivalent en France. 

Thomas : Il fallait aussi récompenser la défense d’Angers et je le fais avec ce joueur très calme, l’une des révélations de l’année à un poste où l’on demande du sérieux et de la sobriété, les qualités premières de ce grand (1,93m) défenseur central.

Sidibé : L’un des seuls Lillois à surnager sous l’ère Renard. Il s’est ensuite maintenu à son niveau depuis l’arrivée d’Antonetti. Il s’est discipliné sur le plan de l’engagement physique, prend très souvent son couloir avec beaucoup d’autorité, marque des buts et progresse techniquement. Un joueur à suivre. 

L. Diarra : Le Marseillais est l’auteur du plus grand come back depuis plusieurs années en Ligue 1. Ce recrutement ressemblait à un pari en début de saison. Un pari qui s’avère une totale réussite pour l’OM. Non seulement il a réalisé des prestations confinant parfois à l’exceptionnel - quel que soit l’adversaire -, mais il n’a même pas eu le coup de pompe qu’on pouvait craindre et a retrouvé sa place en équipe de France. Il sera certainement titulaire à l’Euro et ce sera mérité. 

N’Doye : Le symbole de la réussite angevine. On est tous d’accord, ce n’est pas un Stradivarius sur le plan technique. Mais du pont de vue de l’abattage, il est impressionnant. Et on sent que c’est un vrai leader sur le terrain. Et puis, quel jeu de tête exceptionnel. 

Matuidi : Même s’il a connu un coup de pompe à partir de fin septembre et ce pendant un bon mois, son début de saison incroyable tant avec le PSG qu’avec les Bleus justifie pleinement sa place ici. D’autant qu’il a aussi très bien terminé ces matchs allers. Alors c’est vrai, on a toujours l’impression qu’il va se casser un os quand il prend la balle, mais ce que je le vois faire sur le plan physique, défendre et harceler mais aussi prendre le couloir gauche comme un vrai milieu offensif, il y a des moments où je me dis que sur le plan physique, ce n’est pas humain. 

Di Maria : Au départ, je n’étais pas forcément convaincu de son utilité au PSG. Et franchement, tant qu’il a joué à droite, je n’ai pas changé d’avis. Gaucher exclusif, l’Argentin ne débordait jamais et avait tendance à toujours rentrer vers l’intérieur. Mais depuis qu’il a été replacé dans une position plus axiale, il accumule les buts (6) et les passes décisives (9). Pour un joueur qui sortait d’une saison ratée à United, il s’est rapidement et totalement adapté à son nouveau club.

Ben Arfa : Même si cela fait neuf matchs qu’il n’a pas été décisif avec Nice, c’est lui qui a mis l’OGCN sur cette spirale positive. Ses gestes techniques, ses envolées, ses sept buts (et quels buts !)… Sur le plan du football, c’est l’un des joueurs qui nous a offert le plus de joie depuis le début de la saison. 

Ibrahimovic : Un sourire se dessine sur mon visage au moment où j’écris ces lignes, parce que je repense à la fin du mois de septembre, quand il marquait des buts mais n’avançait pas sur le terrain. Je repense à tous les vautours et les spécialistes en tout genre qui disaient à l’époque qu’il fallait le jeter à la poubelle au plus vite. En mettant de côté l’entorse du genou contractée lors du trophée des Champions qui avait cassé sa préparation et le fait qu’il a joué tous les matchs de qualif’ plus les barrages avec la Suède. En marquant quasiment à chaque fois. Il reste sur 19 buts inscrits lors des 19 derniers matchs, il est meilleur buteur et deuxième meilleur passeur du championnat… Et au-delà de ça, il a retrouvé sa vélocité et son aisance balle au pied. J’aimerais beaucoup qu’il soit à ce niveau quand la Ligue des Champions va revenir car un beau parcours du Suédois dans la compétition reine achèverait définitivement de faire taire les vautours. 

 

Pierrot