Paris surnage, Marseille coule

Vendredi soir, l'OM a concédé sa dixième défaite de la saison sur la pelouse de Nantes. Un résultat dont n'a pas su profiter l'AS Monaco, tenue en échec à Louis II par le Stade Rennais. Seul le PSG, vainqueur à Nice malgré la Ligue des Champions et les nombreuses absences, a tenu son rang.

Vendredi, l'OM a subi une défaite assez étonnante. J'emploie ce terme car en 2015, Nantes n'a pas montré grand chose, pour ne pas dire rien. Cette équipe a tellement de mal à marquer qu'on se disait que Marseille n'aurait besoin que d'un but pour prendre les trois points. Le problème, c'est que les Phocéens sont tombés sur des Canaris de gala en première période. Le 4-4-2 en losange, très bien préparé toute la semaine par Michel Der Zakarian, a considérablement gêné le dispositif de Marcelo Bielsa. À la vingtième minute, après une mauvaise passe de Fanni - qui avait lui même été bizarrement servi par Mandanda - Gakpé a ouvert le score.

En seconde période, nous avons assisté à un match de Coupe de France. La fatigue se faisant sentir, les Nantais n'ont fait que dégager leur camp. Dans les arrêts de jeu, Fanni, encore lui, a réussi à toucher la barre de la tête mais ça n'a rien changé. Soulignons tout de même que l'OM a attendu la 86ème minute pour cadrer sa première frappe. La faute, pour moi, à une tactique totalement incompréhensible de Marcelo Bielsa. Il l'a d'ailleurs admis en conférence de presse d'après-match. Enfin, ça doit être la cinquième ou la sixième fois qu'il reconnaît ses erreurs.

 

La défense à trois ? Un fiasco

C'est bien gentil mais on a juste envie de lui demander pourquoi il ne change pas, pourquoi il s'obstine avec cette défense à trois qui est systématiquement un fiasco. Ce schéma oblige les deux latéraux à se transformer en milieux et à jouer partout. Ou nulle part. Evidemment avec cette tactique, Imbula est toujours l'éternel esseulé au milieu de terrain. En jouant en 4-4-2, même sans Payet, l'OM aurait eu de bien meilleures chances de remporter ce match.

Statistiquement, c'est donc la dixième défaite des Olympiens cette année. Alors je sais bien que l'Argentin jouit d'une cote de popularité invraisemblable - c'est parfois le mot qui convient - à Marseille. À chaque fois qu'il y a une défaite, et il y en a beaucoup, les joueurs sont pointés du doigt par les supporters. Seulement, après le marquage individuel tout terrain suicidaire face au PSG, cette nouvelle faute de coaching contre Nantes coûte cher.

Plus les journées passent et plus le ticket pour la Ligue des Champions s'éloigne. À l'arrivée, les Olympiens pourraient même terminer à la cinquième ou à la sixième place de ce championnat. Qu'est-ce qu'on dirait si un coach français avait perdu dix matchs sur trente-trois journées ? Cela revient quasiment à un tiers ! Au vu des conditions actuelles et des interrogations autour du club, la saison prochaine s'annonce sombre à Marseille.  

 

Sans colonne vertébrale, Paris s'impose

De son côté, le PSG avait un tournant extrêmement difficile à négocier ce samedi après-midi à Nice. Difficile parce que les Aiglons ont quand même battu Monaco, Marseille et Lyon cette saison. Surtout, le PSG jouait trois jours après sa défaite contre le Barça et devait se passer de sa colonne vertébrale Thiago Silva - Thiago Motta - Marco Verratti -Zlatan Ibrahimovic. Rajoutons à cela qu'à l'Allianz Riviera, Paris disputait son cinquième match en 13 jours. Ce cocktail a donné une première période totalement insipide de la part d'un PSG mou, sans réaction, sans envie, sans rien.

