Paris, un triplé et des questions

La saison de foot en France s’est donc achevée hier soir avec la victoire attendue - mais laborieuse - du PSG en finale de Coupe de France, face à Auxerre. Il est désormais l'heure de tirer les bilans et de se poser quelques questions sur l'avenir...

Dans quelques jours, tout le monde aura oublié que le PSG a remporté la finale de la Coupe 1-0 face à Auxerre, pour se souvenir de l’équipe qui aura réalisé ce triplé -  quadruplé si l’on tient compte du Trophée des Champions - inédit en France. Au niveau national, personne ne fera jamais mieux. Alors cette victoire parisienne ne restera évidemment pas dans les mémoires mais elle aura eu le mérite de faire plaisir à beaucoup de monde. 

Aux supporters parisiens, qui ont vu leur équipe glaner un nouveau trophée, aux supporters bordelais qui assisteront donc bien à des matchs de Ligue Europa dans leur nouveau stade l’an prochain, mais surtout - et c’est sans doute le plus savoureux - aux supporters marseillais. Grâce au PSG, l’OM saute en effet un tour préliminaire de cette même Ligue Europa et se retrouve directement qualifié pour la phase de groupes.

Alors, que dire du match ? Eh bien déjà, que les Auxerrois se sont battus avec beaucoup de courage et un plan de jeu très simple consistant à être regroupés très bas en 4-1-4-1 et à essayer de saisir leur chance en contre. Le quadrillage défensif a parfaitement fonctionné. En contre en revanche, les Ajaïstes se sont montrés totalement inoffensifs. Mais comment le leur reprocher tant ils ont fait d’efforts dans ce match ? Ce qui est louable chez les Bourguignons, c’est qu’ils n’ont pas eu le coup de pompe physique qu’on pouvait craindre après le repos, atteint sur un score vierge.

Sans Pastore et avec quelques individualités à un niveau physique extrêmement moyen - notamment Motta, qui a perdu beaucoup de ballons et Ibrahimovic, transparent pendant tout le match -, le PSG a péché dans la vitesse d’exécution. Un défaut récurrent dans cette équipe, où seul Lucas semble avoir le pouvoir d’accélérer balle au pied. Mais même sans ça, Paris aurait pu ouvrir le score sans un très bon Léon, auteur de deux belles interventions sur Ibra, avant que Motta ne touche le poteau.

Arrêter les jugements simplistes

Et puis après la pause, Cavani a fini par marquer le but de la victoire sur sa cinquième occasion nette. Là aussi, l’histoire ne retiendra que le but, mais on pourra aussi se rappeler qu’en Ligue des Champions, un attaquant qui marque une fois toutes les cinq occasions, ce n’est pas possible. Voilà, c’est une très longue saison qui s’achève pour Paris, avec énormément de matchs et énormément de blessés. Il est évident - mais ça, c’est un choix quand on a beaucoup de Sud-Américains - que beaucoup vont être concernés par la Copa America mais il va pourtant falloir que les joueurs rechargent leurs batteries cet été. 

Evidemment, le grand point d’interrogation la saison prochaine concerne le niveau d’Ibrahimovic. Il faudra aussi scruter le recrutement parisien lors de ce mercato. On sait qu’il n’y aura pas pléthore d’arrivées. Peut-être deux ou trois : un remplaçant à Lavezzi, un joueur de plus au milieu dont je doute fort qu’il soit Pogba et un gardien de but. Mais avant de penser à la saison prochaine, il faut aussi faire le constat de celle-ci. 

En commençant peut-être par arrêter les jugements simplistes qui consistent à dire que tout ça n’est que la moindre des choses vu les investissements consentis par QSI. On a aussi le droit de louer le professionnalisme de ces joueurs, qui toute la saison ont gagné, gagné et encore gagné, sans état d’âme ou presque. Pas toujours de façon brillante mais à l’arrivée le tableau d’honneur de la saison est 100% PSG. Pas sûr que les Qataris ne soient venus que pour les trophées nationaux. Mais il fallait les décrocher et Paris l’a parfaitement fait. 

 

Pierrot