Paris, l'étrange victoire...

S’il y a un point commun entre le match de Monaco et celui du PSG, c’est que les deux premiers du classement ont gagné largement mais sans laisser pour autant une impression faramineuse. Face à Dijon à Louis-II, l’ASM a donné une ampleur énorme au score en fin de match, avec deux buts tardifs signés Lopes et Glik que j’ai pu apprécier de près puisque j’étais derrière le but de Reynet. Le reste du temps, les Monégasques ont été assez sereins et surtout peu mis en danger par une équipe dijonnaise qui combine et fait bien tourner le ballon mais qui manque vraiment de tranchant devant, surtout quand Tavares est esseulé comme c’était le cas vendredi. C’est une excellente opération pour les joueurs de Jardim, qui ont de surcroît un calendrier assez favorable et la seule finale de la Coupe de la Ligue à jouer hors Ligue 1. À 12 journées de la fin, Monaco me paraît être l’équipe la mieux placée pour obtenir cette si convoitée deuxième place.

Samedi après-midi, dans un Parc archi-comble, Paris a livré une prestation assez étrange. Après la déconvenue face au Real, la venue des Alsaciens n’était pas la préoccupation première des Parisiens et cela s’est vu. Strasbourg a ouvert le score d’une jolie volée pied gauche de l’excellent Aholou avant que le leader ne prenne les choses en main et trois buts d’avance au repos. Draxler a égalisé sur un mauvais renvoi de la défense alsacienne, puis Neymar, qui semblait se désintéresser totalement du match jusque-là, a donné l’avantage à Paris et Di Maria a exploité une grosse erreur de Martinez. La seconde période n’a pas non plus été disputée sur un rythme dingue et avec une concentration extrême par les Parisiens, ce qui a permis à Bahoken de réduire le score, laissant le soin à Cavani, bien servi par Pastore puis par Neymar, de redonner un avantage plus net à son équipe en s’offrant un doublé.

J’avoue que je ne sais trop que penser de ce match, le seul point commun entre le Real et Strasbourg étant le fait que les deux équipes jouent en blanc. J’ai voulu assister au match au Parc - je n’avais pas vu deux matchs de Ligue 1 au stade en aussi peu de temps depuis des lustres - car j’avais envie d’écouter les gens me parler et voir un peu ce qui passe en interne au PSG. Et j’ai le sentiment que le divorce entre Emery et certains de ses cadres est vraiment consommé. Maintenant, les joueurs vont certainement se focaliser sur le match retour face au Real en faisant un peu abstraction du reste, y compris peut-être de leur entraîneur. Un match sur lequel le technicien basque jouera sa peau. Et peut-être quelques joueurs aussi. Voilà, au final je pense que cette victoire face à Strasbourg n’est ni rassurante, ni inquiétante dans la mesure où Paris a joué à trois à l’heure et n’a accéléré que lorsqu’il en avait besoin.

Bien au chaud, dans le ventre mou…

En soirée, le match de la peur entre Troyes (19e) et Metz (20e) a tourné en toute fin de rencontre à l’avantage des Aubois, grâce à un but de Niane. Cette défaite, la troisième consécutive, est sans doute celle de trop pour les Lorrains, qui comptent désormais huit points de retard sur la place de barragiste. Même constat pour le SCO, battu à domicile par Saint-Etienne et qui plonge dans la zone de relégation. Vu leur dynamique actuelle (trois défaites de rang), les Angevins peuvent vraiment commencer à s’inquiéter. À l’inverse, la sérénité est de retour à Sainté, qui vient de prendre 10 points en quatre matchs. Les Verts ont réussi leur mercato hivernal et peuvent désormais regarder vers le haut.

Rennes aurait pu se replacer idéalement dans la course à la cinquième place mais les Bretons n’ont pas réussi à s’imposer en terre normande au terme d’un match spectaculaire et ponctué de nombreux rebondissements. Pêle-mêle : l’ouverture du score de Crivelli après 6 minutes de jeu, la réplique rennaise immédiate avec un doublé de Sakho en dix minutes, le premier péno caennais envoyé dans la tribune par Rodelin, la reprise sur le poteau d’André, le second péno caennais magnifiquement repoussé par Koubek et enfin l’égalisation en fin de match signée Da Silva (troisième but en trois matchs !), sans parler des nombreuses occasions de part et d’autre. Au final, ce nul logique et très agréable à suivre permet aux deux équipes de se stabiliser bien au chaud, dans le ventre mou…

Cette cinquième place, c’est Montpellier qui s’en est emparé malgré son match nul concédé à la Mosson devant Guingamp. Les joueurs de Kombouaré ont ouvert la marque à la demi-heure de jeu sur un penalty obtenu par Thuram et transformé par Ngbakoto mais ont ensuite beaucoup reculé et laissé les Montpelliérains prendre le contrôle du jeu. Et à force de subir, ils ont fini par craquer sur une frappe d’Aguilar subtilement déviée par Sio. Enfin, Amiens et Toulouse se sont quittés sur un sinistre 0-0 qui laisse les deux équipes naviguer juste au-dessus de la ligne de flottaison, mais place quand même Lille dans une situation inconfortable avant son match face à Lyon dimanche après-midi.

Pierrot