Train d'enfer

Lyon qui gagne à Reims, Monaco qui l'emporte à Toulouse et le PSG qui éparpille Nantes par petits bouts façon puzzle : ça fait du bien de voir du foot !

Après un samedi à s'ouvrir les veines, on a eu droit à un dimanche qui nous a bien réconciliés avec le foot et la Ligue 1 par la grâce de trois bons matchs. Qui ont confirmé trois tendances. La première, par ordre d'entrée en scène, c'est le grand retour de l'Olympique Lyonnais. Les Gones ont réalisé un match abouti face à une équipe de Reims qui leur a pourtant offert une forte résistance. Ce qui me permet d'ailleurs de reparler du Lille-Reims de la semaine dernière.

J'avais dit qu'au niveau foot, je ne pouvais pas me satisfaire d'une telle absence de jeu. Moi, je ne suis pas là pour juger les résultats. Ça, tout un chacun peut le faire. Après, je peux donner mon avis sur la qualité de jeu. Et dans le Nord, les Rémois avaient été défensifs et chanceux. Cette fois, ils ont eu des occasions et se sont bien battus. Mais Lyon a retrouvé un vrai bon niveau de jeu. Sans doute parce que Lyon est au complet. Quelque part, c'est déjà bien qu'ils soient sortis de leur groupe en Ligue Europa avec les problèmes d'effectif que Garde a rencontrés.

Désormais, l'OL peut notamment compter sur un duo Gourcuff-Grenier de plus en plus séduisant et sur un Lacazette dont on ne parle pas assez. J'entends tout le temps les noms de Griezmann et Thauvin revenir quand on évoque la "surprise" de la liste de Deschamps pour le Mondial. Mais on oublie Lacazette, qui marque des buts et dont la complémentarité avec Gomis me paraît excellente.

Falcao, pas tous les week-ends

Même s'ils ont encore beaucoup de retard sur les places européennes et encore plus sur le podium, les Lyonnais vont être à surveiller car ils sont vraiment sur une bonne dynamique. A condition évidemment, que l'effectif demeure au complet. Ce qui n'est déjà plus le cas puisque Miguel Lopes s'est blessé à l'épaule.

Un peu plus tard dans la journée, Monaco a empoché une précieuse victoire à Toulouse. Après une première mi-temps laborieuse à l'issue de laquelle ils menaient de façon assez heureuse grâce à un but de Kurzawa, les Monégasques ont logiquement enfoncé le clou lors d'un second acte beaucoup plus convaincant. L'équipe de Ranieri a maîtrisé la rencontre avec un James Rodriguez qui est monté en puissance et a offert un but magnifique à Ocampos.

Seul bémol : Falcao n'a pas marqué. Mais le Colombien pourra se consoler en se disant que ça ne lui arrivera pas tous les week-ends de voir trois de ses frappes sauvées sur la ligne. En tout cas, avec 45 points, l'ASM prends 5 unités d'avance sur Lille et se positionne comme le seul à pouvoir suivre - à distance - le rythme du PSG.

Copie catalane

Et puis en soirée, on se doutait bien que Nantes allait - comme tout le monde - avoir beaucoup de mal au Parc, sans doute plus préoccupé par sa demi-finale de Coupe de la Ligue face au même adversaire début février que par ce match de championnat quasi perdu d'avance. Mais les Canaris n'imaginaient sûrement pas tomber sur une telle machine de guerre, qui leur a notamment infligé un pressing affolant pendant 90 minutes.

Sans relâchement, sans déconcentration, sans fatuité, sans superflu, le PSG a rendu une copie monstrueuse et même "catalane" : 73% de possession, plus de 900 passes, 5 buts. C'est peut-être l'une des premières fois que je me dis devant un match du PSG que c'est trop facile pour cette équipe. Alors, les Nantais pourront toujours dire qu'ils sont passés à côté de leur match. Je ne suis même pas sûr que ce soit vrai. On peut leur reprocher un certain manque d'agressivité (seulement 8 fautes commises), mais à part ça…

Que faire face à des joueurs de ce niveau animés d'une telle détermination, à l'image d'Ibrahimovic (2 buts, 1 passe dé), de Matuidi qui a joué pied au plancher du début à la fin et est impliqué sur 2 buts… Ce n'est pas un scoop, Paris est de très loin la meilleure équipe de ce championnat. Mais ça, c'est la moindre des choses. Après, la qualité de jeu et le comportement, c'est tout à l'honneur des joueurs et de Laurent Blanc.

Avec 50 points en 21 matchs, le PSG égale le record du grand Lyon de 2007, qui comptait 50 unités dès la fin des matchs allers mais avait perdu ses deux premiers matchs après la trêve. Ce PSG-là assure un train d'enfer et affole tous les compteurs de la Ligue 1. Même si on l'attend désormais sur d'autres théâtres...


Pierrot