Paris, roi du Classico

Le Classico a bel et bien tenu toutes ses promesses. Dans un stade Vélodrome magnifique, Paris et Marseille ont livré un superbe combat, finalement remporté par le PSG. Une victoire qui pourrait changer la physionomie de la fin de saison.

On en fait souvent des caisses avec le Classico. Par le passé, on a d'ailleurs régulièrement été déçu par la qualité du jeu. On peut donc se réjouir de l'excellent match de foot qu'on a eu le droit de vivre hier soir au Vélodrome. Une rencontre pleine de rebondissements, de retournements de situation, d'arrêts de gardien et dieu merci, sans trop de polémiques. Celle créée sur la supposée main volontaire de Marquinhos est juste grotesque.

On voulait savoir ce qu'allait proposer Bielsa pour ce sommet. Il a finalement opté pour un marquage individuel tout terrain, presqu'à l'ancienne. Ce système a vraiment bien fonctionné en première période même si défensivement, il y avait de gros risques. C'était quelque chose que l'entraîneur argentin avait intégré à sa réflexion. Il voulait déstabiliser le PSG mais le problème, c'est que faire de l'individuel sur une équipe qui est aussi forte dans la conservation de balle, c'est épuisant et on finit par le payer.

 

Un système énergivore

Seulement, au repos, c'était positif puisque Marseille menait à la marque grâce à deux buts d'André-Pierre Gignac, dont la détermination a été absolument magnifique. Le PSG, malgré l'égalisation sur un but non moins magnifique - et du pied droit s'il vous plait - de Matuidi, s'est fait bouger. Mais on sentait que l'OM avait donné beaucoup pour réussir à prendre l'avantage. Il aurait alors peut-être été judicieux de partir sur une gestion un peu moins "énergivore", pour employer une expression qui a souvent été utilisée cette saison. Les Olympiens ne l'ont pas fait et ils ont payé cash leur débauche d'énergie dès le début de la seconde période.

En face, le PSG a fait preuve de beaucoup plus d'agressivité et de détermination, ce qui lui a permis de marquer deux buts en deux minutes. Des réalisations un peu chanceuses. Sur la première, Zlatan glisse sur son coup-franc avant que le ballon arrive sur le pied de Marquinhos. Sur la seconde, après une remarquable action et un très bon centre de Pastore, c'est Morel qui a poussé le ballon au fond de ses propres filets, sous la pression du géant suédois. Ensuite, les Phocéens ont essayé de réagir mais sans vraiment se montrer dangereux. Au contraire, les Parisiens auraient pu marquer un ou deux buts de plus en contre. Mandanda a notamment sorti une parade exceptionnelle sur la frappe à bout portant d'Ibra. 

 

Une victoire, plusieurs conséquences

Ce match, très agréable à regarder, n'est pas sans conséquence pour les deux équipes. Aujourd'hui, avec cinq points de retard à sept journées de la fin, le titre semble bien loin pour l'OM. D'autant plus que si Monaco bat Montpellier la semaine prochaine, les joueurs de la Principauté reviendront à égalité au classement. Dans quelques semaines, le Marseille-Monaco vaudra très cher. Sur cinq matchs contre des équipes du haut de tableau, Marseille en a perdu quatre et a fait un match nul. Les Marseillais se trouvent dans une situation plus compliquée et vont devoir se battre pour conserver leur place en Ligue des Champions. Dimanche prochain, ils vont à Bordeaux sans André Ayew, qui a perdu ses nerfs et s'est fait expulser après le coup de sifflet final. On sait que les déplacements en Gironde ne sont jamais très fructueux pour les Olympiens...

Côté parisien, même si les joueurs ont frappé un grand coup au niveau du championnat, les blessures de David Luiz - qu'on ne reverra peut-être pas avant la fin de la saison - et de Thiago Motta sont évidemment des gros coups durs. Ces absences pèseront pour la demi-finale de Coupe de France mercredi contre Saint-Etienne et pour la finale de la Coupe de la Ligue face à Bastia. Et que dire du quart de finale aller de Ligue des Champions contre le Barça ? Il est évident qu'aucun de ces deux joueurs n'aura récupéré pour le choc européen. Sachant qu'Ibrahimovic et Verratti sont déjà suspendus, les chances européennes du PSG se trouvent extrêmement compromises. À peine vidée, l'infirmerie recommence à se remplir.

Enfin, sans parler de l'avenir proche, c'était une belle soirée pour le PSG. Les hommes de Laurent Blanc ont tellement de matchs à jouer qu'ils vont très vite devoir se concentrer sur la suite des événements. 

 

Pierrot