Paris déraille, Lyon régale

Entre l'OL qui atomise Bordeaux chez lui et le PSG qui en prend trois et perd à Sochaux, ce dimanche de Ligue 1 nous a offert du spectacle et des surprises...

Vu la richesse de ce dimanche, vous ne m'en voudrez pas de passer assez brièvement sur le Reims-Saint-Etienne de 17h. Un match conclu sur un nul assez équitable sur l'ensemble du match - chaque équipe ayant eu sa mi-temps -, Courtet répondant après le repos au 12e but d'Aubameyang en championnat. Ce point ne fait pas les affaires des Champenois, mais leur permet de rester juste au-dessus de la ligne de flottaison. Pour les Verts, c'est un coup d'arrêt après leur série de quatre victoires, mais c'est déjà mieux que rien.

Avant cela, à 14h, Lyon avait frappé un grand coup en punissant les Girondins à Chaban-Delmas. On se souvient que l'OL avait gagné 4-1 à Marseille en réalisant une véritable démonstration. Ca n'a pas été le cas cette fois et Bordeaux a même fait une première mi-temps assez correcte. Mais Lyon a su marquer sur sa première occasion, par Grenier.

Après le repos, les Girondins ont baissé de pied et la frappe magnifique de Fofana les a plongés dans l'abîme, avant que Grenier et Lacazette ne fassent de cette victoire une vraie déculottée. Alors c'est difficile de faire des reproches aux hommes de Gillot : Diabaté revient tout juste de la CAN, Gouffran et Jussiê sont partis et le petit Rolan qui vient d'arriver s'est tordu la cheville au bout de dix minutes de jeu…

Grenier, comme par hasard...

C'est sûr que se retrouver avec Saivet avant-centre contre Lyon, c'est compliqué. Après, il faut aussi dire que les Girondins n'ont pas mis assez d'engagement dans ce match. Et puis, à force de vouloir tellement travailler sur les côtés, Bordeaux en oublie parfois l'axe. Et c'est de là que sont venus les quatre buts lyonnais. Encore une fois la frappe est belle, mais avant ça Fofana a le temps de contrôler le ballon à 35 mètres dos au but, de se retourner, d'avancer sur 10 mètres et d'armer, le tout sans que personne ne vienne le déranger.

Ca fait des semaines que je dis que je ne suis pas emballé par la manière de jouer des Girondins. Hier soir, cette impression s'est confirmée par les chiffres. En face, il faut croire que la courte défaite de Tottenham a fait du bien aux esprits lyonnais et je n'oublie pas de noter que, comme par hasard, Grenier était titulaire et que tout de suite, le milieu de terrain rhodanien a été beaucoup plus cohérent.

Et puis en soirée, la logique aurait voulu que le PSG poursuive son inexorable marche en avant, entamée  le 1er décembre à Nice, au soir de sa dernière défaite en Ligue 1. Eh bien pas du tout ! Dès le début du match, Paris n'y était clairement pas. Il y a eu ce but refusé à Sio pour un hors-jeu très mince puis la frappe de Roudet sortie du but de Sirigu par… Boudebouz, avant que Paris n'ouvre miraculeusement le score sur corner.

Derrière, il y a eu trop d'erreurs individuelles, qu'elles soient signées Sakho, Sirigu ou Van Der Wiel - qui est définitivement catastrophique, celui-là. Comme je l'ai dit sur Canal, après la défaite à Nice, Ancelotti était passé à un schéma à quatre joueurs offensifs, avec deux mecs sur les côtés. A partir de là, Paris s'est mis à tout gagner, à marquer des buts et surtout à concéder un minimum d'occasions et à encaisser un minimum de buts.

Ibra aux abonnés absents

Hier soir évidemment, Ménez et Lucas étant blessés, les options étaient réduites. Mais on a aussi vu un Lavezzi logiquement fatigué après son incroyable débauche d'énergie à Valence et un Ibrahimovic totalement aux abonnés absents. Dans ces conditions, Paris était inoffensif devant. Mais ce qui est vraiment condamnable, c'est que malgré ça le PSG a ouvert le score puis est miraculeusement revenu à 2-2 un peu plus tard dans le match.

A partir de là, comment peuvent-ils encaisser ce troisième but, marqué comme à la parade avec ce centre au deuxième poteau de Boudebouz, la remise à une touche de Privat et la reprise à bout portant de Bakambu ? Ce n'est pas possible. Quand tu es une grande équipe et que tu te retrouves en difficulté, tu serres le jeu. Tu n'as pas le droit de prendre des buts comme ça. Alors c'est bien, ça relance - un peu - le championnat et ça ajoute un petit surplus de piment au PSG-OM de dimanche prochain.

Et puis, si les poursuivants des Parisiens voulaient trouver un motif d'espoir et espérer encore que le PSG ne soit pas champion en sifflotant, il est là : dans le parcours en Ligue des Champions. Si Paris passe ce tour - ce qui est quand même très probable - et a un peu de réussite lors du tirage des quarts, il lâchera fatalement d'autres points en championnat. Maintenant, attention : le PSG va retrouver les deux Thiago, Lucas et Ménez pour le "Clasico". Ce sera donc une tout autre équipe…

Pierrot