Chelsea, the specialist

Décidément, les Blues aiment bien gagner des trophées européens au bout du suspense.

Autant l'an passé, Chelsea n'avait pas survolé la Ligue des Champions avant de la gagner, autant cette saison les Blues… n'ont pas survolé non plus la Ligue des Champions - éliminés dès la phase de poules - ni même cette Europa League, en passant chaque tour ric-rac jusqu'à remporter ce second titre européen consécutif face à une équipe de Benfica qui vient de toucher du doigt toute l'ignoble cruauté du foot en perdant le titre de champion du Portugal et l'Europa League en quelques jours. Et en encaissant les deux fois un but à la 93e minute. Terrible. Comment se relever de deux coups du sort comme ceux-là ?

Un dénouement d'autant plus cruel que, jusqu'à l'ouverture du score de Torres, les Lisboètes dominaient plutôt le match. Mais de façon désordonnée et sans jamais vraiment mettre Cech en danger, hormis ce but de la tête refusé à un Cardozo légèrement hors-jeu. Et il y a donc eu ce but de Torres, pourtant esseulé tout au long de la partie, qui est parvenu sur un éclair de son génie d'antan à inscrire un superbe but en résistant d'abord à Luisao puis en effaçant le gardien et en marquant dans un angle assez difficile.

Un joli but survenu de façon un peu chanceuse pour les Londoniens. D'ailleurs, le Benfica est revenu au score moins de dix minutes plus tard avec ce pénalty de Cardozo accordé pour une main indiscutable d'Azpilicueta. Derrière, ce match qui a longtemps été assez tristouillet et d'un niveau offensif décevant, a pris une autre dimension avec la frappe exceptionnelle de Lampard sur la transversale de Moraes. Et puis Ivanovic, grand spécialiste des coups de pied arrêtés, a surgi avec cette tête lobée venue de nulle part.

Troisième trophée pour la "truffe"

Sur le plan offensif, les Blues étaient clairement orphelins d'Eden Hazard. Les accélérations balle au pied du petit génie belge ont manqué aux joueurs de Benitez, Mata se montrant assez transparent sur l'ensemble de la partie. Et en parlant de Benitez, l'autre jour j'avais suggéré, dans la grande farandole des entraîneurs qui se prépare, que le coach espagnol était un candidat crédible à la succession d'Ancelotti. Je me suis quasiment fait rire au nez.

On m'a répondu en gros que c'était "impossible que le PSG prenne une telle truffe". Je note juste que la truffe en question vient de remporter son 3e trophée européen en tant qu'entraîneur, avec 3 clubs différents. Et puis son intérim à Chelsea n'est pas mauvais, loin s'en faut. On pourra même le porter à son crédit, avec cette C3 et cette actuelle 3e place en Premier League. On est quand même très prompts en France à qualifier des coaches de "truffe", de "mauvais" et de "surfait".

Personnellement, que Benitez vienne prendre un banc de touche en France, au PSG ou ailleurs, je vois ça d'un bon oeil et ce serait même une bonne nouvelle pour la Ligue 1. Et pour Julien Dray, dont le technicien espagnol est le sosie parfait, après avoir été celui de François Hollande.


Pierrot