Rennes n'est plus masqué

Le Stade Rennais, grâce notamment à un nouveau doublé de son prodige Dembélé, a profité des défaites azuréennes pour grimper sur le podium et se rapprocher de la place de dauphin. Les Bretons peuvent encore nourrir de grandes ambitions. En bas, Toulouse est en train de s'offrir le droit d'espérer.

Avec ma clairvoyance habituelle, j'avais titré avant la trêve que Monaco avait assommé la Ligue 1 - ou en tout cas la course à la deuxième place - en l'emportant au Parc. C'était il y a quinze jours et on a l'impression que ça fait déjà une éternité. Vendredi soir, l'ASM a réveillé la Ligue 1 en se faisant taper de façon assez lamentable à domicile par Bordeaux. Jardim avait beaucoup chouiné dans la semaine concernant le calendrier et le retour tardif des internationaux. Mais il manquait également des joueurs à Bordeaux, les deux équipes étaient donc sur un pied d'égalité à ce niveau-là.

Les Girondins, qui ont besoin de points en cette fin de saison pour assurer leur maintien, étaient venus avec l'ambition de jouer derrière. Puisque tout le monde sait que Monaco est incapable de faire le jeu à domicile, le schéma bordelais était d'attendre en défense, d'être solide et d'espérer un contre. On a bien dit un contre, car ça paraissait impossible de souhaiter marquer deux fois au deuxième poteau sur des corners. C'est pourtant ce qui est arrivé. Sur le premier, Fabinho n'intervient pas et sur le deuxième, personne ne bouge. Prendre un but comme ça, c'est déjà difficilement concevable alors deux, c'est à la limite du gag.

Il a fallu attendre la 80ème minute et une tête de Carrillo non cadrée pour voir la première occasion monégasque de la rencontre. Une histoire bizarre de penalty et le but contre son camp de Guilbert ont animé la fin du match. Quoi qu'il en soit, après avoir livré un match aussi intelligent sur le plan tactique au Parc des Princes, c'est inconcevable que Monaco laisse passer trois points de cette manière. Les joueurs de la Principautés ne pourront jamais reprocher à leurs adversaires de jouer défensif puisque c'est comme ça qu'ils glanent eux-mêmes des points. Les poursuivants sont désormais prévenus et à l'affût.

Zlatan a encore frappé

Ce samedi après-midi, les Aiglons n'ont pas profité de l'aubaine en s'inclinant trop lourdement à Paris. Au vu du match et compte tenu de la prestation globalement mollassonne des Parisiens, on se dit que 4-1 est un score extrêmement sévère. Le PSG n'avait pas joué depuis quinze jours et on avait l'impression que ça faisait un siècle, puisqu'on est habitué à voir évoluer le club de la capitale tous les trois jours. Pour cette rencontre, Laurent Blanc avait récupéré ses internationaux tardivement et devait surtout composer en sachant qu'il entamait un mois d'avril à neuf matchs.

Tous les joueurs sur la pelouse n'ont pas joué au même niveau, avec la même intensité. Certains étaient un peu en retrait, à l'image de Maxwell et Thiago Motta. David Luiz est quant à lui fautif sur la sublime réalisation de Ben Arfa mais il a également mis un but et délivré une passe décisive. Mais une fois de plus, on est encore obligé de souligner la prestation de Zlatan Ibrahimovic. Il a réussi un triplé avec une frappe du gauche sur une passe de Rabiot, un coup-franc absolument supersonique et que dire de son premier but ? L'enchaînement contrôle-frappe en force du plat du pied dans le plafond est digne des plus grands. J'entends toujours les persiflages sur son arrogance mais on ne loue pas assez souvent la qualité du joueur. Quand on me dit que "ce n'est que de la Ligue 1", j'ai envie de faire remarquer que ce constat vaut pour tous les joueurs de notre championnat. Une nouvelle fois, c'est Ibra qui a fait basculer le match du bon côté pour le PSG.

Rennes continue de grimper, Toulouse se remet à espérer

Ce samedi soir, on attendait de savoir si Rennes allait profiter des défaites azuréennes. Ça a été le cas mais peut-être un peu plus difficilement que le score ne l'indique. Le début de match des Bretons a été un peu compliqué puis ils ont ouvert le score sur un joli mouvement entre Sio et Grosicki. Le Polonais, qui a longtemps été le super remplaçant de cette équipe est en train de devenir un super titulaire. Dembélé a ensuite doublé la mise sur une action où il y a au moins quatre Rennais hors-jeu. Jusqu'à la mi-temps ça a été compliqué pour Reims, qui a bien réagi ensuite en réduisant le score sur un but un peu étrange de Mandi. Au moment de sa sortie, Costil bute sur Bangoura et tombe, ce qui laisse le but vide au capitaine rémois. Derrière, pour son 500ème match en Ligue 1, Armand a offert le troisième but à Dembélé, qui a réussi un nouveau doublé. Il porte ainsi son total à 12 réalisations, ce qui commence à interpeller. Autant de buts en si peu de matchs, cela reste une performance étonnante. 

De son côté, Toulouse peut vraiment croire au miracle puisque les Violets sont revenus à quatre points de Reims, premier non-relégable. Ils l'ont emporté difficilement contre Caen mais avec une détermination qu'on ne leur connaissait pas sous l'ère Arribagé. Ils se battent, ils ne lâchent pas et défensivement, ils sont beaucoup plus agressifs qu'auparavant et ça paye. C'était serré mais Braithwaite a tout de même mis ses coéquipiers à l'abri en fin de match. Toulouse reçoit Bastia lors de la prochaine journée, dans un match qui ressemblera à une finale. Le genre de finale que Dupraz aime bien jouer...

Guingamp et Montpellier se sont quittés sur nul qui n'arrange personne. Ces deux équipes auraient bien aimé prendre trois points pour s'éloigner davantage de la zone de relégation. Enfin, Saint-Etienne a enfoncé encore un peu plus Ajaccio dans ses problèmes en l'emportant sans trop souffrir, même si Ruffier a été très bon en première période. Avec Rennes, Sainté est la seule équipe à avoir fait une bonne affaire dans la première moitié du classement, en attendant le match de Lyon à Lorient et celui de Nantes contre Lille. Le vainqueur de cette confrontation pourrait (lui aussi) nourrir des espoirs européens. 

Pierrot