Monaco, c'est du costaud !

En l'emportant au Vélodrome au terme d'un match d'excellente facture, Monaco a frappé fort et pris la tête de la Ligue 1. A part ça, Sainté a gagné sans attaquant et Nice a dit adieu au Ray.

C'était le premier grand choc de cette saison hier soir au Vélodrome, entre l'OM et Monaco. Un choc qui a tenu toutes ses promesses. Même si à titre personnel je n'étais pas encore totalement conquis à la fin de la première mi-temps, j'avoue que la seconde a levé tous mes doutes. Parce qu'on a vécu un match de haut niveau, de haute intensité et peut-être même de trop haute intensité pour Marseille, qui n'a pas été capable de suivre le rythme imposé par les Monégasques après l'heure de jeu. 

Comme à Bordeaux lors de la journée inaugurale, l'ASM a attaqué fort cette rencontre, avec une maîtrise impressionnante du ballon au milieu - quelque chose qu'on n'a jamais vu ces trois dernières années au PSG - et le grand mérite de l'OM est d'avoir pu desserrer l'étau au bout de 20 minutes de jeu, en profitant peut-être de la sortie sur blessure de Toulalan, qui a désorganisé pendant quelques instants l'entrejeu azuréen.

L'OM s'est alors enhardi et a trouvé l'ouverture par Mendes sur un corner de Valbuena. Mais avant cela, les Phocéens avaient déjà produit quelques très jolis mouvements, notamment cette action où Fanni centre de volée pour la déviation de Gignac et l'enchaînement pied gauche-pied droit d'Ayew. Dommage que ça ne finisse pas au fond car c'était splendide. L'OM a encore été convaincant après le repos - quelle frappe sur le poteau du même Ayew ! - mais n'a pas su endiguer la montée en puissance monégasque.

Il le fait si bien...

Quasi-inexistant jusque-là (seulement 15 ballons joués en première période), Moutinho est sorti de sa boîte après le repos. On n'était pas tous d'accord sur le plateau du CFC, mais je suis persuadé que la déviation du petit stratège portugais pour Falcao était volontaire. Quoi qu'il en soit, il n'en faut pas 50 comme ça au Colombien - qui vivait pourtant un match assez difficile avant son but - pour planter. Il n'est là que pour marquer, mais il le fait si bien…

Et puis il y a eu l'entrée de Rivière, qui a signé un but assez extraordinaire. Car si la passe de Moutinho est magnifique, sa prise de balle devant N'Koulou, le grand pont sur Mendes, l'accélération et la frappe croisée en duel face à Mandanda portent la marque du très haut niveau. Un but suffisant pour l'ASM, qui a ensuite géré la fin de match sans trembler. Une victoire qui offre la place de leader au promu, qui continue de marquer les esprits après son succès en ouverture à Bordeaux et le carton devant Montpellier.

Avec autant de nouveaux joueurs, on pensait légitimement que la mise en route de l'équipe de la Principauté serait plus poussive. Il n'en est rien et Monaco impressionne déjà, et à tous les niveaux. Maintenant et malgré la défaite, j'ai été très séduit également par le jeu développé par l'OM. Honnêtement, il paraît inconcevable que ces deux équipes ne terminent pas sur le podium en fin de saison.

L'adieu au Ray

Après la bouillie de samedi soir, on a été nettement plus gâtés par les matchs de dimanche après-midi. Les Verts ont battu Bordeaux avec beaucoup d'allant. Beaucoup plus que contre les Danois d'Esbjerg jeudi en Europa League. Pourtant, avec Brandao blessé et Erding qui ne pouvait pas encore être aligné, les Verts ont dû jouer avec Hamouma au poste d'avant-centre. L'ancien Caennais a fait le taf en marquant un très joli but avant que Perrin ne double la mise de la tête peu après le repos.

Les Verts ont dominé la rencontre de façon très nette, même si Diabaté aurait pu marquer un sacré pion sur une volée en pivot qui a attrapé la barre. Pour Bordeaux, le symbole c'est un peu le but d'Obraniak dans les arrêts de jeu. Un but extraordinaire sur lequel le gaucher girondin n'a manifesté aucune joie. Et c'est bien là le problème de cette équipe girondine : elle s'ennuie. Le manque d'ambition du club plombe le moral des joueurs, à commencer par celui de l'international polonais.

Et puis il y a eu un moment émouvant à Nice, avec le dernier match de l'OGCN dans son vieux stade du Ray, en présence du président Rivère et des personnalités locales. Les Aiglons auraient mérité de l'emporter face à Montpellier, mais se sont fait rejoindre au score deux fois. C'est dommage car cette équipe niçoise avait fait preuve de beaucoup d'envie. Voilà, les hommes de Puel vont maintenant basculer dans une autre ère avec un nouveau stade assez sublime. A eux de grandir dans ce joyau, même si on sait que ce n'est pas le plus facile dans le foot.

Pierrot