Quand Paris le veut...

En mettant les mêmes ingrédients qu'à Madrid, le PSG a atomisé Toulouse au Parc. A part ça, Rennes s'est un peu refait la cerise, Caen a repris sa marche en avant, Troyes a continué de creuser, Montpellier à confirmé son redressement, Lille a encore régalé et Ajaccio a fait la passe de trois. Demandez le programme !

Après le match aller de Ligue des Champions contre le Real, Laurent Blanc avait indiqué en conférence de presse qu’il était impossible pour son équipe de jouer pépère en championnat et d’élever son niveau de jeu dès que la LDC pointait le bout de son nez. On peut supposer que depuis, le message a été bien reçu. En mettant de côté le match à Reims et son énorme rotation côté parisien -, on s’aperçoit que le PSG vient de marquer neuf buts en deux matchs au Parc. En rendant, entre les deux, une copie plus qu’intéressante à Madrid.

Contre Toulouse, on a vu ce qui se produit lorsque Paris est impliqué du début à la fin, ne joue pas à un rythme de sénateur et fait un travail énorme au pressing, avec notamment Matuidi et Rabiot. Après, quand tu marques deux buts dans le premier quart d’heure, le match est plié. Ce qui est triste, c’est que la leçon de Rennes n’a profité à personne et certainement pas à l’équipe qui lui a succédé au Parc. Un mec seul en pointe envoyé à la mort, tous les autres joueurs offensifs sur le banc : Arribagé n’a rien tenté. Résultat : tu prends une frappe de Di Maria d’entrée et un but-gag d’Ibra. Terminé. Et comme le PSG a continué à appuyer sur l’accélérateur, comme il pouvait le faire en fin de saison dernière, le match est devenu une véritable boucherie, avec notamment l’entrée de Lucas, qui a montré un visage qu’on aimerait lui voir plus souvent. Tant dans ses prises de balle que sur son joli but de la tête. 

Voilà, de toute façon, ce match il est perdu d’avance pour Toulouse, qui va clairement jouer le maintien cette saison. Alors quitte à le perdre, joue au ballon. Prends des risques ! Au pire, tu donneras une bonne image de ton équipe et de ton club. Alors que là, le résultat c’est quoi ? Tu en prends cinq et tu mets en plus la tête de ton meilleur attaquant - Ben Yedder - au fond du seau en le laissant sur le banc pour la énième fois de la saison Dramatique. 

Après, on notera l’air de rien que le si vieux et si mauvais Ibrahimovic a encore planté son doublé et lâché sa petite passe décisive, tout en étant partie prenante sur le but de Lucas. Je ne serais pas aussi élogieux avec son copain Cavani, qui a en plus eu le culot de sortir fâché. Le seul contrôle qu’il ait réussi, c’est le contrôle antidopage. Ce qui m’a fait le plus rire à l’arrivée, c’est le titre de lequipe.fr : « Trop facile pour Paris ». Quand le PSG gagne petitement, on dit que c’est inquiétant. Et quand il l’emporte largement et avec la manière, on dit que c’est trop facile. Est-ce qu’on dit la même chose du Bayern, du Real, du Barça ? Je ne comprends pas. Ce n’est jamais assez bien avec le PSG… 

Lille, plus possible…

Il y en a au moins un qui a retenu quelque chose de sa défaite à Paris, c’est Montanier, en alignant une équipe plus équilibrée et plus offensive vendredi à Angers. L’ouverture du score précoce de Doucouré a permis aux Rennais de l’emporter, ce qui les replace dans le haut du classement. Ceux qui se replacent encore mieux ce sont les Caennais, qui ont disposé de Guingamp sur deux très jolis buts de Féret et Delort. Je parlais à l’instant de Montanier, qui avait mis à la poubelle il y a deux ans le même Féret. Sans doute trop technique et offensif pour son projet de jeu… En tout cas son but montre une nouvelle fois que l’ancien Nancéien est l’un des joueurs les plus sous-cotés de notre Ligue 1. Caen continue à pratiquer un football offensif et en est récompensé. Et qu’on ne me dise pas que Malherbe a plus de moyens que Toulouse ou Rennes, par exemple. 

A part ça, Troyes continue son chemin de croix. Au bout d’un match conforme aux précédents pour l’ESTAC… Jusqu’au deuxième but lorientais, les hommes de Furlan ont fait mieux que bonne figure, avec notamment un excellent début de seconde période. Mais quand tu es incapable de marquer un but autrement que sur penalty et que tu fais d’invraisemblables cadeaux à l’adversaire en défense, tu te diriges inexorablement vers la Ligue 2. 

Petit à petit, Montpellier poursuit son redressement avec son succès sur Nantes. Le MHSC n’est pas encore sorti d’affaire, mais ça va mieux. Au Stade Pierre-Mauroy, Bastia et Lille ont été incapables de se départager. J’avoue humblement que, par amour du football, j’avais posé un joker sur ce match. Mais bon, voilà quoi, Lille ce n’est plus possible. Comme d’habitude, le LOSC a fait match nul à la maison, mais cette fois il a marqué un but, ce qui nous rapproche déjà pas mal du miracle. 

Mais ce but est symptomatique des difficultés du club nordiste, puisque il est l’oeuvre de Sidibé, un défenseur et certainement le joueur qui a le plus progressé au sein de cette équipe. Comble de malheur, la meilleure (qui a dit « seule » ?) arme offensive du LOSC, à savoir Sofiane Boufal, n’a pas fini le match après une expulsion assez méritée, il faut bien le dire. Ce qui signifie qu’avec cette absence, les Lillois risquent d’avoir encore plus de mal à exister offensivement. Ça promet.

Et puis je vais clore ce long post avec des louanges, adressées aux gaziers d’Ajaccio, auteurs de leur première victoire à l’extérieur, à Reims. Avec un premier but un peu heureux mais un second signé Zoua qui lui, ne doit rien à personne,. Du côté de Reims, qui concède là sa 6e défaite consécutive toutes compétitions confondues, il va falloir se réveiller. Vite, de préférence. 

Pierrot