Miraculeusement, les Parisiens ont tout de même ouvert le score grâce à un bon ballon de Lucas pour Pastore. Mais quelques minutes plus tard, ils se sont fait rejoindre sur un but malicieux de Mathieu Bodmer. Le défenseur se croyait hors-jeu mais il a tout de même trompé Sirigu d'une petite pichenette, entretenant au passage la légende des anciens parisiens qui marquent contre le PSG. En seconde période, le club de la capitale s'est montré bien plus conquérant. Si Sirigu, enfin décisif, a repoussé une très belle tête de Carlos Eduardo sur son poteau, les hommes de Blanc ont bien mieux maîtrisé leur sujet.

Nice a fini par exploser physiquement et tactiquement. Pouplin a miraculeusement repoussé l'échéance devant David Luiz, également auteur d'une belle tête sur la barre. Finalement, c'est Pastore qui a redonné l'avantage aux Parisiens. L'Argentin a fait une seconde période exceptionnelle et confirme match après match qu'il est l'un des meilleurs joueurs du championnat, pour ne pas dire le meilleur. Je lui reprochais souvent de ne pas avoir des statistiques dignes de son talent mais il progresse aussi clairement dans ce domaine. Pour couronner le tout, Cavani a même marqué un but en championnat après des mois de silence. Certes, sur penalty, mais comme c'est lui qui l'a provoqué, on le mettra à son crédit.

Comme je l'avais dit avant la rencontre, ce déplacement était très important pour le PSG dans la course au titre. Ce résultat positif met la pression sur Lyon, qui joue contre Saint-Etienne en clôture de cette journée. À Gerland et compte tenu du score du match aller, les Rhodaniens seront surmotivés. Paris ne devait donc pas se louper ce samedi. N'oublions pas non plus que les coéquipiers de Pastore vont recevoir Metz en match en retard. Comme je ne fais pas partie de ceux qui croient au père noël et à un match de légende au Camp Nou, les Parisiens ont bien fait de ne pas rater ce match de championnat. Cette victoire est un résultat capital. 

 

Monaco rate le coche

Dans la soirée, Monaco avait l'occasion de mettre Marseille à quatre points du podium. C'était le cas après l'ouverture du score de Bernardo Silva suite à une une grosse erreur de Mexer. Et puis les Rennais, absents des débats en première période, se sont réveillés dans le deuxième acte. À l'inverse, comme c'est malheureusement trop souvent le cas au stade Louis II, les Monégasques se sont endormis. Le jeu offensif breton, grâce notamment à l'entrée de Grosicki, a posé de gros problèmes à la défense princière. Sans un bon Subasic, les locaux auraient même pu perdre. Finalement, ils ne s'en tirent pas si mal malgré l'égalisation d'Habibou en fin de match. Sur les trois derniers matchs à domicile, Monaco n'a pris que trois points. C'est évidemment insuffisant et ce n'est pas spécialement rassurant avant la venue de Turin pour le quart de finale retour de la Ligue des Champions. 

Tous les autres matchs d'hier concernaient le maintien. Les mauvaises opérations sont pour Bastia et Lorient, tous les deux battus à domicile par Reims et Toulouse. La finale de la Coupe de la Ligue aura quand même fait beaucoup de mal aux Corses puisqu'ils viennent d'enchaîner trois défaites de suite en championnat. Leur période d'euphorie est clairement terminée et il va désormais falloir faire preuve d'une bien plus grande rigueur défensive pour espérer se sauver.

Le cas lorientais est différent. Quand je vois l'entrée en jeu de Traoré - désormais remplaçant du remplaçant à Monaco - contre Rennes, je me dis que ce joueur aurait peut-être rendu service à Lorient pour le maintien. Là encore, cela fait partie des choix stratégiques catastrophiques de la direction du club. Le constat est d'ailleurs le même concernant Christian Gourcuff puisque les Merlus ne se sont toujours pas relevés de son départ. 

 

Pierrot