Tellement prévisible…

Au terme d’un match pénible, Monaco a donc été éliminé par une Juve qui n’est pourtant plus que la caricature d’elle-même. Décevant, mais cela n’enlève rien au beau parcours des Monégasques dans cette Ligue des Champions.

Vous me connaissez, je me fais une certaine idée du foot : j’aime bien qu’il soit offensif et chatoyant. Alors en tant que spectateur, je ne peux évidemment pas me contenter de ce que j’ai pu voir au Stade Louis-II hier soir. Oui, Monaco a tout tenté. Les hommes de Jardim ont été performants pendant les deux premiers quarts d’heure de chaque période, en mettant de l’envie, de l’abnégation et du mouvement. 

Le problème, c’est que cette bonne volonté se heurte à la réalité des choses : au bout du compte, Monaco a zéro occase sur ce match. Zéro. Car il lui manque ce joueur offensif de grande classe qui fait la différence. Un joueur que n’est pas (encore ?) Ferreira-Carrasco, qui a raté son match, ni Bernardo Silva, très actif mais qui a tout dit une fois rentré à l’intérieur sur son pied gauche, et encore moins Martial qui s’est éteint très vite. Quant à Berbatov, il a juste quatre ans de trop. 

En faisant le bilan de cette double confrontation face à la Juve, Monaco pourra se dire qu’il y a eu trois situations de penalty sur les deux matchs et qu’aucune n’a tourné en sa faveur. Aux deux du match aller, on ajoutera donc ce sandwich Chiellini-Vidal avec Kondogbia dans le rôle du jambon. Car s’il n’y a pas faute de l’Italien, le Chilien - qui a passé son temps à faire des fautes - vient clairement percuter le milieu monégasque. Péno évident… mais non accordé par l’arbitre.

On pourra aussi commenter la grossière main volontaire de Chiellini, qui aurait dû valoir au défenseur italien une expulsion logique. Le match n’étant commencé que depuis 48 secondes, est-ce que cela a pu influencer l’arbitre ? Ce serait bien dommage, car une faute doit être jugée de la même façon quel que soit le moment du match où elle est commise. Et je vous passe la semelle impunie du même Chiellini sur Moutinho une demi-heure plus tard…

 

La Juve, un foot d’une tristesse sans nom

Les Monégasques peuvent donc légitimement se retrancher derrière cet arbitrage défavorable. Il n’en reste pas moins que l’actuel 3e de Ligue 1 n’a marqué aucun but lors de ses trois derniers matchs de Ligue des Champions. Cette inefficacité offensive était trop criante pour inquiéter une défense aussi expérimentée et bien regroupée que celle de la Juve. D’ailleurs les deux meilleurs Monégasques se nomment Abdennour et Kondogbia. Un défenseur et un milieu… Et puis, je pense que ma télé devait encore être mal réglée, car une fois de plus j’ai vu un Moutinho fantomatique et d’une totale inutilité sur le terrain. 

Voilà, c’est forcément décevant car il y avait quelque chose à faire mais compte tenu de la jeunesse de l’effectif, le parcours monégasque en LdC demeure tout à fait remarquable et méritoire. Je n’en dirai pas autant de la Juve, qui ne m’a pas plus impressionné lors de ce match retour qu’elle ne l’avait fait à l’aller. Voilà une équipe qui est une caricature d’elle-même, pratiquant un football d’une tristesse sans nom. Bref, tout ce que je déteste dans le foot est symbolisé par ce que j’ai vu côté turinois.

Maintenant, vu ce qu’il reste en demi-finale, je souhaite bien du plaisir à la Vieille Dame. Que ce soit face au Real, au Bayern ou au Barça, les Bianconeri risquent de prendre une voire deux fessées monumentales. L’autre demi-finale nous offrira fatalement un choc monstrueux. Les trois grands du football européen sont là. Les plus gros clubs, avec les plus gros moyens financiers. Qu’ils le méritent comme le Bayern, ou que ce soit plus discutable comme pour les clubs espagnols, en termes de spectacle on est sûr de voir une grande demi-finale.

Pierrot