Paris sans forcer

Si Lyon et Monaco continuent de stagner, Caen et Angers ont confirmé leurs bonnes dispositions d'avant la trêve internationale. Quand au PSG, même sans briller, il continue de gagner...

On va commencer par le match de vendredi, extrêmement décevant au vu de l’affiche, lors duquel les deux équipes n'ont jamais offert un football correct en même temps. Monaco était sérieux, jouait en contre face à une équipe de Lyon absente des débats et a ouvert le score sur l'une des très rares erreurs de Lopez depuis qu'il évolue à Lyon. Derrière, l’ASM s'est arrêtée de jouer - si tant est qu'elle avait commencé - alors qu’il y avait clairement moyen de continuer à mettre la pression sur un OL dont le 4-4-2 s’avère totalement inefficace et que Fournier ferait peut-être mieux de lâcher. 

Il y a ensuite eu ce fait de jeu avec l'expulsion de Wallace pour son tacle sur Ghezzal. Je suis stupéfait que certains puissent remettre en cause ce carton rouge et surtout s’appuyer sur l’argument selon lequel le Lyonnais s’est relevé. Ce n'est pas la première fois que je le dis, s'il faut qu'il y ait fracture ouverte pour mériter un rouge, on ne va pas s’en sortir. Même si l’impact n’est pas très impressionnant, le Brésilien arrive lancé, les deux pieds décollés du sol : le jeu dangereux est avéré. Une nouvelle fois en supériorité numérique, les lyonnais ont su égaliser par Rafael. Mais ce match ne va rassurer ni Monaco, qui n'a toujours pas gagné à domicile, ni Lyon, dont la qualité de jeu est vraiment très déficiente, même s'il ne faut pas oublier qu'il y a énormément de blessés.

Des blessés, il y en a aussi au PSG, qui a débuté sa rencontre à Bastia sans six de ses titulaires. Alors évidemment, quand on voit les noms des remplaçants alignés, on se dit qu'il n'y aura pas de problème. Mais, comme leur nom l'indique, les remplaçants jouent moins et ont donc moins d'automatismes. Même si le PSG a terminé la première période avec 65 % de possession de balle, le milieu Rabiot-Stambouli-Pastore n'a pas fonctionné. Après, même si Paris ne se procurait pas d’occasions vraiment tranchantes, il a créé un danger quasi-permanent sur le côté droit, où les incessantes montées d’Aurier et les dribbles de Lucas ont fait des dégâts. 

Paris aurait dû obtenir un péno pour une faute sur Aurier. Même s’il amplifie sa chute, ça ne change rien au fait qu’il y a faute. De son côté, Bastia aurait pu finir à dix, voire à neuf. Danic n’est pas un joueur méchant mais il a commis deux grosses fautes, quant à Cahuzac, j’ose espérer que la commission de discipline va se saisir des images de son coup de coude dans la gorge de Lucas, un geste totalement inadmissible et franchement honteux. Après, c’est vrai : Cavani est hors-jeu sur l’ouverture du score d’Ibra. A l’oeil nu, ce n’est pas simple car ça se joue à pas grand chose, mais le hors-jeu est incontestable. 

Pauvre Téfécé…

Le champion en titre a attendu dix minutes pour se mettre à l’abri grâce à un bon centre en retrait d’Aurier pour Ibra, qui en est donc, pour un joueur usé, bouilli et inexistant dans le jeu, à quatre buts en deux matchs et six au total, en ayant loupé quatre rencontres. On notera aussi - et c’est tout sauf une coïncidence - que l’entrée de Thiago Motta a totalement changé le visage de l’équipe parisienne. La relance est devenue plus propre et le jeu, plus fluide. On parle beaucoup des stars de cet effectif parisien, mais l’homme-clé de cette équipe, c’est Thiago Motta et c’est aussi pour cela qu’il a été préservé par Blanc en vue du choc face au Real. 

Et puis, on attendait de voir si la coupure internationale allait doucher un peu l’euphorie des équipes surprises de ce début de championnat. Angers et Caen ont donné leur réponse sur le terrain en allant tous deux l’emporter à l’extérieur. Caen grâce à un but de Féret, qui avait déjà fait payer très cher au Stade Rennais en marquant pour son retour et qui a remis ça sur le terrain d’un autre de ses anciens clubs, Reims. Un match que les Normands ont globalement dominé en faisant montre d’une certaine maîtrise dans leur jeu. 

Angers a fait de même à Toulouse. Menés au score pour la première fois sur un but de Trejo, les Angevins ont égalisé puis pris l’avantage en quelques minutes. Pauvre Téfécé qui joue dans un Stadium certes en travaux, mais qui donne l’impression d’être à huis-clos tellement le maigre public présent est silencieux. Cette équipe est en train de s’enfoncer vers la Ligue 2 dans l’indifférence générale. De son côté le SCO continue à prendre des points et reste bien calé à la deuxième place du classement. Comme dirait l’autre, « ça durera ce que ça durera » mais comme disait ma grand-mère, « ce qui est pris n’est plus à prendre ». 

A part ça, comme depuis le début de la saison, Troyes a montré un joli football, produit un jeu chatoyant et s’est procuré de belles occasions à Nantes. Le problème, c’est que l’ESTAC ne marque toujours pas. Le but splendide du jeune Rongier a cassé les jambes des Aubois, qui quittent la Loire-Atlantique avec un très sévère 3-0 dans la musette qui n’arrange évidemment pas leurs affaires. Même constat pour Ajaccio, qui s’est logiquement incliné à Saint-Etienne.

Pierrot